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Stations météo : Comment fonctionnent-elles ?

11-05-2023

Actualité

C’est tout frais

La météo est une préoccupation quotidienne pour bon nombre d’entre nous. Beaucoup de Français possèdent leurs propres stations météo à l’image de Jacques. Ce retraité, passionné par la pluie et le beau temps, nous a expliqué comment elles fonctionnaient.

Un seau pluviométrique qui répond aux normes de l’Organisation mondiale de la météorologie. ©H. G.

Le soleil, les températures, la pluie ou encore la neige… La météo est un sujet qui passionne le grand public et est souvent au cœur des conversations. Et pour cause, le ciel influe sur de nombreux paramètres de nos vies : la manière dont on s’habille, les activités que l’on prévoit et même sur notre humeur. Pour d’autres, et notamment dans le monde agricole, elle est d’autant plus importante que le travail aux champs dépend fréquemment des conditions météorologiques.

Si Météo France possèdent des centaines de stations disséminées sur l’ensemble du territoire tricolore, de nombreux particuliers ont également leur propre station. « Météo France a des stations implantées au même endroit depuis des dizaines d’années, cela permet d’avoir une pérennité des informations et de se rendre compte de manière précise des évolutions du climat », explique Jacques, passionné de météo.

Les instruments de mesure

Pour cet habitant de la vallée de la Créquoise, près de Montreuil-sur-Mer (62), la météo a fait partie de son quotidien durant toute sa carrière professionnelle puisqu’il exerçait la profession d’hydrologue chez EDF. Aujourd’hui en retraite, Jacques consacre une partie de son temps libre à la météo.

Dans son jardin, le retraité a installé plusieurs appareils qui permettent d’évaluer le temps.

D’abord un anémomètre, un appareil qui mesure la vitesse du vent. « C’est une girouette avec des petites coupelles qui tournent grâce au vent. Plus elles tournent vite, plus le vent est fort », explique-t-il. À quelques centimètres de cet anémomètre, Jacques a installé un pluviomètre, l’instrument qui mesure la quantité de pluie tombée en un lieu et en un temps donné.

« La pluie est captée dans un cône et s’écoule alternativement dans deux augets à bascule. Lorsqu’il pleut, ils se remplissent puis basculent lorsqu’ils sont pleins. Chaque basculement représente 0,2 mm de pluie soit 0,2 litre/m2. Plus il pleut fort, plus ils basculent vite. Le pluviomètre permet de mesurer un cumul, l’intensité et la répartition dans le temps de la pluie. En enregistrant ces données de manière continue, cela permet d’avoir une description fine de la situation. » 

Ce pluviomètre, fonctionnant grâce à des panneaux solaires, est aussi doté d’un thermomètre et d’une sonde hygrométrique pour calculer l’humidité dans l’air.

Jacques a installé une station météo dans son jardin. Il dispose, notamment, d’un anémomètre pour mesurer la vitesse du vent et d’un pluviomètre pour mesurer la quantité de pluie. ©H. G.

Jacques possède également deux autres pluviomètres, plutôt « pour le fun », comme il le reconnaît.

« J’ai récupéré l’un d’eux, réformé, à mon travail. Le principe est le même, mais celui-ci a une plus grande surface de réception et permet des mesures plus précises. Il est surtout utilisé dans les zones montagneuses. L’autre est un seau pluviométrique qui répond aux normes de l’Organisation mondiale de la météorologie (OMM). Lorsque le seau se remplit, on verse l’eau qu’il contient dans une éprouvette graduée. C’est plus rustique mais également plus fiable. »

Et si les trois pluviomètres de Jacques ne sont espacés que de quelques mètres, il peut exister des différences allant de 5 à 10 % entre les résultats, « cela s’explique notamment par le vent et / ou un détarage des augets, qu’il faut alors recalibrer », justifie le passionné de météo.

Ce passionné de météo a également installé deux pluviomètres. ©H. G.

Une station (quasi) complète

Des résultats qui ont un intérêt pour les gens qui travaillent avec les sols et notamment les agriculteurs.

« Mesurer la pluviométrie permet de se rendre compte de l’importance ou non d’un épisode pluvieux, des données qui doivent être mises en perspective avec d’autres éléments. Une pluie de 10 millimètres en plein hiver n’aura pas les mêmes répercussions qu’au printemps. Pour un agriculteur qui doit semer, il est important de connaître l’état hydrique de son sol au préalable. »

Enfin, le jeune retraité possède aussi, dans sa station automatique, un capteur de pression atmosphérique qui permet d’anticiper les changements de temps, notamment l’arrivée des dépressions pluvieuses ou la persistance des situations anticycloniques.

Ce dernier a donc une station assez complète, même si « on pourrait ajouter l’ensoleillement aussi », précise-t-il. Du matériel que Jacques a acquis au fil des années, qui aujourd’hui nécessiterait un investissement d’environ 1 000 euros et qui ne demande qu’assez peu d’entretien.

Les données de ces appareils sont enregistrées toutes les 15 minutes et envoyées par télétransmission sur l’ordinateur de Jacques. Des résultats qu’il partage avec l’association Infoclimat*, qui se compose de plus de 1 700 adhérents et dont l’objectif est de rendre accessible les connaissances sur le sujet.

« Cela permet d’avoir une base de données ouverte à tous », confie-t-il, avant d’ajouter : « Et lorsqu’il y a un événement un peu exceptionnel, comme de grosses précipitations ou encore une vague de chaleur, je peux également mettre un message d’alerte relayé auprès de Météo-France. Cela permet de conforter les analyses grâce à une plus grande densité d’informations. S’il n’y a aucune obligation de résultat, je prends cela comme une petite responsabilité car mes informations ne doivent pas être erronées. » 

Hélène Graffeuille

Lire aussi : Rabah Hadjloum, un passionné de météo au service des autres

*Plus d’infos sur : http://www.infoclimat.fr/

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