Votre météo par ville

Protéines végétales : Quand l’amitié donne des graines

03-02-2022

Actualité

Culture

Cinq amis se sont retrouvés après leurs études pour se lancer dans la production de protéines végétales. Leur objectif : découvrir de nouvelles cultures, mais aussi communiquer sur le métier grâce à leurs produits. Graines en Nord, une gamme de neuf variétés, s’installe petit à petit dans les commerces de la région.

De gauche à droite : Hélène Gosse de Gorre, Eléonore Cannesson et Martin Gosse de Gorre © L.D

C’est avant tout une belle amitié qui lie cinq aventuriers : Hélène et Martin Gosse de Gorre, Simon Prin et Eléonore et François Cannesson. Une amitié qu’ils ont décidé de pimenter de graines. L’idée a germé lorsqu’ils se sont installés dans leurs exploitations familiales respectives, voisines les unes des autres. “Nous avions envie de travailler ensemble“, se souvient Martin Gosse de Gorre, agriculteur à Ostreville (62).

C’était en 2017. On parle alors de plus en plus des protéines végétales. Quelques soirées plus tard, le projet est ficelé. Il s’appellera Graines en Nord. “Nous voulions produire des protéines végétales alimentaires en cultivant des espèces qui peuvent se passer de produits phytos, nous nous sommes dirigés vers des légumineuses, explique Hélène. L’autre aspect de notre projet est basé sur la commercialisation et la communication.

En phase de test

En 2020, les premiers essais ont lieu avec 2,5 hectares de lentilles vertes, noires et de pois jaunes. “Nous avons réparti les risques entre nous, en semant dans les trois exploitations. Le résultat a été au-delà de nos espérances, se souvient Éléonore Cannesson. Avec la canicule, nous avons récolté les grains secs et en grande quantité.

Après cet essai concluant, les cinq agriculteurs se lancent en 2021 dans une diversification des espèces. Environ 18 hectares, toujours sur les trois exploitations, sont semés. Haricots rouges, pois verts, courges, quinoa, sarrasin et chanvre viennent compléter les premières variétés testées. Il est prévu, pour les deux derniers, de les transformer en farine et en huile.

Mais les années se suivent et ne se ressemblent pas. 2021 a été catastrophique, l’humidité estivale a eu raison des rendements. “Ça n’a pas été rentable, reconnaît Martin Gosse de Gorre. Nous n’avons pas encore assez de recul mais nous allons poursuivre nos essais.

Pour cela, le groupe fait partie d’une Cuma. “On veut que notre projet soit rentable le plus rapidement possible, on essaye donc de limiter nos investissements, précise Hélène Gosse de Gorre. Car ces cultures, atypiques, demandent parfois beaucoup de matériel spécifique.” Le but de ce projet, même s’il reste artisanal, est de diversifier et pérenniser les exploitations. 

Peu d’offres régionales

Le séchage et le tri des graines restent une étape clé. “C’est le seul point qu’on ne maîtrise pas, précise Martin Gosse de Gorre. Nous n’avons aucune expertise sur le sujet et on ne connaît pas la perte. Elle très aléatoire selon la qualité des grains et l’espèce.” Pour perfectionner ce tri, le groupe utilise un trieur optique en prestation de services.

Une fois cette étape réalisée, place au conditionnement en sacs de 500 grammes ou d’un kilo et à leur commercialisation. “Nous vendons nos graines dans les épiceries du Ternois, les magasins de producteurs, et à des cantines, explique Hélène Gosse de Gorre. Nous nous attachons à vendre dans un périmètre proche de nos exploitations et à ne pas venir concurrencer d’autres producteurs.

Communiquer sur son métier

En étoffant leur gamme, les cinq amis cherchent à être plus visibles. Ils ont aussi à cœur de communiquer sur leur métier. “Via nos produits et les animations que nous réalisons lors de foires ou dans les magasins, on remarque que de nombreuses personnes sont interpellées par nos produits, fait remarquer Éléonore. Soit c’est le local qui interroge, soit ce sont les graines, soit les recettes qui accompagnent nos paquets. Cette année, les champs de courges ont questionné beaucoup de promeneurs. C’est souvent le point d’entrée d’une discussion.”

Avec la mauvaise récolte, les volumes manquent un peu pour commercialiser davantage de produits. “Nous passons beaucoup de temps sur ce projet. Il n’est pas rentable pour le moment, mais il nous permet aussi de nous retrouver, avoue Hélène Gosse de Gorre. Nous voudrions pérenniser cette activité tant qu’elle continue à nous plaire. Tant qu’il y a l’amitié entre nous, nous continuerons. S’il n’y a plus ça, le projet n’aura peut-être plus de raison d’être.

Graines en Nord en 3 dates :

2016-2017 : Installation des cinq agriculteurs et agricultrices sur leurs exploitations familiales respectives

2020 : Première récolte de lentilles et de pois jaunes.

2021 : Essais de nouvelles espèces pour étoffer la gamme.

Lucie Debuire

Lire aussi : Start-up : Des légumineuses à toutes les sauces

Facebook Twitter LinkedIn Google Email
Noël autrement (4/4). De garde avec les soignants
À l'approche de Noël, nous sommes allés à la rencontre de personnes qui célèbrent cette fête de manière différe [...]
Lire la suite ...

Noël autrement (3/4). Une fête aux accents d’ailleurs
À l'approche de Noël, nous sommes allés à la rencontre de personnes qui célèbrent cette fête de manière différe [...]
Lire la suite ...

Émilie roibet, itinéraire d’une reconversion bien pensée
Architecte paysagiste de formation, Émilie Roibet a quitté ses bureaux lillois pour créer sa ferme florale "À l'ombr [...]
Lire la suite ...

Une Cuma qui a le sens de l’accueil
Localisée à Bois-Bernard, la Cuma " L'accueillante " est confrontée aux départs en retraite de ses membres, souvent [...]
Lire la suite ...

DOSSIER ÉNERGIE. À la centrale de Lens, le bois devient énergies
Unique dans la région, par son genre et sa taille, la centrale de cogénération de Lens produit à la fois de l'élect [...]
Lire la suite ...

Inondations : après la pluie, se reconstruire
Une semaine après les premières crues, le Pas-de-Calais tente d'émerger peu à peu, malgré la menace de nouvelles in [...]
Lire la suite ...

Inondations : 50 millions d’euros pour les collectivités sinistrées
Le chef de l'État en déplacement à Saint-Omer et à Blendecques, le mardi 14 novembre, a annoncé un plan d'aide pou [...]
Lire la suite ...

À la ferme du Major, “on crée de l’énergie”
La ferme d'insertion du Major, à Raismes, emploie 40 hommes et femmes éloignés de l'emploi pour leur permettre, en ac [...]
Lire la suite ...

Jean-Marie Vanlerenberghe : « L’attentat à Arras a souligné les failles du dispositif »
Ancien maire d'Arras et doyen du Sénat, Jean-Marie Vanlerenberghe réclame « une réponse ferme » mais dans le resp [...]
Lire la suite ...

Changer de goût et agir pour le futur
Plus saine, plus durable, plus accessible, l'alimentation de demain doit répondre à d'innombrables défis. À l'occasi [...]
Lire la suite ...

Retour sur la première édition du championnat international de la frite
Le premier championnat international de la frite s'est déroulé à Arras le samedi 7 octobre 2023. Soleil et ambiance [...]
Lire la suite ...

Jean-Paul Dambrine, le patron sensas’
Il est l'icône de la frite nordiste. À 75 ans, Jean-Paul Dambrine, fondateur des friteries Sensas et président du jur [...]
Lire la suite ...

Quatre lycéennes d’Anchin à la conquête de l’Andalousie
Iris, Angèle, Louise et Eulalie, lycéennes à l'Institut d'Anchin, ont passé trois semaines caniculaires près de Sé [...]
Lire la suite ...

Élections sénatoriales : dans le Nord, plusieurs nuances de rose, plusieurs nuances de bleu : l’éparpillement façon puzzle
Avec 11 sièges à pourvoir, c’est le département à renouveler le plus grand nombre de sièges derrière Paris : le [...]
Lire la suite ...

Élections sénatoriales : dans le Pas-de-Calais, la droite (presque) unie, la gauche en ordre dispersé et l’éventualité du Rassemblement National :
Pour les prochaines élections sénatoriales, les gauches ne font pas bloc dans le Pas-de-Calais. La droite, elle, table [...]
Lire la suite ...

Dans les coulisses : Le Fournil bio, fournisseur de pain des Jeux olympiques
Créé en 1996, le Fournil bio est aujourd'hui dirigé par Florent Leroy. Le pari ? Faire du pain 100 % bio, et le plu [...]
Lire la suite ...

Marc Dufumier : « L’agroécologie est avant tout un concept scientifique »
Celui qui était un productiviste convaincu prône un changement urgent des pratiques agricoles, s'appuyant sur l'agroé [...]
Lire la suite ...

Législatives 2024 : Quels sont les programmes ?
À une semaine du premier tour des élections législatives anticipées, prévu le 30 juin 2024, retrouvez en huit point [...]
Lire la suite ...

Législatives 2024 : Quels programmes pour la sécurité intérieure ?
À une semaine du premier tour des élections législatives anticipées, prévu le 30 juin 2024, retrouvez les programme [...]
Lire la suite ...

Législatives 2024 : Quels programmes pour l’immigration ?
À une semaine du premier tour des élections législatives anticipées, prévu le 30 juin 2024, retrouvez les programme [...]
Lire la suite ...

Législatives 2024 : Quels programmes pour le logement ?
À une semaine du premier tour des élections législatives anticipées, prévu le 30 juin 2024, retrouvez les programme [...]
Lire la suite ...

Au cœur des terres

#terresetterritoires