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Éleveur et réserviste, il garde à la fois ses chèvres et l’ordre public

10-07-2020

Actualité

Bien dans ses bottes

Éleveur de chèvres en devenir à Fressin (62), Nicolas Lemaire est aussi réserviste de l’armée. Portrait de cet ancien gendarme qui a troqué son uniforme pour une paire de bottes… mais le remet de temps en temps.

De gardien de l’ordre public… à celui de chèvres. C’est le parcours – amusant mais sérieux – de Nicolas Lemaire, 32 ans, ancien gendarme et futur producteur de fromage de chèvre en pleine installation à Fressin (62). S’il a mis son ancien uniforme au placard, ce membre de la réserve opérationnelle de la gendarmerie le remet chaque année, le temps de quelques missions. « En étant salarié agricole, retrace-t-il, je faisais pas mal d’heures tout au long de l’année. Après les ensilages, je faisais un peu de réserve. Cela me permettait d’arrondir les fins de mois, et de changer un peu d’air. » Comme les pompiers volontaires, les réservistes sont, en effet, rémunérés de façon non imposable.

« Je fais beaucoup de missions de surveillance générale, de lutte anti-cambriolage…, explique l’ex-membre de la compagnie de Dunkerque. C’est un lien avec mon ancien métier… » Une petite pression en moins : « En réserve, c’est vrai qu’il n’y a pas la même demande de résultat. On a un contact différent avec la population. En patrouille, je propose parfois de passer voir tel ou tel agriculteur. Cela permet aux jeunes gendarmes de découvrir les fermes situées dans des coins reculés, et en me voyant arriver, les agriculteurs qui me connaissent savent qu’il s’agit d’une visite de routine. C’est tout de suite plus détendu. » Une façon de « changer l’image du gendarme qui aligne les PV ».

La patrouille et la traite

Mais pas toujours simple de concilier la patrouille et la traite. « Je me porte généralement volontaire sur des missions pas trop loin de la ferme. Je n’en prends pas à plus de 4 minutes de chez moi, pour m’occuper du troupeau matin et soir. » 

Le cheptel de Nicolas Lemaire se compose de 17 chèvres. Il est voué à grossir. Objectif : une cinquantaine de têtes, pour produire son propre fromage. Des alpines principalement, sa race fétiche. « Mes grands-parents en avaient aussi. Au collège, je voulais faire des études agricoles. Mais on m’a dit : “Ça ne sert à rien, tu n’es pas fils d’exploitants. Tu es bon en sport, pourquoi ne pas faire l’armée ?” »

Il passe le concours de gendarme adjoint fin 2006, et part à Montargis (45) puis à Vienne-le-Château (51). En 2009, il postule dans le Pas-de-Calais pour retrouver sa compagne, mais il est muté à Bollezeele, dans les Flandres. « Toujours en brigade territoriale. C’était très varié, rural… J’adorais ça. On était parfois appelés la nuit… mais ça fait partie du métier. » Un présage ?

Question de principes

En 2012, Nicolas Lemaire entame une reconversion, financée par la gendarmerie, et passe son permis poids lourd. De mai 2012 à fin 2014, il court les fermes : moissons, ensilages, aménagements de bâtiments… Avec son épouse, ils achètent un ancien corps de ferme à Fressin. En 2014, il entre chez Agrihomme, un service de remplacement. « Jusqu’à quel âge vas-tu traire les vaches des autres ?, lui lance, provocant mais bienveillant, un agriculteur chez qui il travaille. Un jeune comme toi, ça peut avoir des aides ! Et puis, tu es plus acharné que certains éleveurs… » Le compliment lui donne des ailes. Ses rêves d’installation avec ses animaux de prédilection devraient se concrétiser en novembre 2020. 

Quoi qu’il en soit, Nicolas Lemaire insiste : la réserve a beau être un coup de pouce financier, elle ne se résume pas à cela pour autant. « Mon grand-père a servi dans l’armée pendant la guerre d’Algérie. J’ai été élevé avec des principes. Je respecte énormément mon pays et ce qu’il m’a apporté. Mes années gendarmerie, je ne le regrette pas. C’est un beau métier qui m’a fait mûrir. » De veiller sur ses concitoyens à veiller sur son troupeau, il n’y a parfois qu’un saut… de cabri !

Lucie De Gusseme

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