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Pépinière : Le coin de paradis de Pierre Lefebvre et de ses plantes

10-03-2022

Actualité

Terre à terre

Pierre Lefebvre s’est installé en début d’année à la pépinière Cambium de Sainghin-en-Weppes. Dans la continuité de son prédécesseur, il souhaite créer un espace écologique basé sur le principe de la permaculture où la biodiversité règne. Rencontre avec un passionné.

Pierre Lefebvre © LD

Il existe un endroit dans les Weppes où la nature est luxuriante et fleurie tout le long de l’année. Pour le trouver il faut s’aventurer dans un petit chemin de cailloux derrière la ville de Sainghin-en-Weppes (59). Là se trouve la pépinière de Pierre Lefebvre, qui s’est récemment installé.

À l’abri des haies, ce coin de nature accueille les arbres et arbustes d’ornement. Un choix de 250 variétés est proposé pour répondre aux besoins d’un jardin agrémenté : type de floraison, feuillages différents, écorce de plusieurs couleurs et plusieurs types de fruits… Bref, il y en a pour tous les goûts. Mais pas assez pour ce paysagiste reconverti en horticulteur. « J’aimerais proposer une gamme de 500 variétés différentes. »

Même longueur d’onde

Après avoir travaillé dans des pépinières pendant six ans en achat-revente, dans le commerce ou encore dans la gestion des serres, il saisit l’opportunité de s’installer en 2021. Chose assez rare dans le milieu car les pépinières, ça ne court pas les rues. « J’ai eu de la chance d’avoir cette opportunité, reconnaît Pierre Lefebvre qui a toujours eu dans la tête l’envie de travailler à son propre compte. C’est en me rendant à la chambre d’agriculture pour commencer les démarches d’installation que l’on m’a parlé de la pépinière de Pierre Leclercq qui était en fin de carrière. »

En reprenant une société déjà existante, Pierre Lefebvre dispose ainsi du stock et peut démarrer son activité rapidement. 

Les deux Pierre se rencontrent quelque temps plus tard et le courant passe tout de suite. « Nous avions la même approche du métier, poursuit-il. Pour moi, un pépiniériste doit produire des plants de qualité qui sont adaptés au terroir et qui vont reprendre facilement. » Outre cette vision, Pierre Leclercq avait depuis quelques années revu sa manière de produire en s’approchant de la permaculture. « Ça tombait bien, puisque c’était dans mon état d’esprit, reconnaît Pierre Lefebvre. Je vais donc perpétuer ce qu’a mis en place mon prédécesseur en continuant de produire des plants en pleine terre et en évitant le travail du sol, les traitements, les arrosages et les apports d’engrais. Je veux capitaliser sur mon sol. »

Le temps fait la qualité du sujet

Quand la plante pousse à même le sol et qu’elle n’est pas forcée grâce aux variations de températures, de lumière et aux apports d’eau, elle pousse certes moins rapidement mais devient plus robuste. « Il faudra une saison supplémentaire pour que le sujet soit à maturité, estime-t-il. Les racines vont se développer dans le bon sens et la reprise sera garantie à 100 %. »

Pour éviter que les arbustes ne s’installent trop, Pierre Lefebvre cerne les plantes chaque année. C’est-à-dire qu’il stoppe le développement racinaire des plantes en bêchant autour de l’arbuste et en le taillant régulièrement. Le sujet devient alors plus facilement transportable.

En plus de cela, le jeune pépiniériste s’est lancé dans la conversion de sa parcelle en agriculture biologique. « Cela permet de valoriser mon travail, qui est très spécifique aux yeux des clients peu connaisseurs de ma démarche », ajoute-t-il.

C’est aussi ce côté commercial qu’il veut remettre au goût du jour : Instagram, Facebook, mais aussi l’aménagement de la pépinière. « Je vais essayer de créer une vitrine afin de proposer des suggestions aux clients et de montrer mon savoir-faire. »

Conserver la biodiversité

Le jeune chef d’entreprise souhaite également élargir sa clientèle, composée principalement, pour le moment, de particuliers. Ils sont, pour la plupart, très demandeurs de conseils sur les créations de jardin.

« Pour pouvoir vendre à des collectivités ou des communes, il me faut du volume et pour le moment je n’en n’ai pas. Il faut aussi que je puisse proposer une gamme de variétés car il ne suffit pas de planter des arbres, il faut conserver la biodiversité. » Alors il va falloir recultiver une partie des surfaces laissées en jachère par son prédécesseur et optimiser la parcelle de 1,6 hectare qu’il a reprise. Mais une chose est sûre pour Pierre Lefebvre, « ici c’est de la production. En aucun cas, je ferai de l’achat-revente ou du forçage. » Pour le moment, la nature se réveille et Pierre Lefebvre a du pain sur la planche.  

Lucie DEBUIRE

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