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Une ferme pédagogique pour personnes handicapées

10-02-2022

Actualité

Société

La Ferme aux paons, ferme pédagogique installée à Borre, à côté d’Hazebrouck, s’est spécialisée dans l’accueil des personnes handicapées. Derrière ce projet, un changement de vie.

Doriane Garin dans l’enclos à l’entrée de la Ferme aux paons, à Borre, entre le poney et Kiwi, l’âne qui adore les câlins. Derrière, au pied du pylône en béton, on distingue Pumpa, le cochon vietnamien. © H. V.

Pas de doute. Quand on arrive à la Ferme aux paons, à Borre, à côté d’Hazebrouck, on sait que l’on est parvenu à destination.

Ici, ce sont les volatiles qui accueillent les visiteurs. « Les paons étaient là quand nous avons racheté cet ancien corps de ferme, en octobre 2019, raconte Doriane Garin, la maîtresse des lieux. C’est à cause des paons qu’on a appelé notre ferme comme ça. Ils sont sauvages et vont se promener jusqu’au centre du village, un peu plus loin. Mais ils reviennent toujours nicher ici. »

Reconversion

Après que Christian, le mari, a connu un grave souci de santé, le couple décide de changer de vie, et de s’installer « à la campagne ». Leur choix se porte sur cette ancienne ferme avec sa cour carrée typique des Flandres. Ils décident de « rendre à ce lieu la vocation agricole qu’il avait perdue sous les anciens propriétaires ». Cette animatrice en pastorale à Tourcoing se lance alors dans le brevet professionnel agricole spécial ferme pédagogique.

Au fil de cette reconversion, d’autres animaux ont rejoint les cinq oiseaux transformant le lieu en une véritable arche de Noé. « Nous avons décidé d’accueillir les bêtes une par une pour prendre le temps de les domestiquer, de les habituer à l’homme et de les rendre le plus câlin possible. » Kiwi, un âne, l’une des rares acquisitions du couple, s’est installé avant d’être rejoint par deux chèvres, un poney, trois moutons, un cochon vietnamien, cinq oies, 18 poules, un dindon et des lapins. « La majorité des animaux que vous trouverez ici, nous ont été donnés », explique Doriane Garin, qui a, désormais, mis le holà : « On nous propose des bêtes tous les jours. Si on voulait, on pourrait devenir une sorte de SPA bis. Ce n’est pas notre projet. »

Tournés vers les autres

Car le projet de Doriane et de son mari ne consiste pas à accueillir toute la détresse animale du monde. Leur projet est tourné vers les humains. « Dans un rayon d’une heure en voiture, nous avons dénombré 23 établissements d’accueil de personnes en situation de handicap. C’est vers eux que nous nous tournons en priorité. Nous souhaitons nous positionner comme une parenthèse enchantée au contact de la nature et des animaux pour ce public spécifique. Ici, on peut toucher tous les animaux, sauf les volatiles qui ne se laissent pas approcher. C’est incroyable de constater avec quelle facilité et quel naturel tous les visiteurs font spontanément des câlins à Kiwi. »

Déjà des groupes accueillis

C’est dans cet esprit que Doriane Garin s’est rapprochée de la plateforme d’accompagnement et de répit pour les aidants de personnes en situation de handicap. Une structure portée par l’association Flandre Lys autonomie et les Papillons blancs d’Hazebrouck. « Notre objectif serait d’accueillir ici à la fois les personnes aidées et leurs aidants. Pour permettre à ces derniers de souffler un moment pendant que leurs proches sont pris en charge par des tierces personnes. » 

Depuis le début du mois de février, tous les vendredis, sept adultes en accueil de jour à l’EPSM (établissement public de santé mentale) d’Armentières viennent passer la matinée à la ferme, accompagnés par un éducateur. « Une semaine sur deux, ils s’occupent des animaux : ils les nourrissent et nettoient les boxes. La deuxième semaine est réservée à un temps de création manuelle. On va leur faire confectionner, par exemple, des Monsieur Patates en herbe. Mais nous n’avons pas de programme préétabli. Nous préférons nous adapter aux besoins. » D’autres font le déplacement juste pour pique-niquer dans le jardin, comme ce fut le cas pour un groupe de la Maison des enfants de Merville. Enfin, un potager, aménagé en plusieurs lopins de terre distincts pourrait être mis à disposition des écoles qui le souhaiteraient. 

Tous les premiers week-ends du mois, des journées portes ouvertes sont organisées, elles, à destination du grand public. Celle de février était articulée autour de la thématique des masques de carnaval, par exemple.

Des projets et des travaux

Si l’ensemble de la propriété s’étend sur 2,5 hectares, la ferme pédagogique n’en occupe que 1,5, le reste étant réservé à l’habitation familiale. Bien qu’elle accueille déjà des visiteurs, la Ferme aux paons n’en est qu’au début de sa métamorphose : « Nous avons déjà rénové la cour carrée de la ferme (25 000 euros) et la toiture de la grange. Une demande de subvention de 25 000 euros devait être examinée début février par la Région Hauts-de-France pour l’aménagement d’un chemin piéton entre la route d’accès à la ferme et l’étang creusé par l’ancien propriétaire. »

Doriane et Christian ont commencé l’aménagement de la petite salle d’activité de 10 places : « Nous adorons bricoler à deux », explique la maîtresse de maison. Les deux filles du couple apportent, elles aussi, leurs compétences. Il reste deux gros chantiers : l’installation du bloc sanitaire, avec douche pour personne à mobilité réduite, et l’aménagement de la grande salle d’activité dans la grange actuelle. Quand elle sera finie, les 35 personnes qu’elle accueillera se demanderont comment un blockhaus de la Seconde guerre mondiale a bien pu atterrir au milieu de la grange. Doriane leur racontera alors cette autre facette du lieu. 

Hervé Vaughan

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