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Textile. Pain d’Alouette, en mode écologique

06-06-2019

Actualité

Hors-champ

Romane Lenglin, 25 ans, propose des accessoires pour bébés « made in Hauts-de-France ». Son credo : tissus biologiques, teinture végétale à base de légumes locaux ou de plantes et couture à la main.

pain d'alouette
© DR

Pain d’alouette. Cette drôle d’appellation vous parle-t-elle ? « C’était un morceau de pain que les mineurs gardaient sur eux au fond de la mine et qu’ils rapportaient le soir à leurs enfants, symbole du retour à la maison, souligne Romane Lenglin. Mon grand-père m’a raconté cette anecdote en évoquant ses souvenirs d’enfance. »

C’est donc naturellement que cette jeune créatrice de la Pévèle a donné ce doux nom à sa microentreprise. Un hommage, tout en cohérence, pour une marque d’accessoires dédiés aux enfants…

Des débuts remarqués

Créée en mai 2018, la start-up de Romane Lenglin a tout juste un an mais résulte d’un long cheminement personnel et professionnel. Diplômée de l’Esmod de Roubaix (59), école internationale formant aux métiers de la mode, puis de l’Iscom* de Lille (59), la Nordiste a l’idée de lancer une marque « respectueuse de l’environnement » alors qu’elle est encore étudiante.
« Avec mon frère Arthur, nous nous sommes intéressés à la teinture végétale et avons élaboré un petit atelier artisanal pour réaliser nos premiers vêtements », évoque Romane Lenglin. Les créations font mouche ! « Nous avons remporté le tremplin Lille design 2017 (concours de designers), ce qui nous a permis d’être approchés par Innotex, un incubateur d’entreprises dans le domaine du textile basé à Tourcoing (59) », poursuit-elle.

Durant 18 mois, les entrepreneurs en herbe ont bénéficié d’un accompagnement budgétaire et technique pour développer leur projet. À sa sortie de l’accélérateur Tourquennois – et avec quelques fonds propres –, Romane Lenglin lance officiellement Pain d’alouette, pendant que son frère prolonge ses recherches sur les teintures écologiques.

Colorer à la pelure d’oignons

Bavoirs, pochettes, capes de bain, sacs, plaids mais aussi les fameux « doudous »… Romane Lenglin conçoit un panel d’accessoires pour le premier âge (jusqu’à deux ans). « Je dessine les collections et choisis les tissus (100 % bio) avant de faire des tests puis de passer à la production », explique-t-elle. Pour la teinture, la créatrice n’utilise que des végétaux. Elle s’approvisionne dans la nature et même à la ferme !

« Il existe une quantité infinie de plantes pour colorer. Les feuilles, les écorces de bouleaux ou de châtaigniers sont très intéressantes. Je me fournis auprès de paysagistes. Je récupère aussi des pelures d’oignons dans une exploitation agricole de Coutiches (59). Ça fait de belles couleurs. »

La teinte consiste à plonger les tissus dans des bacs remplis du mélange. « C’est de la cuisine ! », résume la gérante. Cette dernière joue la carte de la solidarité pour l’étape de la couture. Les assemblages sont confectionnés par l’Ésat d’Isbergues (62) et au sein d’un atelier d’insertion à Calais (62).

Se professionnaliser

La marque Pain d’alouette est vendue dans quelques boutiques de la région. À Douai (chez Jules et Margot), à Villeneuve-d’Ascq (Saveurs et saisons) et à Lomme (Ethics). Il est aussi possible de passer commande en ligne (paindalouette.com). « Les ventes se passent plutôt bien pour le moment, sourit Romane Lenglin. J’ai quelques gammes en rupture de stock actuellement alors je vais passer à une phase de création plus importante. » Son rêve est désormais de vivre de sa passion.

Pour y parvenir, celle qui travaille pour l’heure dans l’immobilier, espère prochainement dégoter un stand dans un salon de mode parisien, au Who’s next ou Playtime. « Le but est de se faire connaître mais surtout de rencontrer acheteurs et revendeurs. Je veux me professionnaliser. » En attendant, la fondatrice de Pain d’alouette continue de développer ses produits et va composer une gamme destinée aux parents (cousins, pochette, petits cadeaux de naissance…). Du pain sur la planche donc !

Simon Playoult

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