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Sucre. Les réponses aux principales questions autour du projet de sucrerie de Seneffe

04-01-2019

Actualite

Terre à terre

À Jeumont (59) le 20 décembre 2018, David Jonckheere, associé-coopérateur au sein de la Coopérative des betteraviers transformateurs (CoBT) et Benoît Haag, coordinateur du projet du projet de sucrerie de Seneffe ont répondu aux questions les plus fréquentes des agriculteurs, les devançant parfois dans leurs interrogations.

Qui est à l’origine du projet de construction d’une sucrerie à Seneffe ?
Il s’agit d’une coopérative, baptisée coopérative des betteraviers transformateurs (CoBT). Elle a pour vocation l’intégration verticale de la filière betterave-sucre, via la création et l’exploitation d’un outil de transformation de la betterave sucrière. Celle-ci a été créée dans un contexte de suppression des quotas sucriers européens.
Comment cette nouvelle coopérative compte-t-elle se positionner vis-à-vis des autres acteurs de la transformation de betteraves en Europe ?
La CoBT a pour but d’améliorer la rentabilité de la culture betteravière en redistribuant aux agriculteurs betteraviers coopérateurs l’essentiel de la marge de transformation des betteraves en sucre. Elle projette pour cela de construire une sucrerie, dont l’activité principale sera d’extraire le sucre contenu dans les betteraves livrées par ses coopérateurs agriculteurs, et de réintégrer l’essentiel de la marge de transformation dans le prix d’achat de la betterave.
Quelle est la capacité de transformation de la future usine de transformation de Seneffe ?
Les plans de l’usine et son business plan se basent sur une capacité d’écrasement de 1,5 millions de tonnes de betteraves issues des plaines de Wallonie, de Flandre et du Nord de la France, dans un rayon de 50 kilomètres autour de l’usine.
Connaît-on déjà les clients de cette nouvelle sucrerie ?
Dès 2021, l’usine de Seneffe devrait entrer en production. Si les contrats avec plusieurs industriels du secteur agroalimentaire européen et mondial ne sont pas encore signés, la sucrerie disposerait déjà de pistes sérieuses. Elle compte également vendre une partie de sa production de sucre à l’export. Les coproduits sont également déjà assurés de trouver preneur auprès des agriculteurs fournisseurs de l’usine, qu’il s’agisse de pulpes sèches, de pulpes surpressées ou d’écumes.
Tenant compte qu’il existe plusieurs types de parts sociales à souscrire, quelle est la répartition des différents types de participation (A, B, S et F) dans le futur capital de la société ?
Le nombre maximum de parts A (droits d’entrée des coopérateurs producteurs de betteraves) a été fixé à 3 000. Le nombre de parts B – c’est celui en face duquel on retrouve un engagement de livraison de la part d’agriculteurs coopérateurs ayant déjà souscrit une part A – est plafonné à 18 000, ce qui équivaut à un volume de betteraves à transformer de 1,8 million de tonnes.
Quels sont les droits et devoirs attachés à chaque type de parts sociales souscrites ?
Etre détenteur de parts A et B permet le droit de vote pour le choix des administrateurs. Ces parts sociales A et B ne donnent pas droit au paiement annuel d’un dividende sur les bénéfices réalisés, ces parts étant liées à un contrat de fourniture de betteraves. L’intérêt de détenir ce type de parts réside dans ce contrat et sa rémunération, autrement dit dans le prix d’acquisition de la betterave.
En cas de bénéfices, quel rendement minimum peut être espéré par les détenteurs des parts S (sympathisants) et F (financiers) de la CoBT ?
Le dividende minimum attendu est de 3% par an, auquel pourrait s’ajouter une part variable en fonction du prix du sucre. Ce rendement ne pourra pas toutefois excéder 6%, s’agissant d’une entreprise coopérative.
Existe-t-il des risques liés à la souscription de parts sociales ?
Investir dans des parts sociales de la COBT comporte des risques. L’investisseur, qu’il soit agriculteur ou autre, court en effet le risque de perdre tout ou partie des montants investis. Avant de prendre toute décision, l’investisseur est tenu de s’informer des différentes modalités, selon les scénarios envisageables.

Dès 2021, l’usine de Seneffe devrait entrer en production © J.C. Gutner

Quelle sera la gouvernance de la coopérative chargée de rendre l’usine opérationnelle ?
Les détenteurs de parts de capital de la sucrerie seront répartis en fonction de leur profil (A, B, S ou F) au sein de collèges d’associés, suivant le principe un associé détient une voix. Des délégués seront désignés parmi les agriculteurs associés sur la base d’un délégué pour trente agriculteurs. Le nombre de membres du conseil d’administration de la coopérative va passer de quatre (initialement) à onze. 60% des postes du conseil d’administration seront réservés aux détenteurs des parts A et B. Le collège des financiers détiendra un siège. Celui destiné aux associés S (sympathisants) reste en discussion. Enfin, un poste d’administrateur est réservé à un gestionnaire professionnel, indépendant. En parallèle au conseil d’administration, la coopérative disposera d’un comité d’audit et d’un comité de rémunération et de nomination. Un comité de direction sera chargé d’exécuter les décisions du conseil d’administration. Il sera composé d’au maximum cinq personnes : directeur agronomique, directeur de production, directeur financier et administratif, directeur général et directeur général.
Le projet de sucrerie bénéficie-t-il de soutiens publics ?
Le gouvernement wallon s’est engagé à apporter 14 millions d’euros au projet, dont un peu plus de la moitié (7,6 millions) a déjà été octroyée pour soutenir la création d’emplois dans la région. La sucrerie devrait embaucher 93 équivalents temps plein (ETP).
Quelle politique la coopérative compte appliquer en cas de non-respect des engagements des agriculteurs-coopérateurs, notamment en ce qui concerne les excédents ou les déficits de livraison ?
La coopérative accepte les excédents, pour peu qu’ils soient modérés et dans la limite du raisonnable. Le prix d’achat des betteraves excédentaires est dégressif en fonction du volume produit, de manière à refréner l’envie de certains planteurs de gonfler leurs semis. A l’inverse, elle accepte un déficit de production de la part de planteurs si celui-ci est du à de mauvaises conditions de cultures, mais sanctionnera les déficits volontaires.
Qui finance les frais engagés en amont de la réalisation du projet de sucrerie ?
Jusqu’à présent, tous les frais inhérents au projet sont financés par le syndicat betteravier wallon, affirme David Jonckheere, l’un des quatre associés-coopérateurs à l’origine du projet.
Vincent Fermon

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Publiée par Terres et Territoires sur Jeudi 31 octobre 2019