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Moisson. Se battre contre les clichés

01-07-2019

Actualité

Culture

Avec le début de la moisson, des agriculteurs proposent au grand public de les accompagner dans la cabine de leur moissonneuse-batteuse. Vincent Guyot est de ceux-là, via la plateforme Moissonneuse.fr

Vincent Guyot. © DR

Agriculteur au hameau de Boukincamp, lequel est rattaché à Étaves-et-Bocquiaux (02), Vincent Guyot est installé sur 130 hectares, « uniquement en grandes cultures ». La betterave occupe la majeure partie de son assolement (40 ha), suivie du blé tendre, des orges d’hiver et de printemps, du colza et de pois protéagineux. Pratiquant le non-labour depuis 2001, il assume être dépendant de l’utilisation du glyphosate jusqu’à ce que d’autres solutions puissent s’y substituer.
Contre l’agribashing
« Il faut arrêter de sans cesse de taper sur notre agriculture et sur ses méthodes », s’emporte-t-il. Pour combattre l’agribashing, ses outils préférés sont les réseaux sociaux auxquels il consacre « deux à trois heures par jour », et en particulier Twitter sur lequel il est suivi par près de 5 000 followers. Il est aussi membre du réseau des ambassadeurs Agridemain, de FranceAgriTwittos et participe à la promotion des grandes cultures au travers de son implication dans Passion céréales.
En 2018, il a rejoint la plateforme Moissonneuse.fr, laquelle met en relation des agriculteurs prêts à accueillir des personnes tentées par un petit tour à bord d’une moissonneuse-batteuse. À partir d’une carte interactive, sa ferme est référencée comme étant susceptible d’accueillir des passagers à bord d’une machine pendant la récolte (elles sont encore peu nombreuses dans les Hauts-de-France, ndlr).
Partager une passion
Depuis le lancement de la plateforme Moissonneuse.fr, les médias sont venus à sa rencontre, et le partage d’expérience devrait aller crescendo, suivant les récoltes.
En approchant du bord de la route, sa machine peut paraître « disproportionnée  » par rapport à ses champs. Mais en réalité, c’est parce qu’elle est utilisée par trois fermes. « Quand les conditions sont bonnes, on sait que cela ne va pas durer, prévient-il. On doit être efficace. Je veux bien entendre que les machines sont de plus en plus grosses, mais elles sont aussi moins nombreuses dans la plaine ».
L’agriculteur pratique en effet l’entraide avec deux collègues pour atteindre une surface moyenne à moissonner comprise entre 250 et 260 ha, « toutes espèces confondues », chaque année. « Je suis propriétaire de la batteuse, souligne-t-il, et je m’occupe de la récolte des grains pour tout le monde. Un autre collègue s’occupe des épandages et des transports ; le troisième de la culture des betteraves.  » Sur son exploitation, la présence de matériels est réduite à son strict minimum.
Des explications simples
En accueillant des curieux sur le siège passager de sa cabine, « l’objectif est d’abord d’expliquer la moisson et la culture du grain ». Concentré sur la conduite pour éviter la casse ou le bourrage du matériel, il concède livrer des explications assez simples : « L’idée n’est pas d’engager un grand débat sur l’agriculture. On explique ce que l’on fait, les gens observent et c’est tout. Ce n’est vraiment pas compliqué ». Chaque tour de machine dure de « 15 à 20 minutes ». « Les gens sont intéressés, curieux, mais ils ont souvent peur de nous déranger alors que ce n’est pas un problème », confie-t-il.
Difficile en revanche de prévoir  quelle parcelle sera battue le jour J : « Le choix se fait le matin, entre 9 h et 10 h, avec mes collègues. Si des personnes sont intéressées, on leur fixe un point de rendez-vous ». Et pour les retardataires ? « Il suffit de regarder à travers la plaine ou de suivre les remorques vides. Chez nous, la batteuse tourne dans un rayon d’une dizaine de kilomètres autour de la ferme ». Pour lui, « le plus impressionnant, c’est encore à la tombée de la nuit. Il faut être encore plus vigilant, mais c’est une expérience à vivre ».
Vincent Fermon

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