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Le projet politique de la chambre régionale d’agriculture

02-05-2019

Actualite

Terre à terre

La nouvelle chambre d’agriculture des Hauts-de-France a tenu sa première session, jeudi 25 avril 2019, à Amiens (80). Elle se décline en neuf commissions : présentations. 

© DR

La nouvelle chambre d’agriculture régionale des Hauts-de-France se décline en neuf commissions. Toutes ont été présentées par leurs responsables respectifs lors de la première session qui s’est déroulée le 25 avril 2019 à Amiens, dans la Somme. Chaque élu a ainsi pu choisir la ou les commission(s) dans lesquelles il voulait s’engager pour cette mandature. Ils se sont exprimés tour à tour pour présenter les objectifs qui seront poursuivis.
Productions animales

Françoise Crété : « Nous avons défini trois objectifs : le renouvellement générationnel des éleveurs, la qualité et la traçabilité des productions, et le fait d’avoir des collaborateurs formés à nos côtés. Pour cela, nous allons nous appuyer sur les commissions départementales. Il nous semble plus qu’urgent d’infléchir la courbe décroissante du nombre d’éleveurs. Il faut donc les accompagner dans le pilotage de leur exploitation, développer les conseils dans différentes thématiques, comme l’analyse du lait, par exemple, travailler à une meilleure organisation du travail (Cuma, groupement d’employeurs…), développer des références, des supports d’analyse, l’innovation… »

Productions végétales, agronomie
Laurent Cardon : « L’acceptabilité sociale des filières végétales est un enjeu fort. Développer des pratiques agronomiques et la fertilité des sols est compliqué, et les agriculteurs sont parfois perdus. Nous devons donc développer l’offre de services, l’expertise technique et les diagnostics, pour rendre les agriculteurs plus autonomes dans leur choix. En parallèle, il faut poursuivre l’innovation. Nous souhaitons notamment mettre en place un centre de développement, en partenariat avec les différents pôles d’expérimentations qui existent en région. »
IRD (Innovation, recherche et développement)

Sébastien Bocquillon : « Le défi est de développer des pratiques en faveur de l’environnement. Nous nous efforcerons de développer les programmes de recherche, en s’appuyant sur nos outils. Nous devons aussi développer les références sur les outils numériques pour les évaluer, car ils doivent être au service de l’agriculteur et pas l’inverse. Les références créées seront structurées à l’échelle des Hauts-de-France. La chambre régionale sera le coordinateur des instituts IRD, sous trois piliers : économique, social et environnemental. »

Environnement, climat
Bruno Haas : « Le but de cette commission est de pouvoir répondre aux gens qui interpellent les agriculteurs, et être pro-actif sur les thèmes tels que l’eau, la biodiversité, les déchets… Ce sujet doit être un atout pour les agriculteurs et non une contrainte. Pour l’eau, par exemple, il y a un tas de programmes à négocier avec les agences et autres organismes (MAE, protection des milieux aquatiques, lutte contre l’érosion, partage de la ressource, techniques d’irrigation qui permettent de répondre aux obligations réglementaires…). Nous devons montrer la contribution positive des agriculteurs (stockage de carbone, production d’énergies non fossiles…), et développer les méthodes pour l’améliorer. Mais il faut qu’on nous donne les moyens. »
Économie, stratégie agricole, bioéconomie

Christian Durlin : « L’économie est une vision importante de l’agriculture. C’est aussi une urgence, il faut y répondre pour les générations futures. Nous allons nous pencher sur trois chantiers : les filières, en analysant leurs besoins pour les remettre en compétitivité, leur capacité de développement (protéines, méthanisation, diversification), et en étant en veille par rapport à leur compétitivité ; le travail en transversal, en créant une force de frappe pour recréer de la valeur ajoutée (avec les CCI et collectivités) ; et la PAC, en assurant un travail de veille et en étant force de proposition en région. »

Installation, transmission, emploi et formation
Francine Théret : « La priorité est le renouvellement des générations. Il faut sensibiliser les exploitants à la transmission et les accompagner. Accompagner les jeunes agriculteurs à la réussite de leur projet, notamment en renforçant le Point accueil information transmission. En emploi et formation, nous disposons d’un système d’enseignement propre, qui permet de se former à des profils différents. Il faut maintenir le lien étroit avec les établissements pour que l’enseignement reste en adéquation avec nos besoins. La formation continue des actifs agricoles est aussi à poursuivre. L’enjeu est désormais d’aller vers le numérique. »
Promotion, appro local et diversification

Laurent Verhaeghe : « Nous voulons développer les débouchés, communiquer sur les circuits courts (Bienvenue à la ferme, appro local, marques collectives), développer l’axe de restauration collective, favoriser le référencement des agriculteurs, accompagner les entreprises dans les grands salons, et veiller à la répartition de la valeur ajoutée. Pour la promotion : être reconnu comme interlocuteur unique pour mise en relations commerciales . Pour la diversification : être reconnu comme acteur principal, construire le point info diversification et l’animer, accompagner les gros dans le projet de diversification, créer des références. Pour l’appro local : faire entrer le plus de produits possible, faciliter la commande… »

Foncier, aménagement
Hervé Ancelin : « L’objectif est la protection du foncier. La grande valeur agronomique de nos terres est reconnue. En cela, nous ne nous opposons pas au développement économique, nous accompagnons plutôt les maîtres d’ouvrage. Mais nous voulons faire appliquer la doctrine ERC (éviter, réduire, compenser). Compenser, avec la mise en place d’une convention avec la Safer pour que les exploitations en péri-urbain puissent perdurer. Nous réclamerons aussi une juste indemnisation de la perte d’un foncier agricole. Parallèlement, il faut continuer à travailler sur la charte régionale pour une rémunération des services environnementaux que rendent les agriculteurs. Enfin, pour l’aménagement, nous devons travailler à la restructuration foncière, à la lutte contre le ruissellement, et à développer la biodiversité. »
Communication

Luc Smessaert est le responsable de la commission. Olivier Dauger : « Elle rassemble toutes les autres commissions. Il faut reprendre la main sur la communication de l’agriculture ! »

Propos recueillis par Alix Penichou, Action agricole picarde

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