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Aymeric Hubo, brasseur : « 2020 est une année dans les choux »

13-05-2020

Actualité

C’est tout frais

Pour Aymeric Hubo, brasseur à la brasserie Bois de la chapelle à Torcy (62), le printemps devait être synonyme de la reprise de l’activité. Mais le destin en a voulu autrement.

Aymeric Hubo a tiré son épingle du jeu grâce aux commandes réalisées via le drive fermier du Montreuillois. © Brasserie Bois de la chapelle

Aymeric Hubo est brasseur à Torcy (62). La brasserie du Bois de la chapelle n’est pas bien vieille, ni très grande. En 2019, il a vendu 60 hectolitres de bière. C’était un record pour une deuxième année d’existence. Il comptait bien le dépasser au cours de ce printemps mais le Covid-19 a vu les choses autrement. « Je vends ma production de bières principalement en vente directe, explique le brasseur. Je vends périodiquement à une vingtaine d’épiceries fines à proximité. Avec les cavistes fermés, je n’ai pas pu écouler mes bières. »

Le drive pour vendre tout de même

Ce qui a sauvé Aymeric Hubo, c’est le drive fermier auquel il est adhérent. Également agriculteur, il fait partie de ce groupe de producteurs. Avec le confinement, au niveau de ce drive, la quantité de commandes a augmenté de 80 à 350 paniers par semaine.

Ce ne fut toutefois pas le cas pour la bière. « Pour la consommation de bière, je n’ai pas vu d’évolution, constate le brasseur. Les ventes que je n’ai pas effectuées via mes circuits de distribution habituels ne se sont pas reportées sur les commandes de drive. Il y a quelques personnes qui sont toujours amatrices d’une bouteille de bière pour le week end mais cette consommation reste anecdotique. » Le drive lui a toutefois évité de ne rien vendre du tout.

Aymeric Hubo a subi de plein fouet les fermetures des épiceries fines. © Brasserie Bois de la chapelle

De plus, le déconfinement ne s’annonce pas tout rose. « Je reste morose, indique Aymeric Hubo. Tous les évènements tels que les foires ou les fêtes de village sont annulés. Ces rassemblements me permettaient de vendre une partie de ma production. Dans ces cas, je peux vendre ma bière au niveau de la restauration ou même sur un stand. » Sans ces rassemblements qui apportent beaucoup de chiffre d’affaires, la période estivale s’annonce mal. « Pour cette année, je suis dans les choux » conclue-t-il.

Un lâcher prise permis par sa seconde activité : l’agriculture. Si la brasserie a été un peu délaissée par ce jeune agriculteur, c’est aussi parce qu’il se concentre sur son activité agricole, d’élevage notamment, et la reprise de la ferme familiale. Comme le dit si bien Aymeric Hubo, « rien ne sert d’user le soleil ». Les Français ne sont pas à la fête, il faut attendre la reprise des festivités qui réamorceraient la pompe.

Lucie Debuire

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