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Recensement : La population agricole s’amenuise et se transforme

13-12-2021

Actualité

C’est tout frais

Dix ans après le dernier recensement, le constat pourrait être amer pour le monde agricole : le nombre d’exploitations agricoles a chuté de 21 % passant de 490 000 en 2010 à 389 000 en 2020, « notamment en raison de la pyramide des âges et parce que les départs ont été plus nombreux que les installations », a indiqué Julien Denormandie.

©Pixabay

Par voie de conséquence, le nombre de chefs d’exploitation, coexploitants et associés actifs se contracte aussi, passant de 604 000 (2010) à 496 000 (2020) et celui des équivalents temps plein chute de plus de 80 000 : il passe de 740 000 en 2010 à 659 000. La surface agricole utile (SAU) restant peu ou prou stable (-1% en, soit une perte de 233 000 ha) et le nombre d’exploitations se réduisant, il s’ensuit logiquement une augmentation de la SAU moyenne par exploitation. De l’ordre de 55 ha en 2010, elle atteint aujourd’hui 69 % soit une hausse de 25 %. A titre de comparaison, la SAU moyenne est de 79 ha au Danemark, de 81 ha au Royaume-Uni, de 178 ha aux États-Unis et de 332 ha au Canada. Objectif : 20 000 installations.

Le ministre s’est voulu pourtant rassurant sur ces premiers chiffres en indiquant que cette baisse du nombre d’exploitations, certes continue depuis les années 70, était toutefois « moins forte ces dix dernières années (-2,3 %) qu’entre 2000 et 2010 (-3 %) ». Selon lui, l’indicateur principal est le nombre d’exploitants de moins de 40 ans « qui est stable (20 % ndlr) d’un recensement à l’autre, ce qui prouve l’attractivité du métier »,a-t-il affirmé. Pour stopper cette hémorragie, il conviendrait de porter le nombre annuel d’installations à « 20 000 », contre 14 000 en moyenne aujourd’hui, a-t-il précisé.

Des exploitations dont l’orientation technico-économique évolue

Le recensement 2020 montre que l’orientation technico-économique des exploitations a également évolué : la part des fermes spécialisées en productions végétales devient majoritaire (51,8 % en 2020 contre 45,1 % en 2010) au détriment de celles à dominante animale. Ces dernières chutent de presque 5 % : 42,7 % en 2010 contre 37,3 % en 2020. Ce sont dans les productions d’ovins et de caprins que la chute est la plus importante (-20 %), devant la polyculture élevage (-18 %), les bovins viandes (-15 %), les bovins lait (-13 %) et la viticulture (-11 %). Seule l’horticulture et le maraîchage voient le nombre d’exploitations augmenter (+1 %).

Des exploitations de plus en plus sociétaires

Autre enseignement de ces premiers chiffres : les exploitations deviennent de plus en plus sociétaires et moins familiales, même si le caractère familial demeure majoritaire. La part des exploitations sous statut individuel a chuté de 69,8 % (2010) à 58,4 % en 2020 (-11,4 %). « C’est parce que les formes sociétaires sont un frein à l’installation que nous avons fait voter la proposition de loi Sempastous qui impose un contrôle plus rigoureux sur les parts sociales », a justifié le ministre de l’Agriculture. L’enjeu de l’installation est d’autant plus prégnant qu’aujourd’hui, un exploitant agricole sur quatre a plus de 60 ans.

Monde agricole en transition

C’est également un monde agricole en pleine transition que dévoilent ces chiffres venant ainsi corroborer l’action des agriculteurs au quotidien pour une agriculture de qualité et plus respectueuse de son environnement. Ainsi 36 % des exploitations ont au moins une de leur production sous signes de qualité ou d’origine (AOP, IGP, Label Rouge…).

La part des exploitations en agriculture biologique a triplé en 10 ans passant de 3,7% à 12,1 % (2020) et le label HVE représente désormais plus de 7 % des exploitations. La SAU moyenne des exploitations biologiques est de 61 ha, « avec toutefois une grande hétérogénéité » souligne le ministère, puisque la taille moyenne des micro-exploitations bio est de 17 ha contre 105 ha pour les plus grandes. Aujourd’hui, 24 % des élevages laitiers (+5 points en 10 ans), 18 % des élevages ovins et caprins (+ 6 points) et 29 % des élevages porcins et avicoles (+9 points) sont sous signe de qualité.

Les services statistiques du ministère constatent également une recrudescence des exploitants pratiquant la vente en circuit court. Presqu’un quart des exploitations (23,1 %) en 2020 contre 17,5 % en 2010. Les femmes représentent toujours un peu plus du quart des chefs d’exploitation (27 %) et le ministre n’a pas manqué de souligner le décalage entre le grand nombre de jeunes femmes présentes dans l’enseignement agricole et le peu d’entre elles qui finissent par choisir le métier d’agricultrice. La France métropolitaine compte 130 068 cheffes d’exploitation, co-exploitantes et associées.

Quant au niveau de diplôme des chefs d’exploitation et coexploitants, il a continué de s’accroître massivement entre 2010 et 2020. 55 % d’entre eux ont un diplôme au moins égal au baccalauréat, c’était 38 % en 2010 (soit + 17 points). Le nombre de diplômés du supérieur a augmenté également : 27 % en 2020 après 17 % en 2010 (soit + 10 points).

Les 3 priorités de la présidence française

En marge de la conférence de presse, le ministre de l’Agriculture a précisé ses trois priorités agricoles pour la présidence française de l’Union européenne. Tour d’abord la « réciprocité, c’est-à-dire que je souhaite la mise en place des clauses miroirs et l’application de la directive SUD sur les produits phytosanitaires au sein et en dehors de l’Union européenne afin de lutter contre les distorsions de concurrence », a -t-il dit. Deuxième priorité : l’application du Carbon Farming Initiative, « car les agriculteurs ont plus de capacité à stocker le carbone dans les sols » que les forêts ne le font. Le sujet sera abordé lors d’une réunion informelle début février à Strasbourg, a-t-il assuré. Enfin troisième priorité : la lutte contre la déforestation importée. 

Source : Actuagri

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