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Nuisibles : Les captures de rats musqués en baisse

18-07-2022

Actualité

Environnement

Dans la lutte contre les rongeurs aquatiques envahissants, la Fredon Hauts-de-France note une diminution du nombre de rats musqués capturés, tandis que les ragondins colonisent le Nord.

Les captures de rats musqués diminuent régulièrement depuis 2015 dans le Nord et le Pas-de-Calais. © D. R.

Près d’une quarantaine de personnes se sont retrouvées le 11 juillet dans les bureaux de la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon) Hauts-de-France pour la réunion annuelle de bilan de la lutte contre les rongeurs aquatiques envahissants. 

Margot Degezelle, responsable préservation du patrimoine naturel de la Fredon Hauts-de-France, note une « diminution globale des captures de rats musqués depuis 2015. » On en recense 48 184 en 2021, contre plus de 109 000 en 2015 soit une baisse de 55,8 %. La population de rats musqués reste donc très importante dans le Nord et le Pas-de-Calais, tandis que les ragondins gagnent du terrain.

Le ragondin envahit le Nord

Le Nord compte 241 captures de ragondin en 2021, soit une augmentation de 282,5 % entre 2015 et 2021. Le rongeur colonise le département par l’Avesnois, le Cambrésis et la Flandre intérieure.

De plus, quelques castors ont été aperçus dans les régions de Lille et Valenciennes, originaires du versant sud de la région Hauts-de-France. Cette espèce protégée impacte indirectement le piégeage, la réglementation changeant lorsque sa présence est confirmée.

Aucune capture de ragondin n’a été déclarée dans le Pas-de-Calais mais la prudence reste de mise.

Moins de piégeurs

La tendance à la baisse de captures de rats musqués en 2021 se justifie par plusieurs facteurs, « des suppositions », précise Margot Degezelle.

La population de rats musqués serait moins nombreuse : la sécheresse, en asséchant mares et fossés, limite leur reproduction.

Parallèlement, cet effet peut être compensé par des hivers moins froids, le gel ayant un effet sur la mortalité naturelle des rongeurs. « C’est toute la complexité », reprend Margot Degezelle.

Potentiellement, l’arrivée du ragondin semble diminuer la présence du rat musqué, comme cela a été constaté dans la Somme.

L’autre argument est la baisse du nombre de piégeurs. Confinement, limite de déplacements, moins de formations, de réunions : le Covid a ainsi impacté le piégeage en diminuant le nombre de piégeurs. La pyramide d’âge des piégeurs et le non-renouvellement des générations sont également en cause. « Le bénévolat se perd », regrette l’un des participants à la réunion. Dans le Pas-de-Calais, la diminution du nombre de piégeurs atteint 20 % entre 2020 et 2021.

Par ailleurs, un piégeur – qui capturait près de 300 rongeurs par an – a contracté la leptospirose et mis fin à son activité, ce qui a eu comme autre conséquence d’inquiéter les autres piégeurs. L’occasion d’évoquer cette maladie bactérienne, dont « la vaccination n’est pas nécessairement encouragée vu les nombreuses souches qui existent », remarque Odile Muchembled, directrice générale de la Fredon Hauts-de-France. Les gants – surtout en cas de blessures ou coupures, véritables portes d’entrée de cette maladie – permettent en revanche aux piégeurs de se protéger.

Enfin, certains territoires ne sont pas comptabilisés dans les chiffres alors qu’ils l’étaient par le passé.

Coordonner la lutte

Dans la lutte contre ces espèces envahissantes, la Fredon accompagne, coordonne et suit les captures. Le conseil régional et la Draaf soutiennent cette lutte contre les rats musqués depuis 2016.

Les gdon – groupements de défense contre les organismes nuisibles – et leurs partenaires mettent en place des actions pour inciter au piégeage : formations, distribution de pièges, de primes à la capture, d’équipements, récompense du meilleur piégeur, organisation de réunions d’échanges entre piégeurs.

La région Hauts-de-France a demandé de cartographier les pièges et d’étendre la coordination de la lutte contre ces espèces envahissantes sur l’ensemble de son territoire. En 2022, un premier territoire de l’Aisne va intégrer le programme, qui ne concernait pour l’instant que le Nord et le Pas-de-Calais. 

Louise Tesse

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