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21-11-2019

La bière, il s’assoit dessus

Ébéniste et designer, Franck Grossel a décidé d’allier ses convictions à son métier. La brasserie, l’écologie et le travail du bois l’ont mené à la fabrication de tabourets en drêches de brasserie. Rencontre avec un artiste.

© Franck Grossel

Dans l’atelier de Franck Grossel – situé dans le lycée d’ameublement de Saint-Quentin (02) où il a fait ses études – bois, colle, tournevis et drêches de brasserie se côtoient. Ce jeune ébéniste et designer peaufine son prototype de tabouret. Si d’apparence il paraît classique avec ses quatre pieds en bois et un siège, l’originalité réside dans le matériau de l’assise.

Elle est fabriquée avec des drêches de brasserie. Ces restes de grains, récupérés et séchés après avoir permis de confectionner la bière, sont assemblés entre eux pour donner un matériau proche de l’aggloméré. Une création née d’une ambition : que les amateurs de bière boivent la bière sur laquelle ils sont assis !

« J’ai envie que mes tabourets
aient une histoire, une relation
avec l’utilisateur. »

Franck Grossel

Cela fait maintenant plus d’un an que Franck Grossel travaille à ce projet, depuis la fin de ses études de design. Lorsqu’il a dû choisir un projet de fin d’études, il s’est tourné vers une initiative zéro déchet. Avec ses petits doigts et une grande patience, le jeune designer a réussi à présenter son premier tabouret en drêche et bois, fabriqué de manière artisanale. C’était en 2018.

150 grammes de drêches dans une pinte

Depuis, il planche sur l’industrialisation de ce prototype entre l’atelier, que le lycée d’ameublement de Saint-Quentin lui a mis à disposition, et une société de moulage entre Millau et Rodez (12). Cette dernière travaille avec le jeune homme sur la recherche et le développement de ce nouveau
matériau.

© Franck Grossel

« Pour le moment, cet aggloméré de drêches est fabriqué dans le Sud de la France, reconnaît Franck Grossel pour qui le circuit court est essentiel. Mais j’espère bien qu’un jour, il sera fabriqué en Hauts-de-France. » Ce passionné de bières a étudié son processus de fabrication : « Je me suis rendu compte que tous les résidus n’étaient pas valorisés. »

De fil en aiguille, le jeune homme s’intéresse de plus près aux propriétés biochimiques de ces drêches. Avec le malt, le grain va créer un polymère qui va générer du sucre résiduel.

Les drêches, ce n’est pas ce qui manque : pour une pinte de bière fabriquée, environ 150 grammes de drêches sont produits.

© Franck Grossel

Lucie Debuire

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