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16-01-2020

Vidéo. « Je continuerai d’aider les agriculteurs dans mes textes »

En tournée dans toute la France, Gauvain Sers a fait une halte au théâtre municipal de Denain (59) avant de venir à Lille. L’occasion de rencontrer ce jeune chanteur dont la ruralité, et la musique, colle à la peau.

Le chanteur Gauvain Sers en concert au théâtre municipal de Denain, le 29 novembre 2019.

Vous évoquez dans vos chansons la ruralité. Quels sont vos liens avec la campagne ?

Je suis originaire de la Creuse. J’ai grandi à la campagne dans un village de 25 habitants. Autour de chez moi, il y avait beaucoup d’agriculteurs, j’ai vécu près d’eux sans être de ce milieu. Aujourd’hui je vis à Paris. C’est un passage obligé dans mon métier mais je m’attache à retourner régulièrement dans la Creuse.

La vie à Paris me plaît beaucoup. Mais j’ai besoin de me ressourcer auprès de ma famille. Il y a, à la campagne, un confort de vie incomparable : on n’a pas de voisins proches, c’est calme et on est entouré de verdure. Il y a un rapport au temps complètement différent de celui des Parisiens. Mais il y a aussi des inconvénients à vivre à la campagne : on a besoin d’une voiture où que l’on veuille aller. J’ai besoin des deux univers : la ville et la campagne.

La chanson « Sur mon tracteur » parle du quotidien d’un agriculteur. Qu’est-ce qui vous a inspiré ?

L’agriculture est un métier que j’ai observé de très près, mes voisins et amis étant du monde agricole. Je passais beaucoup de temps à la ferme voisine et j’ai pu remarquer de nombreux détails.

Tout d’abord, c’est un métier de passion, où l’agriculteur ne compte pas ses heures de travail. Il y a un côté familial très marqué avec une transmission du savoir-faire. C’est un thème qui est peu abordé, j’ai donc écrit cette chanson en 2016.

Gauvain Sers revient dans la région le 30 janvier 2020 au théâtre Sébastopol de Lille. © DR

« Les oubliés » vous a propulsé sur le devant de la scène. Comment vous est venue l’idée de ce sujet ?

À chaque fois que je rentrais dans la Creuse, je constatais que les villages se mourraient. Les services publics désertaient les centres-villes, ainsi que les médecins. Je voulais parler de ce sujet mais je ne savais pas par où commencer.

Un jour j’ai reçu une lettre d’un instituteur de Picardie qui m’a suggéré de faire un texte sur les écoles des villages qui ferment. Une école qui ferme c’est très symbolique et ça en dit long sur les répercussions sur les habitants et commerçants du village. Bien sûr, cette chanson a une résonance particulière avec les oubliés de la société. Lorsque je la chante, c’est toujours un moment à part, émouvant tant la portée est grande.

Gauvain Sers, qu’est-ce que vous nous réservez pour les prochains mois ?

Je vais continuer à peaufiner ma tournée. Je reviens dans le Nord pour deux spectacles à Lille (le 30 janvier et le 6 novembre 2020, ndlr). J’ai également réédité mon disque avec quatre chansons supplémentaires.

Lucie Debuire

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