Votre météo par ville

Le marché de l’éthanol dévisse, celui du sucre sature

03-04-2020

Actualité

C’est tout frais

Le marché de l’éthanol a dégringolé en même temps que celui du pétrole. Les sucreries se sont donc rabattues sur la production de sucre, saturant ainsi le marché mondial. Les cours sont donc à la baisse mais l’Europe semble résister à la pression. Explications.

Le marché de l’éthanol a dévissé en même temps que celui du pétrole. © Pixabay

En pleine remontée du cours du sucre en février dernier, le marché a été stoppé par la crise du coronavirus. Depuis, les prix dégringolent. « On évalue la baisse à 32 % pour les sucre roux et blanc, estime Timothée Masson, expert marchés à la CGB (confédération générale des planteurs de betteraves) lors d’une vidéoconférence diffusée le 1er avril 2020. Les prix ont atteint les 330 $/t contre plus de 450 $/t mi-février. »

Toutefois, de légers signes de reprise sont là. Tout d’abord le sucre blanc s’en sort mieux que le sucre brut : la prime de blanc avoisine les 100 $/t (au lieu de 60 ces derniers temps).

« Il y a moins de disponibilités en sucre blanc“, annonce l’expert. En effet, le Brésil et autres pays producteurs de sucre à base de cannes, voient la valeur de leur monnaie s’effondrer : le réal a perdu 35 % de sa valeur en un an. Ces pays deviennent alors compétitifs et exportent du sucre roux en grande quantité et moins cher.

De plus, avec les mesures de confinement, les marchés ont évolué. Ils sont passés de la restauration hors domicile à une consommation domestique. « Cela entraîne une baisse de la consommation de 2 millions de tonnes dans le monde », explique Timothée Masson. À cela s’ajoute les spéculateurs qui sont devenus vendeurs et inondent le marché… bref, le sucre ne manque pas.

L’or noir entraîne l’éthanol dans sa chute

Par ailleurs, la crise du coronavirus et le confinement ont joué un rôle négatif sur les cours de l’éthanol. « Faute de demande et à cause d’une guerre commerciale entre les pays producteurs de pétrole, les cours ont dévissé, constate Timothé Masson. Dans sa chute, l’or noir a entrainé l’éthanol. »

Avec un éthanol peu cher, le Brésil a donc choisi de privilégier la fabrication de sucre. Ajoutant encore un peu plus de marchandise aux stocks déjà constitués.

Les fondamentaux européens sains

Ceci est la vision mondiale du marché. Mais si on zoome sur notre territoire, l’Europe, les marchés restent soutenus. « Nous n’avons pas d’éléments pour dire qu’il y a une crise en Europe », indique Timothée Masson. Les stocks de sucre sont aux plus bas depuis dix ans et les emblavements sont en baisse de 2 % par rapports à ceux de 2019.

Avec un rendement quinquennal, la production de sucre en 2020 devrait atteindre les 17,5 millions de tonnes. L’Europe serait donc importatrice de 800 000 tonnes, soit l’équivalent de la production de trois sucreries. « Les fondamentaux sont sains », rappelle l’expert de la CGB.

Mais comment empêcher le marché mondial, surabondant, de ne pas déséquilibrer le marché européen ? « Assurer la production de betteraves en premier lieu et honorer les contrats de sucre en évitant les ruptures, explique-t-il. Il s’agit ensuite de limiter l’impact des importations de sucre des pays où la monnaie est dévaluée. » 

Pour cela, la CGB et toute la filière ont demandé de revoir la clause de sauvegarde : celle-ci concerne les contrats de libre échange et supprime les droits de douane. Ils demandent d’instaurer de nouveaux ces frais. La filière sucre demande également une suspension du régime de perfectionnement actif. Celui-ci permet aux utilisateurs de sucre d’en importer sans droits de douane à condition qu’ils réexportent par la suite. Les acteurs du secteur sont dans l’attente de réponses, mais restent aux abois afin d’éviter une surabondance du marché.

Lucie Debuire

Facebook Twitter LinkedIn Google Email
Noël autrement (4/4). De garde avec les soignants
À l'approche de Noël, nous sommes allés à la rencontre de personnes qui célèbrent cette fête de manière différe [...]
Lire la suite ...

Noël autrement (3/4). Une fête aux accents d’ailleurs
À l'approche de Noël, nous sommes allés à la rencontre de personnes qui célèbrent cette fête de manière différe [...]
Lire la suite ...

Émilie roibet, itinéraire d’une reconversion bien pensée
Architecte paysagiste de formation, Émilie Roibet a quitté ses bureaux lillois pour créer sa ferme florale "À l'ombr [...]
Lire la suite ...

Une Cuma qui a le sens de l’accueil
Localisée à Bois-Bernard, la Cuma " L'accueillante " est confrontée aux départs en retraite de ses membres, souvent [...]
Lire la suite ...

DOSSIER ÉNERGIE. À la centrale de Lens, le bois devient énergies
Unique dans la région, par son genre et sa taille, la centrale de cogénération de Lens produit à la fois de l'élect [...]
Lire la suite ...

Inondations : après la pluie, se reconstruire
Une semaine après les premières crues, le Pas-de-Calais tente d'émerger peu à peu, malgré la menace de nouvelles in [...]
Lire la suite ...

Inondations : 50 millions d’euros pour les collectivités sinistrées
Le chef de l'État en déplacement à Saint-Omer et à Blendecques, le mardi 14 novembre, a annoncé un plan d'aide pou [...]
Lire la suite ...

À la ferme du Major, “on crée de l’énergie”
La ferme d'insertion du Major, à Raismes, emploie 40 hommes et femmes éloignés de l'emploi pour leur permettre, en ac [...]
Lire la suite ...

Jean-Marie Vanlerenberghe : « L’attentat à Arras a souligné les failles du dispositif »
Ancien maire d'Arras et doyen du Sénat, Jean-Marie Vanlerenberghe réclame « une réponse ferme » mais dans le resp [...]
Lire la suite ...

Changer de goût et agir pour le futur
Plus saine, plus durable, plus accessible, l'alimentation de demain doit répondre à d'innombrables défis. À l'occasi [...]
Lire la suite ...

Retour sur la première édition du championnat international de la frite
Le premier championnat international de la frite s'est déroulé à Arras le samedi 7 octobre 2023. Soleil et ambiance [...]
Lire la suite ...

Jean-Paul Dambrine, le patron sensas’
Il est l'icône de la frite nordiste. À 75 ans, Jean-Paul Dambrine, fondateur des friteries Sensas et président du jur [...]
Lire la suite ...

Quatre lycéennes d’Anchin à la conquête de l’Andalousie
Iris, Angèle, Louise et Eulalie, lycéennes à l'Institut d'Anchin, ont passé trois semaines caniculaires près de Sé [...]
Lire la suite ...

Élections sénatoriales : dans le Nord, plusieurs nuances de rose, plusieurs nuances de bleu : l’éparpillement façon puzzle
Avec 11 sièges à pourvoir, c’est le département à renouveler le plus grand nombre de sièges derrière Paris : le [...]
Lire la suite ...

Élections sénatoriales : dans le Pas-de-Calais, la droite (presque) unie, la gauche en ordre dispersé et l’éventualité du Rassemblement National :
Pour les prochaines élections sénatoriales, les gauches ne font pas bloc dans le Pas-de-Calais. La droite, elle, table [...]
Lire la suite ...

Bonne fête à toutes les mares !
Du 1e au 9 juin, dans le cadre de la fête des mares, plusieurs évènements sont organisés dans le Nord et le Pas-de-C [...]
Lire la suite ...

Recyclage : Bons élèves les agriculteurs ?
Films plastiques, ficelles, bidons vides, big-bags, produits hors d'usage, ferrailles, huiles usagées, déchets de soin [...]
Lire la suite ...

La nature colorée du Jardin des Lianes
Du 31 mai au 2 juin, les Rendez-vous aux jardins proposent à tous de visiter les jardins et parcs du Nord et Pas-de-C [...]
Lire la suite ...

Lait prairies du Boulonnais : Les secrets d’un fromage blanc médaillé
Créée en 2014, la coopérative Lait prairies du Boulonnais ne cesse d'étendre sa gamme de desserts laitiers. Du yaour [...]
Lire la suite ...

Adivalor : Objectif 100 % de déchets collectés et recyclés d’ici 2030
Adivalor est l'acteur incontournable en matière de collecte et valorisation des déchets agricoles. L'éco-organisme s' [...]
Lire la suite ...

Numéro 365 : 17 mai 2024

Au cœur des terres

#terresetterritoires