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Boom du bio : « Les gens sont rassurés par une consommation différenciée »

05-05-2020

Actualité

C’est tout frais

La Biocoop Vert’Tige qui possède sa propre exploitation maraîchère à Wavrin (59), en métropole lilloise, a trois magasins. Un sur place et deux à Lille. Augmentation des ventes, de la fréquentation, nouvelle clientèle et reconnaissance, le responsable du rayon frais d’une des boutiques lilloises témoigne dans le cadre de notre grand format sur le boom du bio en confinement.

La Biocoop Vert’Tige Sébastopol. © DR

Une enquête nationale révèle une importante augmentation de l’attrait pour le bio en cette période de confinement. L’avez-vous constaté à l’échelle de votre Biocoop ?

Je pense qu’il y a eu une augmentation de l’activité dans tous les secteurs de la vente alimentaire puisque l’on a “bénéficié” du report des 25 % de repas pris à l’ordinaire hors domicile. Si on ajoute à cela les repas normalement pris à la cantine par les enfants, cela fait une quantité non négligeable de repas pris à la maison donc d’aliments consommés en magasin.

Pour notre part, oui, nous avons constaté une augmentation de 50 % du panier moyen (en valeur, ndlr). Cela tient aussi au fait que les clients viennent moins souvent. Ils font, du coup, plus d’achats en une seule fois.

L’augmentation s’est vraiment répercutée sur toutes les gammes, nous avons donc dû faire appel à des embauches temporaires pour gérer cette demande nouvelle durant le confinement.

Les comportements d’achats ont-ils évolué pendant cette période ?

Au début du confinement oui, il y a eu un report sur les produits d’épicerie, les pâtes, le riz. C’était surtout des achats de stockage, comme si les gens avaient peur. Passées les deux premières semaines, l’effet de panique s’est estompé, la consommation s’est normalisée avec plus d’achats plaisirs. La viande, les fruits de mer se sont par exemple mieux vendus.

En termes d’approvisionnement, on a eu quelques petites difficultés sur la farine et les œufs notamment. On s’est redirigé vers du local auprès de fournisseurs historiques, on a étoffé la gamme, ça continuera. Dans certains cas, plus rares, on a aussi récupéré les produits destinés aux cantines et à la restauration collective.

Avez-vous vu de nouveaux clients arriver ?

Oui, c’est certain qu’on a eu pas mal de nouvelles têtes. Après, comment savoir si ce sont des gens qui découvrent le bio ? Difficile de dire où ils ont l’habitude de consommer en temps normal. Certains nouveaux clients sont sûrement venus chez nous pour des raisons pratiques, parce que c’était le plus proche de chez eux et qu’ils allaient peut-être, avant, faire des courses près de leur travail. Mais une chose paraît sûre, avec pas mal de dépenses en moins (les sorties, restaurant…), la part du budget mensuel dédiée à l’alimentaire a augmenté. Les gens ont choisi de privilégier la qualité.

Quand ça ne va pas très bien, on se rapproche de l’essentiel, les clients sont probablement rassurés par une consommation différenciée. Les repas, l’élaboration de plats, de gâteaux en famille représentent un moment privilégié durant le confinement. Tout ce qu’on peut espérer, c’est de continuer sur cette dynamique, même après !

En tous cas, notre équipe a vraiment constaté de la gratitude de la part des consommateurs, c’est assez agréable de sentir ça en ce moment.

Propos recueillis par Agathe Villemagne

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