Votre météo par ville

Téréos : Le ministre de l’Industrie sans réponse

14-03-2023

Actualité

Politique-syndicalisme

Lundi 13 mars, le ministre délégué à l’Industrie, Roland Lescure, s’est entretenu avec la direction de Tereos quant au projet de fermeture de la sucrerie d’Escaudœuvres. Beaucoup de questions restent en suspens malgré cet entretien.

Le ministre délégué à l’Industrie a pu discuter avec quelques salariés de la sucrerie d’Escaudœuvres. © E. P.

Ils sont encore sous le choc et sidérés. Depuis mercredi 8 mars, les salariés de la sucrerie d’Escaudœuvres entretiennent un brasier et bloquent leur outil de travail. “Rien ne sort. Il y a plus de 40 000 tonnes de sucre dans les silos. À 1 000 euros la tonne…” Mercredi 8 mars, on leur a annoncé que Tereos envisageait de fermer cette usine, dans laquelle le groupe a pourtant investi plus de 60 millions d’euros ces dernières années. “C’est incompréhensible”, souffle un salarié.

C’est pour trouver des réponses que le ministre délégué à l’Industrie, Roland Lescure, s’est rendu à Escaudœuvres lundi 13 mars pour rencontrer les élus du Cambraisis, les organisations syndicales et la direction de Tereos.

Devant l’usine d’Escaudoeuvres. © E. P.

“Une histoire que je ne comprends pas”

Après plus de deux heures de discussions, le ministre est resté sans réponse. “J’ai demandé à la direction de Tereos pourquoi – alors que le marché du sucre est porteur, que la coopérative gagne de l’argent et qu’elle se désendette – elle souhaitait la fermeture de la sucrerie. Ce que je peux dire, c’est que j’ai encore des questions. J’ai même indiqué que je pense qu’elle ferait peut-être là une erreur stratégique”, indique le ministre.

Je n’ai rien contre le fait qu’une entreprise gagne de l’argent, mais ça ne doit pas se faire au détriment des salariés. Pour moi, ce n’est visiblement pas une histoire de rendement (comme l’a justifié Tereos dans un communiqué, n.d.l.r) mais une histoire que je ne comprends pas et qu’il va falloir m’expliquer“, poursuit Roland Lescure.

Alors que François-Xavier Beauvrit, membre du conseil d’administration de Tereos, a déclaré que la coopérative est “consciente des conséquences humaines du projet” et que le groupe “favorisera le reclassement interne”, pour le ministre “on n’en est pas là pour le moment.”

Pourtant, Tereos a indiqué que des discussions en ce sens seront entamées dès le 20 mars et a ajouté que “depuis 2017, nous constatons une baisse des surfaces et donc des rendements d’environ 25 %”. La coopérative en a profité pour annoncer que 500 millions d’euros seraient investis dans les six autres sucreries des Hauts-de-France du groupe.

Familles en détresse

Le ministre a pu également discuter avec une dizaine de salariés, venus exprès. Dans les rangs, les yeux sont humides. “Ça a été très violent, la manière dont cela a été annoncé”, raconte l’un d’eux. Pour un autre, au delà de la tristesse, la colère : “Tereos parle de reclassement. Mais reclasser où ? On a nos familles ici. Je ne vais pas dire à ma femme de lâcher son travail parce qu’on doit partir ailleurs ! Sucrier, c’est un métier très particulier. Moi, ça fait dix ans que je fais ça, je suis parti du bas de l’échelle et aujourd’hui je suis contremaître de production. Mais si on est reclassé, ça veut dire quoi ? Devoir réapprendre encore tout autre chose ? Se reconvertir à 38 ans ?”

Enfin, un salarié lâche : “monsieur le président de Tereos n’a même pas eu la politesse de venir…” Le ministre répond : “vous avez remarqué vous aussi ?”

Des planteurs non inquiétés

Du côté des planteurs affiliés à la sucrerie d’Escaudœuvres en revanche, l’inquiétude est moindre. Si les betteraviers ont affiché leur soutien vis-à-vis des salariés, notamment en venant samedi 11 mars à l’usine, leur avenir est plus clair que celui des sucriers : “La production des 1 500 planteurs affiliés à Escaudœuvres (près de 18 000 ha) sera réorientée vers trois autres sucreries du groupe : Lillers, Boiry et Origny (Aisne)”, indique Guillaume Wullens, président de la CGB Nord-Pas de Calais.

Seule inquiétude : les pulpes. En effet, “environ 2/3 des planteurs affiliés venaient récupérer des pulpes directement à l’usine”, affirment les salariés. Avec cette réorganisation, cela ne serait plus possible. De plus, Guillaume Wullens regrette la méthode et “ce bout d’histoire qui s’en va”. En effet, la sucrerie d’Escaudœuvres devait/devrait fêter ses 150 ans d’ici quelques semaines.

Eglantine Puel

Lire aussi : Téréos : Face à la fermeture, l’Agglo de Cambrai affiche son opposition

Facebook Twitter LinkedIn Google Email
Noël autrement (4/4). De garde avec les soignants
À l'approche de Noël, nous sommes allés à la rencontre de personnes qui célèbrent cette fête de manière différe [...]
Lire la suite ...

Noël autrement (3/4). Une fête aux accents d’ailleurs
À l'approche de Noël, nous sommes allés à la rencontre de personnes qui célèbrent cette fête de manière différe [...]
Lire la suite ...

Émilie roibet, itinéraire d’une reconversion bien pensée
Architecte paysagiste de formation, Émilie Roibet a quitté ses bureaux lillois pour créer sa ferme florale "À l'ombr [...]
Lire la suite ...

Une Cuma qui a le sens de l’accueil
Localisée à Bois-Bernard, la Cuma " L'accueillante " est confrontée aux départs en retraite de ses membres, souvent [...]
Lire la suite ...

DOSSIER ÉNERGIE. À la centrale de Lens, le bois devient énergies
Unique dans la région, par son genre et sa taille, la centrale de cogénération de Lens produit à la fois de l'élect [...]
Lire la suite ...

Inondations : après la pluie, se reconstruire
Une semaine après les premières crues, le Pas-de-Calais tente d'émerger peu à peu, malgré la menace de nouvelles in [...]
Lire la suite ...

Inondations : 50 millions d’euros pour les collectivités sinistrées
Le chef de l'État en déplacement à Saint-Omer et à Blendecques, le mardi 14 novembre, a annoncé un plan d'aide pou [...]
Lire la suite ...

À la ferme du Major, “on crée de l’énergie”
La ferme d'insertion du Major, à Raismes, emploie 40 hommes et femmes éloignés de l'emploi pour leur permettre, en ac [...]
Lire la suite ...

Jean-Marie Vanlerenberghe : « L’attentat à Arras a souligné les failles du dispositif »
Ancien maire d'Arras et doyen du Sénat, Jean-Marie Vanlerenberghe réclame « une réponse ferme » mais dans le resp [...]
Lire la suite ...

Changer de goût et agir pour le futur
Plus saine, plus durable, plus accessible, l'alimentation de demain doit répondre à d'innombrables défis. À l'occasi [...]
Lire la suite ...

Retour sur la première édition du championnat international de la frite
Le premier championnat international de la frite s'est déroulé à Arras le samedi 7 octobre 2023. Soleil et ambiance [...]
Lire la suite ...

Jean-Paul Dambrine, le patron sensas’
Il est l'icône de la frite nordiste. À 75 ans, Jean-Paul Dambrine, fondateur des friteries Sensas et président du jur [...]
Lire la suite ...

Quatre lycéennes d’Anchin à la conquête de l’Andalousie
Iris, Angèle, Louise et Eulalie, lycéennes à l'Institut d'Anchin, ont passé trois semaines caniculaires près de Sé [...]
Lire la suite ...

Élections sénatoriales : dans le Nord, plusieurs nuances de rose, plusieurs nuances de bleu : l’éparpillement façon puzzle
Avec 11 sièges à pourvoir, c’est le département à renouveler le plus grand nombre de sièges derrière Paris : le [...]
Lire la suite ...

Élections sénatoriales : dans le Pas-de-Calais, la droite (presque) unie, la gauche en ordre dispersé et l’éventualité du Rassemblement National :
Pour les prochaines élections sénatoriales, les gauches ne font pas bloc dans le Pas-de-Calais. La droite, elle, table [...]
Lire la suite ...

Marc Dufumier : « L’agroécologie est avant tout un concept scientifique »
Celui qui était un productiviste convaincu prône un changement urgent des pratiques agricoles, s'appuyant sur l'agroé [...]
Lire la suite ...

Législatives 2024 : Quels sont les programmes ?
À une semaine du premier tour des élections législatives anticipées, prévu le 30 juin 2024, retrouvez en huit point [...]
Lire la suite ...

Législatives 2024 : Quels programmes pour la sécurité intérieure ?
À une semaine du premier tour des élections législatives anticipées, prévu le 30 juin 2024, retrouvez les programme [...]
Lire la suite ...

Législatives 2024 : Quels programmes pour l’immigration ?
À une semaine du premier tour des élections législatives anticipées, prévu le 30 juin 2024, retrouvez les programme [...]
Lire la suite ...

Législatives 2024 : Quels programmes pour le logement ?
À une semaine du premier tour des élections législatives anticipées, prévu le 30 juin 2024, retrouvez les programme [...]
Lire la suite ...

Législatives 2024 : Quels programmes pour l’agriculture ?
À une semaine du premier tour des élections législatives anticipées, prévu le 30 juin 2024, retrouvez les programme [...]
Lire la suite ...

Au cœur des terres

#terresetterritoires