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Des cormorans gênants parce qu’ils aiment trop le poisson

31-07-2019

Actualite

Hors-champ

La régulation des populations de cormorans autour des zones humides et des piscicultures fait débat alors qu’une consultation publique pour fixer des quotas de prélèvement est en cours.

D’ici quelques heures, la consultation publique concernant un projet d’arrêté fixant des quotas de tir pour les grands cormorans prendra fin.

Parmi les quelque 5 600 avis recueillis à la mi-journée du 31 juillet 2019, une large majorité s’exprime en faveur de la régulation de cet oiseau.

Redouté par les pêcheurs amateurs qui voient en lui un sérieux concurrent, il est également montré du doigt par les exploitants professionnels de piscicultures chez qui il vient se servir.

Dans le département des Deux-Sèvres, en novembre 2018, l’État a par exemple été condamné pour la première fois à indemniser un pisciculteur, en raison du préjudice causé par les cormorans.

Dans le Nord et le Pas-de-Calais, les fédérations pour la pêche et la protection du milieu aquatique ainsi que le syndicat des pisciculteurs et salmoniculteurs du Nord préfèrent rester discrets sur le sujet, sans donner suite à nos sollicitations.

Redouté par les pêcheurs amateurs qui voient en lui un précieux concurrent, le cormoran est également montré du doigt par les exploitants professionnels de piscicultures chez qui il vient se servir. © OrnaW/Pixabay

Une espèce protégée en France

S’il s’agit d’une espèce protégée en France, des dérogations peuvent être accordées pour permettre des tirs de régulation du cormoran.

Pour obtenir cette dérogation, il faut que « des dommages importants aux piscicultures en étang, ou la dégradation de la conservation des habitats naturels que ces dernières peuvent contribuer à entretenir » soient constatés ; ou que « les risques présentés par la prédation du grand cormoran pour les espèces de poissons protégées ainsi que pour celles pour lesquelles des indications suffisantes permettent d’établir que l’état de conservation de leur population est défavorable ».

Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, le grand cormoran est considéré comme
« Least Concern », autrement dit de préoccupation mineure en ce qui concerne ses effectifs.

À la suite des derniers recensements des populations hivernantes et nicheuses de grands cormorans – ils ont été réalisés en 2018 –, les populations sont d’ailleurs en augmentation en France.

Des quotas fixés pour trois ans

L’autorisation de réguler le cormoran est attribuée par le préfet de chaque département et fait l’objet de quotas pour une durée de trois ans depuis 2016.

Pour le département du Nord, le projet d’arrêté soumis à la consultation du public prévoit la possibilité de prélever 120 oiseaux par an en piscicultures et 30 oiseaux par an en eaux libres, sur la période 2019-2022.

Dans le Pas-de-Calais, seul le prélèvement de 70 oiseaux par an dans les piscicultures serait autorisé, sur la même période.

« Un désastre pour la biodiversité des étangs et des eaux libres »

Sans doute par solidarité avec les pêcheurs et parce que les cormorans sont souvent accusés de vider certains étangs de chasse de leurs poissons, la fédération nationale des chasseurs (FNC) appelle elle aussi les chasseurs à participer à la consultation publique : « Ces oiseaux, de plus en plus nombreux, sont un véritable désastre pour la biodiversité des étangs et des eaux libres, avec un impact économiquement catastrophique pour la filière piscicole », écrit la FNC.

Cette dernière demande par ailleurs que « les chasseurs soient tous autorisés à tirer les cormorans dans les limites fixées par les quotas départementaux, sur toutes les zones humides ».

Si les pisciculteurs, propriétaires d’étangs, pêcheurs et chasseurs se rangent derrière la possibilité de réguler le cormoran, le Conseil national de la protection de la nature composé de scientifiques s’est prononcé contre le projet d’arrêté lors de sa séance du 19 juin 2019.

La consultation du public sur le projet d’arrêté est ouverte quant à elle jusqu’au 31 juillet, minuit et accessible depuis le site du ministère de la Transition écologique et solidaire, rubrique « consultations publiques ».

Vincent Fermon

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Publiée par Terres et Territoires sur Jeudi 31 octobre 2019