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L’ensilage, “toujours un moment stressant”

18-10-2023

Actualité

C’est tout frais

Le 5 octobre, Bruno Dutremée a orchestré, au sein de sa ferme à Choisies, l’un des événements phares de l’année : l’ensilage. Contrairement à l’an passé, le taux de matière sèche et le rendement semblent satisfaisants.

Bruno Dutremée a choisi le 5 octobre pour ensiler son maïs. L’objectif : 31 hectares en une journée. © M. L.

Depuis sa ferme d’une centaine de vaches, Bruno Dutremée, éleveur laitier à Choisies (59), se réjouit ce 5 octobre du ciel bleu et de l’absence de vent : “Si tous les ans on pouvait avoir de telles conditions pour l’ensilage…” L’éleveur se souvient d’un dimanche si pluvieux qu’il avait dû annuler l’ensilage.

“Ce n’est pas toujours évident de choisir la date idéale de récolte. On a hésité avec la fin septembre”, explique Bruno Dutremée qui a finalement arrêté la date du 5 octobre, suite à un atelier de mesure de matière sèche organisé par le groupe Carré, à la mi-septembre. “L’éleveur ramène cinq plants répartis dans son champ, qu’on analyse. L’objectif est de définir une date idéale pour la récolte”, explique Maxime Catoir, commercial en production animale pour Carré, qui rappelle qu’un taux idéal se situe entre 32 et 35 %.

Un bon taux de matière sèche

À l’œil, Bruno Dutremée estime le sien ce 5 octobre autour de 33-34 %. Bien mieux que l’an passé, où les maïs étaient “morts sur place à cause de la sécheresse” et le taux de matière sèche caracolait à 44 %. “Ça ne se tassait même pas tant c’était sec !”, se souvient l’éleveur. Lui utilise des semis tardifs à très tardifs. Les premiers, qu’il a semés début mai, ont subi l’orage et le vent du nord. Les autres, semés fin mai, étaient bien plus réussis et dépassaient les premiers d’au moins un mètre de haut. Sur son maïs, le Choisien ne met que de l’azote soufré. Il préfère le labour au Roundup. Il utilise seulement depuis trois ans, sur la partie du silo destinée à l’été, un conservateur du groupe Carré et assure avoir noté une “vraie différence”.

Durant le chantier d’ensilage, Bruno Dutremée conduit une remorque, afin d’évaluer d’un coup d’œil la performance des différentes variétés – il en utilise au moins dix au champ. Il note ses remarques dans un carnet, qu’il ressort au moment de commander les semences, en novembre ou décembre, au plus tard. “Nous conseillons à nos éleveurs des semences en fonction de la ration : quand c’est une ration maïs et herbe, il faut des variétés avec pas mal d’amidon. Quand il s’agit d’une ration uniquement au maïs, le mieux est une variété plus digeste, avec moins d’amidon”, détaille Maxime Catoir.

Au-delà de ses 31 hectares de maïs, Bruno Dumetrée ensile également son herbe. Idem pour la luzerne, qui pousse si vite qu’il a déjà dû la couper quatre fois. “Ça permet un bon apport en fibre.” Et pour compenser les taux de matière sèche parfois trop élevés du maïs, il ajoute de la betterave fourragère. “Je peux vous dire que les vaches en raffolent”, sourit-il.

Un moment de solidarité

Bruno Dutremée a déjà donné un coup de main sur deux chantiers d’ensilage la semaine passée, un autre la veille quand un dernier est programmé le 6 octobre. L’ensilage, “la moisson” des éleveurs, est aussi un moment de solidarité. D’ailleurs, à la conduite des bennes, se trouvent un cousin, un neveu, une nièce. Aucune de ses trois filles, toutefois, “qui ont pris un chemin différent”, rit l’éleveur : deux esthéticiennes et une coiffeuse.

Ils sont neuf, au total, à renforcer les rangs de la ferme pour la matinée. D’autres viendront encore dans l’après-midi. Six remorques, trois bennes et quatre tracteurs de la Cuma font d’incessants allers-retours. Parmi sa trentaine d’hectares de maïs, c’est une ensileuse douze rangs qui passe. Elle est réglée à 14 en coupe – “mais on va sûrement la descendre à 13”, dit Bruno Dutremée. Et fonctionne à une vitesse d’environ 2,5 à 3 hectares par heure.

“C’est vrai que dans le temps, c’était plus convivial, on prenait le temps de s’arrêter à midi, de discuter et de casser la croûte ensemble”, commente le père de famille. Les conducteurs, désormais, engloutissent un sandwich au volant de leurs machines, sans même prendre une pause. Il faut dire que les fermes ont grossi et que le travail doit être vite abattu si l’on veut finir, comme prévu, en un jour. Bruno Dutremée a débuté sa journée à 5 h 30 et espère l’achever aux alentours de 19 h. “C’est toujours un moment stressant, on a peur de la panne, qui nous ralentirait, ou pire, de l’accident”, souffle l’éleveur, sans jamais quitter des yeux le ballet des machines.

Marion Lecas

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