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Fung feed va faire manger des insectes à vos animaux de compagnie

27-02-2020

Actualité

Hors-champ

Alors que la start-up Ynsect est en train de construire, en périphérie d’Amiens, ce qui deviendra la plus grande usine d’élevage à insectes au monde, d’autres entreprises se lancent sur le créneau des insectes. Dans les Hauts-de-France, c’est le cas de Fung feed.

À gauche, les croquettes, à droite les insectes ! © DR

Fung feed, c’est l’histoire d’un ingénieur devenu entrepreneur en quête de sens dans son travail. Un jour, Pierre Butruille prononce comme une boutade : « Je vais élever des insectes ». Cette phrase lancée en l’air n’est pas restée sans suite.

Pierre Butruille commence à faire des recherches, assiste à des conférences, rencontre des éleveurs, des personnes qui travaillent déjà dans ce milieu. Le projet se dessine. Il intègre l’incubateur d’Euratechnologies en mai 2018, puis lance son entreprise et son élevage d’insectes un an plus tard.

Nourris aux champignons « moches »

Ces larves de ténébrion meunier, il les élève à deux pas d’un élevage de champignons, la Ferme de la Gontière, à Comines (59). Un emplacement stratégique : Pierre Butruille récupère les champignons « moches », invendables, pour en nourrir, en complément de coproduits de céréales, ses insectes. Ces petites larves qui ne prennent pas de place sont goulues : en neuf à dix semaines, le temps qu’il leur faut pour arriver à maturité, elles mangent trois fois leur poids !

Champignons, coproduits de céréales… les larves sont gourmandes. © DR

« Tout de suite, j’ai exclu de produire pour l’alimentation humaine, car le marché n’est pas encore mûr et la législation en train de se construire », explique cet entrepreneur de 51 ans. Il choisit de se concentrer sur la production de larves pour l’alimentation animale.

Avec sa petite équipe, il étudie alors les marchés pour les poissons, les volailles, les porcs, les animaux de compagnie et même les reptiles. « Au fur et à mesure des salons que nous avons faits, on s’est recentré sur les chiens et les chats. On sent qu’il y a une attente. »

Fabrication des croquettes

Une fois maîtrisées les bases de l’élevage d’insectes, il se rapproche du centre technique agroalimentaire Adrianor, dans l’Arrageois, pour faire des expérimentations, puis de Sayens, à Dijon, pour développer la fabrication de croquettes. Cette nouvelle étape conclue, Pierre peaufine son process, dépose des brevets et se rapproche d’un fabricant, en Bretagne, pour la production des croquettes.

Il est désormais en phase de production. Depuis quelques jours, vous pouvez trouver son premier produit chez les vétérinaires : des croquettes pour chat hypoallergéniques, avec 40 % de protéines, provenant à 85 % d’insectes. Le tout, made in France.

L’équipe peaufine désormais une pâtée pour chat et une nouvelle gamme de croquettes, un peu moins protéinées et donc moins chers, qui seraient distribuées dans des magasins spécialisés.

Pierre Butruille, fondateur de Fung feed. © DR

« D’ici à la fin de l’année, on espère produire une tonne de larves par mois. Ce qui permettrait de réaliser 12 à 15 tonnes de croquettes par an. Et d’ici trois ans, multiplier ce chiffre par dix. On a développé le savoir-faire, le process. C’est aujourd’hui une question de moyens. »

Pierre Butruille

Pierre Butruille rêve de devenir le leader de la croquette et pâtée pour animaux de compagnie à base d’insectes en France. Il prépare une levée de fonds de 500 000 euros pour lui permettre de mener à bien ses projets. Il est aussi à la recherche d’investisseurs privés et de « business angels ».

Claire Duhar

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