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Hauts-de-France : Notre industrie est la plus consommatrice d’énergie de France

16-02-2023

Actualité

C’est tout frais

Selon l’Insee, les Hauts-de-France sont la région la plus dépendante au gaz et à l’électricité de France. Un constat loin d’être rassurant au vu de l’augmentation du coût des énergies ces derniers mois qui, selon une autre enquête, devrait poursuivre sa hausse en 2023…

L’agroalimentaire dans la région représente 35 % de la consommation en énergie du secteur en France. Ici, l’usine Herta à Saint-Pol-sur-Ternoise. © Philippe Lewit – Herta

L’Insee vient de publier les résultats d’une enquête intitulée “L’industrie des Hauts-de-France fortement dépendante de l’électricité et du gaz“.

Si l’année 2020 avait été marquée par un fort ralentissement des activités industrielles à cause de la crise sanitaire, l’économie a repris et cela se traduit par une nette augmentation de la consommation énergétique.

20 % de la consommation nationale

L’industrie régionale est ainsi la plus consommatrice de gaz et d’électricité de France. À elle seule, elle représente 20 % de la consommation nationale, se plaçant devant le Grand Est (17 %). Elle est la plus consommatrice d’électricité (21 % de la consommation nationale) et se positionne au deuxième rang pour les besoins en gaz (20 % de la consommation nationale).

La forte demande en énergie à l’échelle mondiale entraîne des difficultés d’approvisionnement et les prix se sont envolés.

Une situation qui s’explique notamment par la surreprésentation sur notre territoire des quatre secteurs les plus énergivores que sont la métallurgie et la chimie, secteurs qui ont un gros besoin en électricité, ainsi que l’industrie du verre et l’agroalimentaire, très consommateurs de gaz.

Ces quatre secteurs d’activité totalisent 85 % de la consommation régionale dont plus d’un tiers est consommé dans la métallurgie et un quart dans les industries agroalimentaires.

En ce qui concerne l’agroalimentaire, la région représente 35 % de la consommation de la France avec l’implantation de nombreuses usines de transformation.

Envolée des prix

Cette forte dépendance n’est évidemment pas sans conséquence avec l’envolée des prix de l’énergie. Entre le premier semestre 2021 et le premier semestre 2022, les entreprises, qui ne bénéficient du bouclier tarifaire comme les ménages, ont subi une hausse de 103 % pour le gaz et de 31 % pour l’électricité.

Pour le gaz, les entreprises les plus consommatrices sont les plus touchées, avec des prix qui ont quadruplé en un an, puisque, “plus on consomme, plus on paie”, rappelle Catherine Renne, directrice de l’Insee Hauts-de-France.

Quelles répercussions ?

Une hausse des charges qui a évidemment des répercussions. Les deux tiers des industriels ont dû augmenter leur prix à la sortie d’usine. Par exemple, en agroalimentaire, le prix des huiles et des graisses a augmenté de 44 %, le sucre de 39 %. Un tiers des entreprises ont fait le choix de réduire leurs marges. Et enfin, 7 % ont décidé de baisser leur activité. C’est le cas par exemple de la cristallerie d’Arques, qui a mis à l’arrêt cet hiver trois de ses cinq fours avec du chômage partiel à la clé.

“On n’assiste pas encore à des répercussions sur l’emploi, avance Catherine Renne. Ce qu’on constate, en revanche, c’est une répercussion sur les trésoreries des entreprises.” Les conséquences se font également sentir sur les ménages puisque les prix augmentent : “Au départ, l’inflation était liée à l’envolée des prix de l’énergie. Aujourd’hui, l’alimentation est responsable pour moitié de l’inflation. Et nous commençons également à voir le secteur des services, avec l’augmentation des salaires et notamment du Smic, prendre une part plus importante.”

La situation va-t-elle (encore) se dégrader ?

Et les choses ne risquent pas de s’arranger tout de suite… Selon une autre enquête de l’Insee, fin décembre, les fournisseurs d’électricité estimaient que les prix de vente de l’électricité pour les professionnels devraient encore augmenter de 84 % en 2023 par rapport à 2022.

Une situation qui devrait d’autant se dégrader pour les entreprises industrielles car, toujours selon l’Insee, plus de 80 % des contrats d’électricité et deux tiers des contrats de gaz sont arrivés à échéances fin 2022 ou y arriveront d’ici fin 2023. Ces entreprises devront alors faire face à une augmentation des prix sur leurs nouveaux contrats.

Où sont concentrés les emplois industriels ?

Sur les 24 zones d’emploi des Hauts-de-France, six sont à dominante agroalimentaire comme, par exemple, le territoire de Boulogne-sur-Mer, où 4 000 salariés travaillent dans ce secteur avec de grandes usines comme Novandie, spécialisée dans la fabrication de produits laitiers, ou encore Findus et Mowi. L’industrie agroalimentaire est également très implantée à Béthune, où elle représente un tiers des emplois. À titre d’exemple, à Lestrem, le groupe Roquette Frères, leader mondial des ingrédients d’origine végétale, emploie plus de 2 800 personnes. On peut également citer Berck et son usine Herta et Cambrai, où se situe Candia. En ce qui concerne la métallurgie, l’emploi est particulièrement concentré sur le Dunkerquois avec ArcelorMittal. L’Audomarois, lui, se distingue par une forte concentration de salariés dans la fabrication de verre avec la cristallerie d’Arques.

Hélène Graffeuille

Lire aussi : Prix de l’énergie : la FNSEA demande un bouclier tarifaire pour les exploitations agricoles

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