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Rev3. « Être les premiers sur le biométhane »

03-12-2019

Actualité

C’est tout frais

Au cœur de la troisième révolution industrielle, les projets de méthanisation sont de plus en plus nombreux dans les Hauts-de-France. Tour d’horizon avec le président de Rev3 et ancien ministre de l’Agriculture, Philippe Vasseur.

Philippe Vasseur terres et territoires
Ancien ministre de l’Agriculture, Philippe Vasseur pilote la mission Rev3 pour la région. Pour lui, le développement de la biométhanisation est sur la bonne voie. © DR

Rev3, c’est ce projet de troisième révolution industrielle qui veut faire des Hauts-de-France une région à la pointe en matière de transition énergétique et de technologies numériques. La méthanisation est l’un de ses volets de développement pour l’agriculture. Une activité qui séduit de plus en plus, selon Philippe Vasseur, président de la mission Rev3, alors qu’une journée Méta’Morphose a lieu le 4 décembre 2019 sur ce sujet à Amiens.

Six ans après sa création, quelles sont les ambitions de Rev3 en matière de méthanisation ?

Notre objectif est clair : faire des Hauts-de-France la première région de France, même peut-être d’Europe pour le biométhane injecté. La démarche de Rev3 en matière de méthanisation a été lancée avec des partenaires qui se sont mobilisés spontanément, comme GRDF, des industriels, la chambre d’agriculture, et d’autres.

Cela fonctionne plutôt bien si on se fie aux chiffres. Dix-huit installations seront créées d’ici à la fin de l’année. On table sur une quarantaine d’ici à fin 2020 et 80 pour 2021. Je parle ici de projets déjà engagés mais qui peuvent potentiellement être retardés pour diverses raisons. L’instruction de dossiers ou des discussions avec les populations, parfois réticentes, peuvent bloquer les projets. Mais globalement, l’idée fait son chemin.

Concrètement, comment est-on estampillé Rev3 ?

En travaillant avec GDRF par exemple, une société très impliquée dans la mission Rev3. Mais il n’y a pas de critères précis en soi. L’important est que le projet s’inscrive dans une démarche volontariste de transformation écologique ou numérique. Tout simplement.

En quoi la région est-elle une terre d’expérimentation propice à la méthanisation ?

Il y a des atouts tels que des densités de population et de réseaux importantes. On sentait le potentiel du territoire, on voyait bien qu’on pouvait y croire. La deuxième raison est qu’on est une grande région agricole, que beaucoup d’exploitants peuvent s’y retrouver en diversifiant leurs activités, pour générer un revenu complémentaire, en plus de produire de l’énergie verte.

Mais il nous appartient aussi d’être vigilants pour qu’il n’y ait pas des unités de méthanisation qui se cannibalisent. Le problème qui se poserait, c’est l’approvisionnement. Si vous avez des unités trop proches les unes des autres et que vous êtes obligés de faire venir la matière première depuis des kilomètres et des kilomètres, le système ne marche pas. C’est pourquoi on se coordonne pour une répartition à peu près équilibrée sur l’ensemble du territoire.

Rev3 communique également sur la création d’un technocentre. Pouvez-vous nous en dire plus ?

C’est un centre destiné à faire de la recherche et du développement (R&D) dans le biométhane, avec, aussi, un volet dédié à la formation. Ce centre sera accolé à une unité de méthanisation, située dans la région d’Arras. Un appel à projets a été lancé cette année et un projet sélectionné par le jury. La première pierre devrait normalement être posée en 2020 avec une mise en service d’ici à 2021 ou 2022 au plus tard.

De par votre fonction d’ancien ministre de l’Agriculture (1995-1997), comment analysez-vous l’évolution de ce secteur  ?

Il y a un potentiel important, aussi bien sur l’aspect économique, que sur l’occupation des sols et la préservation du paysage. J’ai gardé des contacts assez étroits avec le monde agricole, que j’ai vu se transformer sur des choses qui paraissaient inaccessibles il y a des années. Le niveau de formation des agriculteurs a augmenté, ils ont intégré des pratiques culturales plus modernes, font appel à la nouvelle technologie. Je dis souvent en rigolant que les gens caricaturent l’agriculteur avec son béret basque et sa baguette sous le coude, mais l’agriculteur a aujourd’hui de l’électronique embarqué sur son tracteur. Il travaille avec des drones. Le principal problème demeure : leurs produits doivent être payés à leur juste prix. La loi Egalim est un échec : elle n’a pas profité au monde agricole. Les pouvoirs publics et certains accords internationaux comme le Ceta ont aussi leur part de responsabilité dans les difficultés que traverse l’agriculture. 

Simon Henry

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