Votre météo par ville

Ressource : Dunkerque, pionnière en gestion d’eau

13-04-2023

Actualité

C’est tout frais

Parmi les mesures du plan eau dévoilé par Emmanuel Macron, la tarification progressive de l’eau généralisée est déjà déployée dans la communauté urbaine de Dunkerque depuis 2012.

L’eau potable bénéficie d’une gestion stricte sur le Dunkerquois. © Pixabay

Les annonces faites dans le plan eau (le 30 mars par Emmanuel Macron, ndlr) concernent principalement l’eau potable, mais aussi les eaux usées ou encore l’entretien des réseaux de transport. Nous agissons à tous ces niveaux “, prévient Bertrand Ringot. Le maire de Gravelines est aussi vice-président à la communauté urbaine de Dunkerque (CUD) aux questions de l’eau, de l’assainissement et du Gemapi (la lutte contre les inondations).

Sur notre territoire, nous n’avons pas de réserves en eau et nous dépendons du bassin audomarois. Raison de plus pour faire bien attention à cette précieuse ressource “, pose l’élu.

L’eau commence par parcourir 40 kilomètres depuis Saint-Omer pour entrer dans les réseaux du territoire, qui se prolongent sur 1 600 kilomètres de canalisations dédiées à l’eau potable. Ici la nécessité d’un entretien continu pour éviter les fuites. “Nous investissons beaucoup dans les réseaux pour un taux de rendement optimal. Nous enregistrons un taux de 7 % de pertes, c’est-à-dire la différence entre ce qui est prélevé et ce qui est livré. C’est peu comparé aux autres territoires“, observe Bertrand Ringot.

Moins d’eau consommée

Il a ensuite fallu motiver les usagers à faire attention à la ressource, c’est pourquoi la CUD a choisi de mettre en place une tarification progressive dès 2012. Sous forme d’expérimentation d’abord, puis de manière pérenne grâce à une révision de la loi en 2019. Et ça marche : alors que la consommation moyenne nationale est de 80 m3 d’eau par an et par foyer, elle plafonne à 67 m3 dans le Dunkerquois. Des chiffres qu’expliquent la politique tarifaire mise en place mais aussi, il ne faut pas l’oublier, la physionomie du territoire : pas d’immenses jardins, très peu de piscines particulières, beaucoup de puisards…

Concrètement, trois tranches de consommation sont retenues et un tarif au mètre cube est fixé, de manière progressive, pour chacune. De 0 à 80 m3 par an, c’est 1,28 euro / m3 ; de 81 à 200 m3 on passe à 2,30 euros / m3 et au-delà de 201 m3 c’est 3,10 euros / m3. Un tarif solidaire de 0,49 euros / m3 est aussi en place pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (CSS) qui concerne 8 600 foyers sur les 91 000 du territoire. A ce prix pour l’eau s’ajoutent le coût de l’abonnement – fixe de 21 euros par an – et de l’assainissement. Et si pour la CUD le prix du mètre cube est très faible, celui de son assainissement est plutôt élevé fixant le mètre cube dans une moyenne haute de 5 euros / m3.

Une eau moins calcaire

Autre axe d’incitation d’économie d’eau : le suivi en temps réel de la consommation, la notion de mètres cubes demeurant abstraite. ” Nous déployons un système de télérelève qui permettra à terme à tous les habitants d’avoir accès en temps réel à leur consommation, nous sommes d’ailleurs en train de mettre en place une application numérique “, explique le vice-président communautaire qui évoque 5 millions d’euros investis.

Et pour améliorer la qualité de l’eau afin d’inciter davantage à la consommation de l’eau du robinet, qui stagne aujourd’hui à 47 %, ou à prolonger la durée de vie des appareils électroménagers mais aussi des réseaux, la CUD va décarbonater l’eau, c’est-à-dire la débarrasser d’un tiers de son calcaire. C’est 15 millions d’euros investis pour un processus achevé au 1er janvier 2024.

L’élu rappelle que “l’eau finance l’eau” et qu’il est important, pour financer investissements et innovations, de trouver un juste prix. 

La gestion spécifique de l’eau industrielle

S’il n’y a pas beaucoup de piscines à Dunkerque, il y a des usines. Ici, l’eau destinée à l’industrie n’est pas prélevée dans le réseau d’eau potable mais dans le canal de Bourbourg. Une eau de surface qui fournit 20 millions de mètres cubes d’eau chaque année, dont 60 % rien que pour ArcelorMittal. “Cette eau aussi, il va falloir l’économiser“, prévient Bertrand Ringot, qui annonce le projet de raccordement direct de la station d’épuration de Grande-Synthe à l’usine sidérurgique : 2 millions de mètres cubes y seront directement injectés, sur les 8 millions traités sur le territoire. C’est concrètement la réutilisation des eaux usées traitées, telle qu’envisagée dans le plan eau. Si tous les usages ne sont pas envisageables, celui de l’industrie l’est clairement “mais demande des accords au cas par cas”, précise l’élu gravelinois qui formule le vœu que “les déclarations du chef de l’État permettent d’assouplir les procédures et de généraliser les initiatives“.

Justine Demade Pellorce

Lire aussi : Eau : 7,5 millions d’euros pour la biodiversité

Facebook Twitter LinkedIn Google Email
Noël autrement (4/4). De garde avec les soignants
À l'approche de Noël, nous sommes allés à la rencontre de personnes qui célèbrent cette fête de manière différe [...]
Lire la suite ...

Noël autrement (3/4). Une fête aux accents d’ailleurs
À l'approche de Noël, nous sommes allés à la rencontre de personnes qui célèbrent cette fête de manière différe [...]
Lire la suite ...

Émilie roibet, itinéraire d’une reconversion bien pensée
Architecte paysagiste de formation, Émilie Roibet a quitté ses bureaux lillois pour créer sa ferme florale "À l'ombr [...]
Lire la suite ...

Une Cuma qui a le sens de l’accueil
Localisée à Bois-Bernard, la Cuma " L'accueillante " est confrontée aux départs en retraite de ses membres, souvent [...]
Lire la suite ...

DOSSIER ÉNERGIE. À la centrale de Lens, le bois devient énergies
Unique dans la région, par son genre et sa taille, la centrale de cogénération de Lens produit à la fois de l'élect [...]
Lire la suite ...

Inondations : après la pluie, se reconstruire
Une semaine après les premières crues, le Pas-de-Calais tente d'émerger peu à peu, malgré la menace de nouvelles in [...]
Lire la suite ...

Inondations : 50 millions d’euros pour les collectivités sinistrées
Le chef de l'État en déplacement à Saint-Omer et à Blendecques, le mardi 14 novembre, a annoncé un plan d'aide pou [...]
Lire la suite ...

À la ferme du Major, “on crée de l’énergie”
La ferme d'insertion du Major, à Raismes, emploie 40 hommes et femmes éloignés de l'emploi pour leur permettre, en ac [...]
Lire la suite ...

Jean-Marie Vanlerenberghe : « L’attentat à Arras a souligné les failles du dispositif »
Ancien maire d'Arras et doyen du Sénat, Jean-Marie Vanlerenberghe réclame « une réponse ferme » mais dans le resp [...]
Lire la suite ...

Changer de goût et agir pour le futur
Plus saine, plus durable, plus accessible, l'alimentation de demain doit répondre à d'innombrables défis. À l'occasi [...]
Lire la suite ...

Retour sur la première édition du championnat international de la frite
Le premier championnat international de la frite s'est déroulé à Arras le samedi 7 octobre 2023. Soleil et ambiance [...]
Lire la suite ...

Jean-Paul Dambrine, le patron sensas’
Il est l'icône de la frite nordiste. À 75 ans, Jean-Paul Dambrine, fondateur des friteries Sensas et président du jur [...]
Lire la suite ...

Quatre lycéennes d’Anchin à la conquête de l’Andalousie
Iris, Angèle, Louise et Eulalie, lycéennes à l'Institut d'Anchin, ont passé trois semaines caniculaires près de Sé [...]
Lire la suite ...

Élections sénatoriales : dans le Nord, plusieurs nuances de rose, plusieurs nuances de bleu : l’éparpillement façon puzzle
Avec 11 sièges à pourvoir, c’est le département à renouveler le plus grand nombre de sièges derrière Paris : le [...]
Lire la suite ...

Élections sénatoriales : dans le Pas-de-Calais, la droite (presque) unie, la gauche en ordre dispersé et l’éventualité du Rassemblement National :
Pour les prochaines élections sénatoriales, les gauches ne font pas bloc dans le Pas-de-Calais. La droite, elle, table [...]
Lire la suite ...

Bois de la Chapelle. La bière fermière qui profite… aux bovins
Installé à Torcy, Aymeric Hubo produit ses bières avec l'orge de la ferme. Depuis 2020, le brasseur de 36 ans élève [...]
Lire la suite ...

Supplément Terres en Fête : 31 mai 2024

Numéro 361 : 19 avril 2024

Numéro 366 : 24 mai 2024

Dunkerquois : Francis Vermersch, sur tous les fronts, l’homme de tous les combats
Champion de l'engagement, Francis Vermersch superpose les casquettes. À presque 70 ans, l'homme aspire désormais à pa [...]
Lire la suite ...

Terres en défis : à vos marques, prêts, partez !
Pour l'édition 2024 de Terres en Fête, le Savoir Vert des agriculteurs a mis au défi les écoles des Hauts-de-France. [...]
Lire la suite ...

Au cœur des terres

#terresetterritoires