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26-10-2020

Bien-être équin : le box individuel pose question 

90 % des chevaux vivent aujourd’hui en box individuels, durant la majeure partie de la journée. Alors que le bien-être animal est au cÅ“ur des préoccupations sociétales, ce mode d’hébergement pourrait un jour évoluer. 

cheval terres et territoires
« Le pâturage en groupe améliore le bien-être des chevaux« , estime Alice Ruet. © DR

« Il faut envisager de modifier profondément et durablement les conditions de vie actuelles du cheval en box individuel », pour contribuer à son bien-être. C’est l’une des conclusions de l’étude réalisée par Alice Ruet, ingénieure agronome, dans le cadre de sa thèse de doctorat.

L’ingénieure a étudié 250 chevaux. Elle présentait ses résultats au cours d’une conférence virtuelle de l’IFCE (Institut français du cheval et de l’équitation) au début du mois d’octobre 2020.

Un mode d’hébergement qui engendre des restrictions

La majorité des chevaux vivent aujourd’hui en box individuels. C’est le cas pour environ 90 % d’entre eux. Ils y restent la majeure partie de la journée (plus de 16 heures par jour). Or, « ce système engendre un certain nombre de restrictions, estime Alice Ruet. Sociales, car les chevaux ne peuvent pas interagir complètement avec leurs congénères. Mais aussi spatiales et alimentaires ».

Dans les conditions de vie naturelles, « les animaux vivent en groupe, où il existe des relations sociales complexes, et l’alimentation représente la principale activité des animaux, tout comme les déplacements. »

Quatre indicateurs

Afin de savoir si l’état de bien-être des chevaux est altéré dans un box individuel, Alice Ruet a tenté d’évaluer leur bien-être (ou plutôt leur éventuel mal-être) à l’aide de quatre indicateurs comportementaux :
– les stéréotypies (comportements anormaux et répétitifs),
– l’agressivité envers les humains,
– l’insensibilité à l’environnement,
– l’hypervigilance.

Elle a remarqué que l’aménagement du box et des pratiques (tels que l’ajout d’une fenêtre sur l’extérieur, l’augmentation du nombre de repas ou encore de l’activité physique) n’avait que très peu d’effets sur les indicateurs comportementaux. « Ces aménagements seraient insuffisants pour préserver le bien-être des chevaux en box individuel », souligne-t-elle.

Lire notre grand format sur la filière équine des Hauts-de-France à l’heure de la crise sanitaire : Le Covid-19, véritable course d’obstacles pour la filière cheval

Pâturage en groupe

Les chevaux observés ont alors été mis au pâturage temporaire, en groupe. « Dès les premiers jours, nous avons pu observer une diminution des stéréotypies, de l’agressivité envers les humains et de l’hypervigilance, assure Alice Ruet. En parallèle nous avons vu une augmentation des comportements naturels tels que les interactions sociales. »

« Nous avons observé que les chevaux agressifs au box avaient une façon particulière de se déplacer au galop. Cela interroge sur la santé et la longévité du cheval mais aussi sur l’intégrité du cavalier. »

Alice Ruet

« Le pâturage en groupe améliore le bien-être des chevaux, mais pour que ce soit bénéfique à l’ensemble des chevaux, il semble que certains aient besoin d’une période d’adaptation de 20 jours minimum. » Le retour en box a, en outre, été perçu de manière très négative par tous les chevaux. De plus, les bénéfices du pâturage ne perdurent pas dans le temps. Lors de ses observations, Alice Ruet a également constaté qu’il y avait une relation entre le bien-être du cheval et son comportement pendant l’équitation : « Nous avons observé que les chevaux agressifs au box avaient une façon particulière de se déplacer au galop, explique-t-elle. Cela interroge sur la santé et la longévité du cheval mais aussi sur l’intégrité du cavalier. »

Pistes d’adaptation

Pour préserver au maximum le bien-être du cheval en box, parce qu’une évolution des modes d’hébergement ne pourra se faire que progressivement, Alice Ruet identifie plusieurs pistes. Parmi les axes de modification à envisager, elle cite les pratiques alimentaires (maximiser les fourrages), l’environnement social (maximiser les contacts sociaux), l’environnement physique (fournir des éléments de confort) et enfin la qualité de la relation avec l’humain.

Laura Béheulière

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