
Première région française pour la production de porcs il y a une quarantaine d’années, les Hauts-de-France ont, depuis, perdu des couleurs. « La production a diminué petit à petit et les outils de transformation ont disparu », explique Gwendoline Desailly, directrice de l’Union régionale des groupements de producteurs de porcs (URGPP). À ce jour, il ne reste plus que sept abattoirs (dont un fermé provisoirement à la suite d’un incendie) qui accueillent les porcs.
Résultat : seulement 53 % des porcs produits dans notre région y sont abattus. Une singularité qui a des répercussions financières. « Dans la région Hauts-de-France, la distance entre l’élevage et l’abattoir est de 189 kilomètres. » C’est ce qu’annonce Bérengère Lecuyer, experte économie de l’aval de la filière à l’Ifip, l’institut du porc. « Une distance qui a une répercussion sur le prix de vente estimée à 1,30 €/tête. Par rapport au coût moyen de transport en France« , ajoute-t-elle.

Dans la région, « l’abattoir le plus représentatif est celui de Bigard, à Saint-Pol-sur-Ternoise. Avec les 426 000 porcs abattus en 2018, il y a eu une croissance d’1,8 % en 2019 », annonce la directrice de l’URGPP. C’est 73 % de la production régionale ! Les autres abattoirs ne représentent que 160 000 animaux tués chaque année. À l’échelon national, la viande issue des abattoirs du Nord et du Pas-de-Calais ne représente que 1,8 % de la viande abattue en France.
Face à des outils saturés et insuffisamment nombreux dans la région, les éleveurs se tournent vers la Belgique. « Certains producteurs de porcs sont aussi plus proches d’un abattoir belge que d’un français, reconnaît Gwendoline Desailly. D’ailleurs, plus de 30 % de la production régionale de viande de porc est exportée de l’autre côté de la frontière. »
Une tendance qui pourrait évoluer. En effet, la peste porcine africaine, provenant de Belgique, vient troubler les échanges. « Avec cette épidémie, les prix d’achat ont été revus à la baisse, explique Bérengère Lecuyer. Les abattoirs ont dû se réorganiser. Mais les abattages n’ont pas été orientés vers d’autres établissements puisqu’un contrat est établi entre eux et le producteur. »
Cette carence en outils d’abattage a-t-elle une répercussion sur la production ? La production dans le Nord et le Pas-de-Calais a reculé de 11 %. Une baisse observée entre 2008 et 2017. « Selon les chiffres, ça n’a pas l’air d’être lié. Dans le sud par exemple, il y a une bonne dynamique d’abattage et de transformation. Avec les grosses entreprises de charcuterie. Pour autant, l’élevage porcin est en déficit, illustre Bérengère Lecuyer. Dans le nord de la France, c’est l’inverse. »
Lucie Debuire

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