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Alimentation animale :  » L’augmentation doit se répercuter en cascade jusqu’au prix au consommateur »

17-09-2021

Actualité

C’est tout frais

Gaël Peslerbe, directeur général de Novial et président de Nutriarche, association qui regroupe les fabricants d’aliments du bétail au Nord de Paris, s’inquiète de la hausse des prix des matières premières.

Gaël Peslerbe, président de l’association Nutriarche. © Novial

Sur la campagne 2021-2022, Nutriarche prévoit une hausse de 30 % du prix des matières premières, comment expliquez-vous cela ?

Le marché mondial du blé est très tendu en ce moment. Les prix flambent faute de stocks et de marchandise. La moisson compliquée et l’industrie agroalimentaire ralentie pendant le Covid amplifient le phénomène. La demande de coproduits est également élevée. Ce qui se répercute sur les blés fourragers, souvent moins sensibles à ces variations de prix.

Dès le mois d’octobre, nous nous attendons à ce que la prime fourragère évolue de la même manière que la meunière. Peut-être dans une autre proportion. Les prix de la fin de campagne risquent d’être très élevés. En entrant à l’usine de fabrication d’aliment, le prix du blé est déjà à 235 €/t alors qu’habituellement, le prix avoisine les 180 €/t. À cela s’ajoute un marché de la protéine qui évolue dans le même sens.

Quel va être l’impact sur les élevages français ?

Par rapport à janvier 2021, la hausse du prix des matières premières est évaluée à 120 millions d’euros sur l’ensemble de l’élevage de la zone de Nutriarche. Soit une hausse de 75 % des coûts de production des volailles et des porcs (principaux consommateurs de céréales). En France, cette hausse est estimée à 1,2 milliard d’euros.

Cette hausse sera-t-elle à l’unique charge des éleveurs ?

Au vu de ces flambées, l’éleveur seul ne pourra pas supporter la hausse de ses charges. Il faut qu’elle soit répercutée sur toute la filière. L’enjeu est trop gros pour qu’il y ait des guerres de clochers, nous devons parler collectivement.

Sur le même sujet : Alimentation animale : les prix resteront durablement élevés

Comment imaginez-vous cette répercussion ?

L’augmentation doit se répercuter en cascade avec une hausse des prix d’achat des produits des animaux jusqu’au prix au consommateur. Dans cette conjoncture, il ne me semble pas incohérent d’augmenter de 2 centimes l’œuf, soit 10 centimes la boîte ou de 20 centimes le kilo de porc. Bien sûr, il faudra veiller à ce que ces prix diminuent lorsque les coûts seront à la baisse.

La vraie question est: est-ce que les prix sont trop élevés ou est-ce qu’ils ne l’étaient pas assez auparavant ? Ces aliments certes, un peu plus chers, ce sera des emplois sauvegardés, une autonomie alimentaire assurée, l’élevage régional préservé et de ce sera des impôts que nous ne payerons pas plus tard.

La moisson a été très compliquée, rendant la qualité des grains plutôt faible. Comment allez-vous vous adapter ?

De notre côté, nos principaux critères sont les taux d’humidité bas et des PS allant jusqu’à 72 kg/hl maximum. La seule exigence concernant la qualité des grains est que le PS annoncé ne soit pas un assemblage de blés de différents taux. Cela ne conviendrait pas à nos outils de broyage. Concernant l’humidité, cela se corrige assez facilement grâce aux séchoirs, non a mal ni surcoûts. 

La qualité des grains ne m’inquiète pas trop pour le moment. En revanche la flambée des prix est un vrai problème.

Lucie Debuire

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