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Bio : “Il faut garder un réseau d’enseignes spécialisées”

17-11-2020

Actualité

Consommation

Face aux grands distributeurs de produits bio, Biocoop cherche à être plus compétitif en matière de tarifs et veut renforcer sa communication. Le point sur la stratégie d’une enseigne spécialisée.

Biocoop sebastopol
Biocoop espère réduire ses coûts de fonctionnement pour être davantage compétitif face aux autres enseignes. © DR

On ne saurait compter le nombre de magasins bio spécialisés dans les Hauts-de-France tant ils sont nombreux et leur implantation dense. Après de nombreuses ouvertures de magasins en 2017 et 2018, 21 enseignes ont dû baisser leur rideau en 2019. Le Nord et le Pas-de-Calais ont en effet la spécificité d’avoir implanté des enseignes dans des secteurs ayant déjà une offre importante de magasins bio spécialisés.

Seul face à la GMS

De plus, les grandes enseignes segmentent leurs marchés en proposant de plus en plus de produits issus de l’agriculture biologique, à des prix parfois bien plus bas.

Bicoop, enseigne spécialisée dans la commercialisation de produits biologique, reste tout de même leader sur son marché avec 30 % des parts. En face, certaines autres enseignes spécialisées perdent des parts de marché. L’enseigne Bio C’Bon, elle, placée en redressement judiciaire en septembre dernier, vient d’être rachetée par Carrefour..

Agriculteur bio, administrateur à Biocoop et président de la coopérative Norabio, Mathieu Lancry a une crainte: “Biocoop ne doit pas rester seul face à la grande distribution. Il faut garder un réseau d’enseignes spécialisées pour contrer la GMS (grande et moyenne surfaces, ndlr). Nous ne devons pas reproduire ce qui a été fait en conventionnel.

Baisse des prix

La guerre serait-elle déclarée ? Non, puisqu’il en faut pour tous les budgets. Sur ce point, d’ailleurs, Biocoop estime qu’ilades efforts à réaliser pour attirer toujours autant de clients. Mais pas à n’importe quel prix. “Il ne s’agit pas de réduire le prix d’achats aux producteurs, ce serait contraire à l’éthique de Biocoop, souligne l’administrateur. Ce n’est pas à l’agriculteur de se priver. Mais des économies d’échelle peuvent être réalisées.

Le marché du bio n’est plus un marché de niche. Le nombre de producteurs augmente chaque année. Grâce à cette croissance, des économies en matière de transformation, de conditionnement ou de logistique peuvent être faites. “Nous devons être plus efficients sur ces postes là, reconnaît Mathieu Lancry. Plus nous serons nombreux, plus nous serons efficaces.

Communiquer

Prenons l’exemple de la pomme de terre. Auparavant, celles qui étaient bien calibrées étaient vendues en sac ou en vrac aux consommateurs. Les tubercules hors calibre étaient jetés. Dorénavant, les industriels les récupèrent et transforment. Ce qui crée une valorisation supplémentaire, permettant de réduire le prix de vente dans les magasins. Sans diminuer la marge des agriculteurs. C’est cette stratégie que défend Mathieu Lancry.

Pour appâter le client, Biocoop doit aussi se révéler. “Nous avons un travail de communication à faire, ajoute l’administrateur. Il faut que le client sache exactement ce qu’il y a derrière nos produits.

Les valeurs de l’enseigne, même si elles sont affichées, ne sont pas toujours relayées. “Nos deux principes de saisonnalité et de proximité ne sont pas discutables, annonce Mathieu Lancry. De plus, 80 % de nos produits ont une origine française. Nous ne devons pas céder sur cela.

La qualité reste donc de mise. Et l’équité. Biocoop a pour objectif de développer les produits issus du commerce équitable en les faisant passer de 25 à 35 % de sa gamme. En parallèle, le travail de structuration des différentes filières bio doit également se poursuivre.

Lucie Debuire

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