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« La betterave continuera à faire partie de nos assolements » 

02-07-2020

Actualité

Culture

Le président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) Franck Sander est intervenu lors de la session de la chambre d'agriculture du Nord-Pas de Calais, le lundi 29 juin 2020 près d'Arras (62). Il a souhaité rassurer les producteurs sur l'avenir de la filière betterave. 

Franck Sander président CGB betteraves
Franck Sander, président CGB. © DR

Une crise économique liée à des problèmes agronomiques : les difficultés sont doubles pour la filière betterave, et les inquiétudes bien présentes. C'est dans ce contexte que Franck Sander, producteur à Ohlungen en Alsace et président de la CGB, est intervenu lors de la session de la chambre d'agriculture du Nord-Pas de Calais, lundi 29 juin à Saint-Laurent-Blangy (62). Devant une assemblée sceptique, il a voulu rassurer.

Tout d'abord le constat : les surfaces, en hausse depuis la fin des quotas, sont désormais en diminution. "Les exportations de sucre diminuent régulièrement depuis 2017, a présenté Christian Durlin, président de la chambre d'agriculture, avec un solde commercial qui continue à être positif mais qui s'érode."

Jaunisse nanisante

Pour Franck Sander, l'un des risques majeurs aujourd'hui pour la filière est la jaunisse nanisante. "On estime qu'elle entraîne 30 à 40 % de pertes de rendement dans les parcelles touchées. Les Hauts-de-France sont les plus épargnés, mais le sud de Paris est la zone la plus touchée. Il y a des parcelles jaunes comme on n'a jamais vu ! C'est un problème pour lequel nous n'avons pas de solution juridique. Nous travaillons sur ce sujet, pour trouver un autre insecticide pour enrober les graines, qui ne fasse pas partie des néonicotinoïdes."

Crise multifactorielle

Sur les marchés non plus, les voyants ne sont pas vraiment au vert. "Le prix du sucre a complètement craqué en même temps que la fin des quotas, rappelle Franck Sander. Depuis un an, on redevient importateur sur le marché européen. Quatre usines ont fermé en France… et pour 2020-2021, il y a des incertitudes liées à l'impact du Covid sur la consommation de sucre."

À cela s'ajoute le dossier "Brexit". "Le Royaume-Uni est le premier client européen pour la France, souligne le président de la CGB. Il y a encore beaucoup d'incertitudes concernant les discussions qui sont encore en cours, et l'éventuelle mise en place de taxes en cas de non-deal."

"Dans certaines exploitations, la question se pose de continuer la betterave ou pas »

Franck Sander

Le gel hydroalcoolique, une chance dans la tourmente

"Avec le Covid, nous avons eu une grosse crainte par rapport au prix de l'éthanol qui s'est effondré. Au final, la chance qu'on a eue est que la France a su réorienter sa production d'éthanol vers le gel hydroalcoolique. Cela a compensé les pertes liées à l'éthanol, car même si les quantités sont inférieures, les prix sont meilleurs, assure Franck Sander. Aujourd'hui, la consommation d'éthanol repart et la production de gel se poursuit."

Différents axes de travail

Pour maintenir la filière à flot, et surmonter la crise, le président de la CGB évoque plusieurs pistes de travail : "En février, le président de la République s'était engagé à nommer un délégué interministériel pour la filière. À travers cette nomination que l'on attend toujours, il faut que l'on s'inscrive dans le plan de relance du gouvernement. Il faut également trouver des solutions (par exemple génétiques) pour répondre au problème de la jaunisse."

Il évoque aussi le lancement d'un "instrument de stabilisation des revenus dans les régions des Hauts-de-France, du Grand Est et d'Île-de-France". Enfin, la prochaine PAC est l'un des grands enjeux pour les betteraviers comme pour l'ensemble du monde agricole.

"Dans certaines exploitations, la question se pose de continuer la betterave ou pas, reconnaît le président. Oui, il y a beaucoup d'incertitudes depuis 2-3 ans, mais la gestion des risques fait partie de notre métier, fait partie de nos exploitations. La betterave continuera à faire partie de nos assolements. Dans les Hauts-de-France, vous êtes un peu moins touchés que les autres régions. Dans 2 ans, on y verra plus clair." De quoi redonner du baume au cœur des producteurs ?

Laura Béheulière

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