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75 ans de prénoms dans les Hauts-de-France

07-01-2022

Actualité

Société

Lilou, Mathéo, Louna, Noah… autant de prénoms qui n’avaient jamais été donnés dans les Hauts-de-France avant les années 1980. Les prénoms suivent des cycles. Ils apparaissent, atteignent un ou parfois plusieurs pics, refluent et parfois disparaissent. Le point sur ces évolutions dans la région depuis les années 1940.

© Insee

Depuis 1946, le nombre de prénoms différents donnés chaque année a été multiplié par cinq dans les Hauts-de-France, passant d’environ 2 000 à près de 10 000 en 2020. L’évolution n’a cependant pas été constante et a connu trois périodes successives bien distinctes : une diversification lente de 1946 à 1989, une forte croissance de 1990 à 2014 et enfin une baisse de la diversité depuis 2015.

Plus de diversité dans les prénoms

Avec la diversification, la concentration des prénoms diminue au fil du temps. En 1946, le prénom Jean est donné à 7 000 garçons. Il représentait à lui seul 12,3 % des naissances déclarées (soit une naissance sur huit), et même 20,5 % si on y ajoute tous les prénoms composés à partir de Jean. En 2020, Jean, qui n’a été donné qu’à 58 enfants, laisse le premier rang à Léo, attribué à 470 nouveau-nés, soit 1,4 % des naissances (une naissance sur 70). De même, en 1946, les cinq prénoms de garçons les plus donnés (Jean, Michel, Daniel, Bernard, Jacques) représentaient 35 % des naissances déclarées à l’état civil contre 7 % en 2020 (Léo, Raphaël, Louis, Jules, Gabriel). Enfin, les 100 prénoms les plus donnés couvraient 95 % des naissances en 1946 contre seulement 49 % en 2020.

Chez les filles, la concentration est moindre que chez les garçons, mais elle diminue aussi depuis l’après-guerre. En 1946, une petite fille sur seize se prénommait Marie (3 400 naissances sur un total de 54 000) et une sur dix si on inclut les prénoms composés commençant par Marie. En 2020, il n’y a eu que 51 Marie dans la région (0,1 % des naissances). Le prénom le plus courant, Jade, n’est attribué qu’à une petite fille sur 70, soit 450 naissances sur un total de 31 400. Les cinq prénoms les plus donnés (Marie, Monique, Nicole, Françoise, Annie) regroupaient 20 % des naissances en 1946 contre 6 % en 2020 (Jade, Louise, Emma, Alice, Ambre).

Quatre générations de prénoms

Après des périodes pendant lesquelles ils sont beaucoup donnés, les prénoms refluent. Quatre générations, d’une vingtaine d’années chacune, peuvent être définies en fonction des dix prénoms les plus donnés chaque année. Elles correspondent approximativement aux générations identifiées dans la littérature sociologique (baby-boom, génération X, Y ou milléniaux…).

La première génération définie s’étend de 1946 à 1964 pour les garçons (1959 pour les filles) et correspond à la génération du baby-boom. Les prénoms les plus donnés dans la région sont alors Martine, Marie, Françoise, Brigitte, Chantal pour les filles, et Jean, Michel, Philippe, Alain, Patrick pour les garçons. Ces prénoms ne sont presque plus donnés depuis le début des années 2000. Cette génération se distingue également par la mode des prénoms composés (Marie-Christine, Jean-Pierre…) qui atteignent leur pic au milieu des années 1950 avant de décroître pour ensuite n’être quasiment plus donnés.

La seconde génération s’étend de 1960 à 1977 pour les filles et de 1965 à 1982 pour les garçons. Elle correspond approximativement à la génération X, c’est-à-dire les personnes devenues adultes après la crise des années 1970. Les prénoms les plus donnés sont Nathalie, Isabelle, Sylvie, Valérie ou Catherine (19 % des naissances de la période) pour les filles et Christophe, David, Frédéric, Laurent et Sébastien pour les garçons (18 % des naissances).

La troisième génération couvre les années 1983 à 2003 (garçons) et 1978 à 2001 (filles). Elle correspond à la génération Y, aussi appelée les milléniaux, autrement dit les personnes devenues adultes à partir de l’an 2000. C’est le temps des Julien, Thomas, Nicolas, Maxime et Kevin chez les garçons (11 % des naissances) et des Aurélie, Céline, Émilie, Julie et Marie chez les filles (9 % des naissances). C’est pendant cette période qu’émergent certains prénoms comme Dylan pour les garçons ou Lilou pour les filles.

Enfin, la dernière génération est celle des Léa, Emma, Manon, Chloé et Jade pour les filles et Lucas, Louis, Hugo, Enzo, Nathan pour les garçons. Les prénoms de cette génération sont remplacés ces dernières années par Léo, Louise, Raphaël ou Alice.

Les modes passent

Au final, peu de prénoms résistent aux modes. Seuls 98 prénoms de garçons et 74 de filles ont toujours été donnés au moins une fois dans la région depuis 1946 sur un total d’environ 5 000 pour chaque sexe en 2020. Marie est le seul prénom féminin à figurer parmi les cent prénoms les plus donnés dans chacune des quatre générations. Pour les garçons, c’est le cas de Jean, Nicolas, Pierre, Antoine et de manière plus surprenante de William dont le rang varie de 88 à 96. Cependant, aucun de ces prénoms n’est resté dans les cent les plus donnés tous les ans depuis 1946. Marie et Jean, ceux qui résistent le mieux, sont beaucoup plus rares depuis 2010.

Source : Insee

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