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Artois : Raphaël Joly plante sa pépinière bio de tout bois

11-01-2024

Actualité

C’est tout frais

L’installation d’un pépiniériste est un évènement rare dans le Nord et le Pas-de-Calais. Encore plus sous le macaron agriculture biologique. Attaché aux variétés d’arbres locales et anciennes, Raphaël Joly vient d’ouvrir la Pépinière fruitière de l’Artois à Warlincourt-les-Pas.

Raphaël Joly est passé du travail du bois au bois tout court. © S. P.

Attaché aux variétés d’arbres locales et anciennes, Raphaël Joly vient d’ouvrir la Pépinière fruitière de l’Artois à Warlincourt-les-Pas. L’installation d’un pépiniériste est un évènement rare dans le Nord et le Pas-de-Calais. Encore plus sous le macaron agriculture biologique.

Cabarette, verdin d’hiver, panneterie, cornélie, cognassiers… Ces appellations vous disent peut-être quelque chose. Elles font partie des quelque 120 variétés que cultive et soigne Raphaël Joly au sein de sa pépinière bio, nichée dans le hameau de La Bellevue, dans le sud de l’Artois, à Warlincourt-les-Pas (62).

Ouvert au public depuis décembre, le lieu abrite des arbres en tout genre que ce passionné bichonne et commercialise dans les Hauts-de-France.

Transmission de savoir-faire

Rien ne prédestinait Raphaël Joly à devenir pépiniériste. Si ce n’est le goût du bois. Artisan d’art de métier, il baigne dans la sève et les copeaux au quotidien. À force de restaurer le produit fini ou brut en ébénisterie, il s’intéresse petit à petit au produit sous sa forme primaire. « C’est une rencontre avec un pépiniériste de Bourlon (62), Christian Delsert, qui a tout changé pour moi, indique l’agriculteur. Je me suis formé à ses côtés durant plusieurs mois, il m’a transmis son savoir-faire et enseigné les rouages de cette profession. »

Pour pouvoir s’installer et créer son entreprise, Raphaël Joly reprend les études et obtient son Brevet professionnel de responsable d’entreprise agricole (BPREA). Un diplôme qu’il passe à Angers. « Il n’y a pas d’écoles qui forment les pépiniéristes en France car c’est un domaine d’activité en déclin depuis les années 90 et la fermeture de grandes pépinières, notamment dans notre région, donc difficile de susciter des vocations, explique-t-il. C’est, en plus, un métier dur, peu mécanisable et qui pâtit de la concurrence étrangère. Nous sommes constamment à l’extérieur, à manipuler des outils, la terre et les plantations. Chaque saison concentre son lot de travaux à réaliser et demande beaucoup d’attentions face aux aléas (surplus d’eau, pression des insectes, sécheresse, coups de froid…). Je nous compare un peu aux marins-pêcheurs qui bravent la mer par tous les temps. »

Des conditions de travail et un contexte particulier qui ne découragent pas notre amoureux des arbres, au contraire. En 2020, Raphaël Joly plante ses premiers arbustes sur sa propriété de cinq hectares. La Pépinière fruitière de l’Artois voit également le jour en tant que société mais reste sous les radars le temps que les plantations poussent. Fin 2023, le producteur dévoile officiellement son enseigne côté rue et accueille les clients côté champs.

Le Warlincourtois fournit des agriculteurs qui possèdent un verger ou soucieux de recréer des aires ombragées dans des pâtures, des particuliers mais aussi des communes qui souhaitent réimplanter des fruitiers sur leur territoire.

Bourgeonnement d’idées

La pépinière est spécialisée dans la production d’arbres fruitiers cultivés en pleine terre et commercialisés en racines nues. Ils sont produits sur un sol argileux et limoneux. « Je propose des variétés adaptées à la région en formes basses et en hautes-tiges en axe vertical. Cela permet une forme plus naturelle, une structure de l’arbre plus solide et une mise à fruits plus rapide, souligne Raphaël Joly. Les hautes-tiges grandissent de manière traditionnelle, sans tuteur, ce qui assure des tiges plus robustes. Les greffes en tête sont réalisées en incrustation, ce qui permet aussi une cicatrisation plus hâtive. »

En cette période d’hiver, le quadragénaire profite de l’absence de feuilles sur les arbres pour vérifier la santé de ceux-ci, mais aussi pour procéder à quelques élagages. Il s’agit de leur donner une « bonne forme » avant l’arrivée du printemps.

La Pépinière de l’Artois en trois dates

2020. Raphaël Joly plante ses premiers arbres sur sa propriété située dans l’Artois, à La Bellevue.

Fin 2023. Le quadragénaire commence à vendre les fruits de sa production aux premiers clients.

2024. Le producteur lance véritablement son activité et passe de premiers contrats avec des particuliers ou des communes de la région.

Un lieu de biodiversité

Suivant les principes de l’agriculture biologique, la pépinière se veut être un lieu de biodiversité à travers la plantation de nombreuses haies, de jachères fleuries et d’herbages permanents. Un environnement immédiat qui a pour but d’attirer une variété d’insectes auxiliaires permettant une bonne gestion des ravageurs.

Raphaël Joly est sous convention d’accompagnement avec le Centre régional des ressources génétiques (CRRG) des Hauts-de-France. « Je travaille en liens étroits avec le verger conservatoire* dans le cadre de la préservation de variétés locales et anciennes, assure-t-il. Il représente une banque de greffons importante pour le maintien des espèces du territoire. Il me paraît essentiel de valoriser leur travail. » Ainsi, à la pépinière, on peut retrouver des variétés typiques du Nord et du Pas-de-Calais comme la Reinette de Flandre (pommes à couteau), la poire à cuire grise de Wierre-au-Bois, la sanguine de Wismes (prunes), la cerise blanche de Wavrans-sur-l’Aa, la griotte précoce de Samer ou encore le gros bigarreau d’Éperlecques. Autant d’arbres à découvrir ou redécouvrir et disponibles en vente directe dans ce petit écrin verdoyant des campagnes de l’Artois. 

Simon Playoult

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