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Eau : Les nappes du Nord de la France plutôt en bon état

20-09-2023

Actualité

C’est tout frais

Au 1er septembre 2023, selon le BRGM, les nappes phréatiques du tiers nord de la France, dont celles du Pas-de-Calais et du Nord, étaient parmi les seules à maintenir leurs niveaux d’eau, voire à s’être rechargées. Dans le reste du pays, les niveaux sont généralement en baisse.

Selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), qui assure la surveillance du niveau des nappes phréatiques et de la qualité des eaux souterraines en France, au 1er septembre 2023, seul le tiers nord de la France a vu ses nappes phréatiques maintenir leur niveau d’eau, voire se recharger, grâce aux précipitations de juillet et août, indique l’organisme dans son communiqué de presse mensuel sur l’état des nappes.

Pour le reste de l’Hexagone, la vidange estivale s’est poursuivie et les niveaux des nappes sont globalement en baisse. Cela dit, là aussi, les précipitations ont permis que “seulement” 62 % des nappes soient sous les normales mensuelles en août contre 72 % en juillet. Cependant, la situation reste préoccupante pour le pourtour méditerranéen, le couloir Rhône-Saône et le sud de l’Alsace (voir aussi la carte).

Si la carte peut laisser penser que le tiers Nord de la France n’est pas si bien loti que cela, en détail, les niveaux d’eau y sont corrects.

Un été qui a permis une amélioration

Avant l’été, la période de recharge 2022-2023 a été déficitaire sur une grande partie de la France alors que parallèlement, la période d’étiage (période de l’année où le niveau d’eau souterraine dans une nappe atteint son point le plus bas) a été sévère sur une majorité des nappes. Résultat : en fin d’hiver, l’état des nappes était peu satisfaisant. Heureusement, les pluies du printemps ont permis une légère amélioration de la situation des nappes les plus réactives : tout d’abord, sur les deux-tiers nord en avril puis du tiers sud en juin.

Mais c’est surtout entre juillet et août que la situation générale s’est améliorée puisque 19 % des points d’observation sont au-dessus des normales mensuelles (contre 10 % en juillet).

Des rattrapages hétérogènes

Dans le détail, sur le tiers nord du territoire, la situation s’améliore sur les nappes les plus réactives (socle du massif armoricain, calcaires jurassiques du Boulonnais et des bordures ouest et est du Bassin parisien).

Les pluies de ces dernières semaines ont un effet moins perceptible sur les nappes inertielles (lire aussi notre “Trois question à” ci-dessous), peu sensibles aux événements météorologiques en période estivale. La situation de ces nappes reste stable voire s’améliore localement.

“Même si la situation générale observée en août est la meilleure situation observée depuis février 2023, les niveaux sont majoritairement inférieurs aux normales de saison.”

BRGM

Sur les deux-tiers sud du territoire, du sud de la Vendée au sud de l’Alsace, la situation reste stable ou se dégrade légèrement entre juillet et août. Les niveaux des nappes sont comparables aux normales mensuelles à très bas. Les risques d’intrusion d’eau marine sont accrus sur les zones littorales affichant des niveaux bas à très bas, de la Côte d’Azur au Roussillon.

Face à ce constat, le BRGM met en garde : “Même si la situation générale observée en août est la meilleure situation observée depuis février 2023, les niveaux sont majoritairement inférieurs aux normales de saison.” Pour résumer, la situation est globalement meilleure que celle observée à la même période l’année dernière. Mais les contrastes locaux sont plus présents.

Des nappes en situation favorable…

À partir de ces résultats, le BRGM a pu déterminer que trois nappes sont en situation favorable par rapport aux mois d’août des années antérieures :

  • Les niveaux de la nappe de la craie du littoral d’Artois-Picardie demeurent modérément hauts, suite à une recharge 2022-2023 très excédentaire.
  • Les nappes du socle du Massif armoricain ont enregistré des épisodes de recharge durant le printemps et l’été et les niveaux sont modérément hauts.
  • Les niveaux des nappes des calcaires jurassiques de Lorraine et de la Côte-des-Bars sont modérément hauts, grâce aux pluies excédentaires de juillet et août.

… Et défavorable

À l’inverse, quatre nappes présentent des situations inquiétantes avec des niveaux très bas par rapport à tous les mois d’août des années précédentes, du fait d’un déficit pluviométrique très marqué ces derniers mois ou ces dernières années :

  • Les nappes inertielles du Sundgau, du Dijonnais, de la Bresse, de la Dombes, du Nord Isère et du Bas-Dauphiné affichent des niveaux bas à très bas, du fait de plusieurs recharges hivernales successives peu intenses.
  • Les niveaux des nappes alluviales de la Côte d’Azur sont très bas, la recharge 2022-2023 ayant été insuffisante et la vidange s’étant poursuivi tout l’été.
  • Les nappes alluviales de l’Hérault et de l’Orb enregistrent des niveaux très bas, les pluies efficaces étant déficitaires depuis 2022.
  • Les nappes de l’aquifère multicouche du Roussillon connaissent une situation inédite, avec des niveaux bas à très bas. Les précipitations et la limitation des prélèvements semblent avoir un effet bénéfique mais souvent localisé et très insuffisant pour compenser les déficits accumulés depuis 2022.

Trois question à Violaine Bault, hydrogéologue au BRGM

Pourquoi les réserves d’eau du Nord-Pas de Calais, et plus généralement des Hauts-de-France, s’en sortent un peu mieux que dans le reste de la France ? Il a plus plu cet hiver, notamment le long de la Manche et de la mer du Nord puis, il y a eu les pluies du printemps qui ont permis des épisodes de recharge. Mais cela cache des disparités. Ainsi, le long du littoral (qui va jusqu’à Aire-sur-la-Lys et Abbeville), le niveau de la nappe de la craie est bon, tandis que plus on se décale vers l’est, plus le niveau est bas. Puis, quand on passe carrément dans les Ardennes, c’est plus irrégulier car ce n’est pas le même type de nappe. À l’ouest, on est sur la nappe de la craie (qui se trouve sous la quasi-totalité du Nord-Pas-de-Calais, le nord de la Somme, de l’Aisne et de l’Oise, ndlr), soit une nappe inertielle, tandis que vers les Ardennes, ce sont des nappes plus réactives.

Quelle est la différence entre une nappe inertielle et une nappe réactive ? Une nappe inertielle est une nappe qui va mettre beaucoup de temps à se recharger mais aussi à se vidanger. Les nappes réactives, elles, se remplissent et se vidangent rapidement.

Pourquoi y a-t-il tant de disparités si la nappe de la craie a reçu de l’eau dans ce cas ? L’eau s’infiltre très lentement dans la nappe de la craie, du fait de sa composition justement. Elle peut donc contenir beaucoup d’eau mais va se remplir très progressivement et garder en mémoire ce qu’il s’est passé les années précédentes. C’est pour ça qu’elle met du temps à se vidanger également et qu’elle est restée à un niveau correct, même pendant la sécheresse. Mais ce n’est pas une piscine, tout ne se remplit pas de manière égalitaire et ça se rééquilibre, là aussi, très lentement. Donc s’il pleut moins par endroits, il y aura moins d’eau, même si c’est la même nappe. Par ailleurs, il y a aussi des disparités ultra-locales. Par exemple, sur la métropole lilloise, le niveau est plus bas car il y a d’importants captages d’eau dans la nappe. Du côté du sud-est de la région, il a moins plu cet hiver par exemple, or, c’est déjà le deuxième ou troisième hiver déficitaire. C’est pour cela qu’il faut rester prudent.

Des disparités qui pourraient s’accroître

Quelles sont les prévisions pour les semaines à venir ? Météo-France privilégie dans ses scénarios des “mois de septembre, octobre et novembre avec des températures plus élevées que la normale sur l’ensemble du territoire et des conditions plus humides sur l’extrême sud, des Pyrénées au bassin méditerranéen. Ailleurs, aucun scénario ne se dégage pour les pluies, résume le BRGM.

Or, “pour qu’il y ait des épisodes de recharge, il faut des pluies fines mais importantes et bien réparties spatialement et dans le temps, des sols humides, une faible demande en eau des végétaux (températures peu élevées ou végétation peu active) et une nappe sensible aux évènements météorologiques“. Rien que ça.

Problème, avec des températures qui restent élevées, les besoins en eau des végétaux restent importants ainsi que les prélèvements.

Lire aussi notre article sur la “désimperméabilisation” des sols

Ces prévisions, si elles se réalisent, mèneraient donc à un renforcement des disparités sur le territoire. Ainsi, “sur le tiers nord, les conditions sont remplies pour permettre aux pluies de s’infiltrer en profondeur durant le mois de septembre. En cas de pluies suffisantes, des épisodes de recharge pourraient être visibles. La situation des nappes pourrait alors continuer à s’améliorer“.

Parallèlement, “sur les deux-tiers sud du territoire, les épisodes pluviométriques ne devraient pas engendrer une recharge significative des nappes. En effet, les épisodes cévenols, fréquents en septembre, et les orages de fin d’été favorisent le ruissellement. De plus, les pluies réussissant à s’infiltrer devraient dans un premier temps permettre d’humidifier les sols, actuellement très secs, et bénéficier à la végétation“, conclut le BRGM.

Eglantine Puel avec Brgm

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