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03-03-2023

Formation à l’autodéfense verbale : nouvelle arme

Mardi 21 février, à Le Quesnoy, six femmes du monde agricole sont venues découvrir l’autodéfense verbale. Proposée par l’association Contrepoing, cette journée a pour but de donner des outils de défense contre les comportements sexistes.

« J’aimerais avoir des techniques de communication qui me permettent de m’affirmer sans sortir de mes gonds », explique l’une des participantes à la formation d’autodéfense verbale. © Freepik

C’est la deuxième année consécutive qu’Initiatives Paysannes organisent cette formation d’autodéfense verbale. « C’était une demande du groupe femme de l’association, que les participantes avaient exprimée lors d’une de nos réunions en non-mixité », se souvient Yoanne Scottez, animatrice à l’association.

Car, si les membres du monde agricole sont solidaires, cela n’empêche pas des comportements et remarques inappropriés et/ou sexistes : « Il y a des soucis partout, mais je pense que ça peut être exacerbé dans le monde agricole, explique une participante. Du fait que c’est un métier physique et aussi à cause du modèle familial des fermes qui est aussi patriarcal. »

C’est Robin Anders, formatrice d’autodéfense féministe à l’association lilloise Contrepoing, qui est en charge de cette journée de formation à l’autodéfense verbale. « Le but est qu’elles ressortent de cette journée avec des outils qui leur conviennent », explique-t-elle. Des outils pour se défendre et contrer ces situations désagréables.

Hystérie et légitimité

Des outils de communication, c’est effectivement la première chose que sont venues chercher ces femmes, âgées de 21 à 47 ans, à cette formation. « J’aimerais avoir des techniques de communication qui me permettent de m’affirmer sans sortir de mes gonds et dépenser de l’énergie inutilement. Des outils qui me permettent de ne pas passer pour une hystérique… On l’entend souvent », déplore une participante.

Le mythe de la femme hystérique dès qu’elle hausse le ton est en fait principalement utilisé pour délégitimer sa colère, voire délégitimer sa place. D’ailleurs, comme le dit une participante, « quand il faut parler à nos voisins parce qu’il y a un problème, j’envoie mon compagnon car je sais que si c’est moi, ils me prendront moins au sérieux ».

Chacun ses armes

Pour Robin Anders, les problèmes rencontrés par ces femmes ne sont pas différents de ceux rencontrés par d’autres femmes dans d’autres milieux professionnels.

« Cela prend juste des formes différentes. Elles sont souvent la cible de préjugés. Par exemple, elles peuvent entendre des remarques comme  »si tu as tes règles, tu vas faire tourner le lait »,  »tu ne peux pas porter les cagettes car tu n’as pas assez de force »… Je ne pense pas que les hommes qui leur disent cela le pensent vraiment mais c’est simplement une manière de les rabaisser. Dans leur tête, l’argument biologique est irréfutable quelque part. »

Aussi, ces journées de formation prennent la forme de mise en situation et de jeux pour que l’ensemble reste ludique et bienveillant. « Je leur apprends notamment les techniques des trois phrases et de la gestion du stress avec la trousse de secours émotionnel. Mais l’essentiel est qu’elles repartent avec des idées, des outils… On peut utiliser l’humour, riposter. Se défendre cela s’apprend. Dans tous les cas, la meilleure méthode est celle avec laquelle on se sent le plus raccord et à l’aise. »

Bientôt des hommes ?

Certaines participantes ont déjà prévu de parler de ces enseignements autour d’elles, d’autres préfèrent ne pas raconter cette journée et la garder pour elles. En tout cas toutes sont d’accord pour dire que ces formations sont utiles. Certaines soulèvent même qu’une formation du type « pour les hommes » serait une bonne idée… 

Eglantine Puel

Lire aussi : Droits des femmes : Claire Quesnel en charge de la diffusion d’une culture de l’égalité

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Enseignement agricole

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