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10-07-2020

Actualité

Machinisme

Pour protéger la biodiversité dans les parcelles, certains agriculteurs s’équipent d’une barre d’effarouchement devant leur faucheuse. C’est le cas de la Cuma de la vallée de la Trouille (59) qui profite des mises à disposition
de ces équipements par la Fédération de chasse du Nord.

La barre d’effarouchement attelée à l’avant du tracteur permet de faire du bruit ou de toucher l’animal pour le forcer à s’enfuir. © DR

La récolte du foin est un moment charnière pour la faune sauvage.

La période où l’herbe est fauchée correspond souvent à celle de l’éclosion des œufs de faisans ou de perdreaux, mais aussi à la naissance de lièvres ou de lapins.

« Nous voulons éviter la casse au moment de la reproduction de la faune sauvage, explique Joël Deswarte, président de la Fédération de chasse du Nord. Pour cela, nous avons mis à disposition des agriculteurs du Nord sept barres d’effarouchement. »

L’objectif de cette barre attelée à l’avant du tracteur est d’éloigner la faune sauvage du tracteur et des outils qui pourraient lui être fatals.

« En proposant aux agriculteurs d’utiliser ce type de barre, notre objectif est de démocratiser la technique, ajoute le président. D’autant plus dans les zones d’élevage. Nous travaillons avec le monde agricole. Et nous ne pouvons pas demander à un agriculteur de préserver la biodiversité si nous ne lui en donnons pas les moyens. »

La fédération de chasse du Nord a donc signé des contrats de mise à disposition avec quelques Cuma (coopératives d’utilisation de matériel agricole) du département. La Cuma de la vallée de la Trouille et la Cuma du Pévèle en font partie.

Efficacité prouvée

Jean-Christophe Rufin, éleveur à Mairieux (59), fait partie de la trentaine d’agriculteurs adhérents à la Cuma de la vallée de la Trouille qui utilise pour la première fois une barre d’effarouchement.

« En travaillant avec la barre au moment de la récolte des foins, j’ai constaté que l’outil faisait bien fuir le petit gibier. Il faut apprendre à l’utiliser. Par exemple, dans la luzerne, si je ne remonte pas assez la barre, les feuilles sont arrachées par les peignes. Mais peut-être qu’à cette hauteur-là, l’effarouchement n’est plus efficace. J’ai aussi remarqué que le moment où la barre est le plus efficace est le matin. »

La mise à disposition semble être le modèle à retenir. Jean-Christophe Rufin n’est pas sûr de vouloir investir dans ce type d’outil. « Le retour sur l’investissement n’est pas immédiat et est très long. J’ai d’autres priorités d’investissement. »

Un des principaux objectif est aussi d’éviter les risques sanitaires liés à la fauche de gibier. S’il n’est pas détecté, l’animal récupéré par mégarde peut être vecteur de botulisme, maladie grave liée à une mauvaise conservation des aliments.

Agriculteurs et chasseurs ont donc tous intérêt à protéger la biodiversité.

« Nous travaillons avec la faune sauvage, nous sommes sensibles à notre environnement, nous avons tout intérêt à le protéger », déclare l’éleveur qui n’est pas chasseur.

Des chaînes pour faire du bruit

Les barres d’effarouchement que s’est procurées la Fédération des chasseurs sont fabriquées à Wavrin (59) dans les Weppes. Elles peuvent être d’une largeur de 6,3 mètres de large avec un bras supplémentaire, en option, de 2 mètres.

Les éléments pour faire fuir le gibier sont adaptables. Il existe des chaînes montées à l’aide de maillons qui, avec le bruit, feront fuir les animaux. L’autre technique consiste à déranger les animaux en les touchant grâce à des ressorts.

Les deux systèmes peuvent être installés sur une même barre.

« La barre peut être utilisée au moment de la récolte de l’herbe, mais aussi lors de la préparation du sol ou de broyage, explique Damien Brebion, responsable du projet à la Fédération de chasse du Nord. Notre région est précurseur sur ce type de solution. En disposant d’une trentaine de barres d’effarouchement toutes à disposition des agriculteurs du territoire, nous devons promouvoir cette technique autour de nous. »

Lucie Debuire

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