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Tomogrow : ils veulent faire pousser les aromates au supermarché

21-04-2022

Actualité

Consommation

Tomogrow, jeu de mots en anglais né de la fusion du mot tomorow (demain) et du verbe pousser (to grow), c’est le nom d’une start-up qui projette de faire pousser directement des aromates – persil, menthe, basilic, coriandre… – puis des légumes dans les supermarchés, dans des micro-fermes.

C’est une idée folle, qui a germé lors du confinement, raconte Jérémie Delbart, cofondateur de Tomogrow. « Je voulais proposer aux particuliers de faire pousser chez eux, dans un petit potager connecté, des aromates conditionnés en capsules, façon dosettes de machines à café. » Un projet très avancé : « Je devais lancer ma campagne de financement participatif, le 17 mars 2020, le premier jour du premier confinement. » Patatras, tout tombe à l’eau !

Enfin, pas tout à fait. « C’est la réflexion d’un restaurateur qui m’a fait réfléchir. Il m’a dit : « aujourd’hui, on sait envoyer des sondes sur Mars, mais on ne sait pas conserver les aliments frais très longtemps, même au froid. On ferme nos restaurants et on doit jeter la marchandise car on ne sait pas comment on la retrouvera à la réouverture ». » Il n’en fallait pas plus à l’ingénieur, spécialisé en IOT (l’internet pour les objets) pour se remettre au travail. D’autant plus que, reconnaît-il, « ce projet initial était au point techniquement mais il ne me donnait pas satisfaction. Je trouvais que c’était un peu un gadget, pas la solution à un problème rencontré par les consommateurs. »

Qui veut être mon associé ?

Rapidement, Jérémie sent qu’il a besoin d’être épaulé. Il publie une offre sur LinkedIn, le réseau social professionnel, pour trouver un associé. « Un de mes cousins m’en a parlé, je suis allée voir l’annonce, reprend Camille Ernould. Je travaillais dans une fromagerie à la ferme, dans l’Avesnois. Je m’éclatais mais j’ai toujours été attirée par l’entrepreneuriat et je savais qu’un jour, je monterais ma propre société. Nous avons échangé pendant le confinement avant de nous associer en 2021. » Camille, diplômée de l’ISA, apporte des compétences, notamment en marketing et en communication, qui font évoluer le projet.

« Aujourd’hui, raconte Jérémie, 30 %, en moyenne des produits frais qui entrent en supermarché sont jetés car ils ne sont pas achetés ». Ce pourcentage monte à 70 % pour les aromates, « des produits très frais et très fragiles », expliquent les deux associés. Dès qu’un aromate est cueilli, s’enclenche la course contre la montre. « Au bout de 13 h, la plante a perdu la moitié de ses qualités organoleptiques (son goût). »

Logique inversée

Ils ont donc inversé la logique : « Au lieu de faire pousser les aromates loin du consommateur puis de les livrer au supermarché, nous allons les faire pousser directement dans des micro-fermes, installées dans les magasins. » Des aromates que les clients cueilleront eux-mêmes, comme s’ils étaient dans leur propre potager et qui continuent de pousser tant qu’ils ne sont pas cueillis.

Génial sur le papier, mais pas simple à mettre en place. « Initialement, les aromates devaient être cultivés selon la technique de l’hydroponie ». C’est-à-dire hors-sol sur un substrat neutre et inerte (du sable, par exemple) irrigué par une solution apportant les sels minéraux et les nutriments nécessaires à la plante. Or, qui dit apport d’eau à la plante dit évacuation. Et c’est là que ça se complique. « Les magasins ne voulaient pas réaliser de gros travaux pour accueillir nos fermes. Il a fallu trouver une autre solution. » Une solution miracle… mais secrète. « Nous utilisons moins d’eau que dans l’hydroponie et par rapport à l’agriculture traditionnelle, nous en consommons 90 % de moins ». Ce qui donne un produit frais et hyperlocal, mais pas bio. Car même si les aromates poussent sans pesticides, ils sont hors-sol.

Ces fermes, des vitrines du format d’une tête de gondole de supermarché, sont connectées et permettent donc de suivre en direct et à distance ce qui se passe à l’intérieur. Derrière, se déploie une toile d’araignée qui repose sur un principe simple : une ferme-mère, centrale et pas trop éloignée des points de vente, dans laquelle est réalisée la germination des plants avant la livraison dans les micro-fermes.

La première vitrine aux couleurs de Tomogrow est visible au siège de l’entreprise à Willems (59), à deux pas d’Agrotech, où la start-up est incubée. Elle devrait arriver dans un premier magasin d’ici quelques mois. « Nous sommes encore en négociation car c’est nouveau d’installer des vitrines avec des produits vivants dans un supermarché. »

Pour la suite, ils voient déjà loin : « En 2022, nous avons prévu de nous déployer dans la métropole de Lille et dans le Nord, puis en 2023, d’attaquer le marché national. Grâce à notre nom anglophone, nous avons d’ores et déjà prévu de nous implanter à l’étranger. » Ils prévoient aussi d’embaucher entre sept et huit salariés dès cette année et après les aromates, de passer aux légumes.

Attention, ça pousse ! 

Hervé Vaughan

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