Votre météo par ville

Noël : La magie du verre de Trélon

06-12-2023

Actualité

Consommation

Le musée-atelier du verre de Trélon propose au public de venir fabriquer des boules de Noël… en verre. Depuis 10 ans, les artisans de ce musée pas comme les autres transmettent ainsi un savoir local, vieux de 200 ans.

Au musée-atelier du verre, les boules de Noêm sont une tradition. © E. P.

Le musée-atelier du verre de Trélon propose au public de venir fabriquer des boules de Noël… en verre. Depuis plus de 10 ans, les artisans de ce musée pas comme les autres transmettent ainsi un savoir local, vieux de 200 ans.

Il fait froid dans ce beau bâtiment de l’ancienne verrerie de Trélon. Mais dans un coin, la température monte nettement, à 1 140 °C pour être précis. Car si la verrerie de Trélon a fermé ses portes en 1977, elle est transformée depuis le début des 1980 en écomusée disposant d’un atelier de verre. Des fours ont ainsi été installés et, à l’année, une équipe d’artisans souffle, façonne et habille de multiples objets en verre.

Depuis plus de 10 ans, ce musée-atelier propose même au grand public de venir fabriquer des boules de Noël en verre tout au long du mois de novembre. Un projet qui fait carton plein tous les ans.

Du champagne aux boules de Noël

Mais avant de fabriquer des boules de Noël, la verrerie de Trélon c’est 200 ans d’histoire. Ouverte en 1824, elle fabrique alors des bouteilles de champagne et ce jusqu’à la Première Guerre mondiale. « Au cœur du XIXe siècle, il y a eu jusqu’à 150 employés, explique Julien Rousseau, chargé du développement des publics pour l’écomusée de l’Avesnois (lire aussi l’encadré). On utilisait alors un four Boëtus, au charbon. Il y avait 12 places autour du four et cinq à six verriers par place de travail. »

Après la guerre, la verrerie passe du verre noir au verre blanc et travaille essentiellement sur le flaconnage « de parfum de luxe, de cosmétique et de pharmacie aussi ». L’entreprise investit alors dans un four Stein, semi-automatique. « Ici, il n’y a plus de soufflage de verre. On utilise de l’air comprimé qu’on vient souffler dans des moules. » Face à l’automatisation complète de certaines verreries, celle de Trélon ne tient plus la cadence et ferme. « Ça a été très dur pour les salariés et pour la vie du village. On faisait tout sur place : le verre, les moules, l’exportation… »

Rapidement, la mairie rachète les locaux avec l’idée d’en faire un musée du verre pour « perpétuer ce savoir-faire du Nord et de l’Est de la France. Car le Nord était vraiment une région de verre ». Est accolé à ce musée un atelier de verre, « finalement plus proche de celui du début de la verrerie ». Vases, plateaux, décorations et boules de Noël sont ainsi confectionnés dans cet atelier.

Minutie, créativité et savoir-faire

À sa tête aujourd’hui, Jean-Baptiste Pinel, responsable de l’atelier, et Emmy Legobe. « Pour la première fois, nous avons aussi deux apprentis cette année : Curtis Granjon et Alizée Auger, tout droit venus du CERFAV* de Nancy », ajoute Jean-Baptiste Pinel.

Cela fait 21 ans que Jean-Baptiste Pinel travaille comme verrier à l’écomusée de l’Avesnois, et huit ans pour Emmy Legobe. En plus de leur travail de verrier, ils accueillent les visiteurs et animent les ateliers, comme celui du soufflage de boule de Noël. « Il y a aussi une designer dans l’équipe, Mathilde Trottin. Avec elle, nous créons chaque année une nouvelle collection et une nouvelle boule de Noël. Mais nous travaillons aussi avec des designers en résidence, l’école de design de Roubaix… L’idée est d’être en partenariat avec la sphère créative locale », explique Emmy Legobe. « Cela permet aussi d’être un centre de recherche, d’innover et ça offre la possibilité à de jeunes artistes de pouvoir travailler avec le verre », ajoute Julien Rousseau. Car le verre, ça ne se travaille pas n’importe comment ! « Il y a plusieurs étapes à respecter », indique Jean-Baptiste Pinel.

Comment fabrique-t-on une boule de Noël ?

Prenons l’exemple d’une boule de Noël : « D’abord, il faut faire du verre : on mélange dans le four, alors à 1 400 °C, de la silice, de la soude et de la chaux pour les faire fusionner. Après six à huit heures de chauffe, on baisse la température du four à 1 200 – 1 140 °C, température à laquelle on peut travailler le verre. »

© E. P.

Grâce à une longue canne percée, le verrier « cueille » du verre dans le four. Il faut ensuite toujours tourner la canne pour que ce verre chaud ne coule pas. On roule ce verre chaud dans des perles de couleurs disposées sur un marbre de travail. « On peut ensuite souffler dans la canne pour former une boule. Par la suite, on alterne souffler, former, souffler et on va parfois même réchauffer un peu la matière. »

Une fois la forme créée, reste à ajouter l’attache (en verre évidemment !). La boule de Noël part ensuite en « arche de recuisson. Concrètement, c’est un four qui va permettre à la pièce en verre de refroidir tout doucement. Il va descendre en température par pallier en démarrant à 510 °C pour arriver à température ambiante. » Il faut compter environ une nuit : « C’est une étape essentielle car sinon, la boule peut exploser. C’est d’autant plus important qu’il fait froid. Entre le four et le moment où on le souffle, le verre perd 600 °C ! », précise Emmy Legobe.

Ça, c’est pour les boules de Noël. Mais de manière plus générale, les souffleurs de verres peuvent aussi utiliser des moules, graver, sabler… Bref, faire d’un mélange silice, soude et chaux une œuvre d’art.  

Eglantine Puel

Facebook Twitter LinkedIn Google Email
Noël autrement (4/4). De garde avec les soignants
À l'approche de Noël, nous sommes allés à la rencontre de personnes qui célèbrent cette fête de manière différe [...]
Lire la suite ...

Noël autrement (3/4). Une fête aux accents d’ailleurs
À l'approche de Noël, nous sommes allés à la rencontre de personnes qui célèbrent cette fête de manière différe [...]
Lire la suite ...

Émilie roibet, itinéraire d’une reconversion bien pensée
Architecte paysagiste de formation, Émilie Roibet a quitté ses bureaux lillois pour créer sa ferme florale "À l'ombr [...]
Lire la suite ...

Une Cuma qui a le sens de l’accueil
Localisée à Bois-Bernard, la Cuma " L'accueillante " est confrontée aux départs en retraite de ses membres, souvent [...]
Lire la suite ...

DOSSIER ÉNERGIE. À la centrale de Lens, le bois devient énergies
Unique dans la région, par son genre et sa taille, la centrale de cogénération de Lens produit à la fois de l'élect [...]
Lire la suite ...

Inondations : après la pluie, se reconstruire
Une semaine après les premières crues, le Pas-de-Calais tente d'émerger peu à peu, malgré la menace de nouvelles in [...]
Lire la suite ...

Inondations : 50 millions d’euros pour les collectivités sinistrées
Le chef de l'État en déplacement à Saint-Omer et à Blendecques, le mardi 14 novembre, a annoncé un plan d'aide pou [...]
Lire la suite ...

À la ferme du Major, “on crée de l’énergie”
La ferme d'insertion du Major, à Raismes, emploie 40 hommes et femmes éloignés de l'emploi pour leur permettre, en ac [...]
Lire la suite ...

Jean-Marie Vanlerenberghe : « L’attentat à Arras a souligné les failles du dispositif »
Ancien maire d'Arras et doyen du Sénat, Jean-Marie Vanlerenberghe réclame « une réponse ferme » mais dans le resp [...]
Lire la suite ...

Changer de goût et agir pour le futur
Plus saine, plus durable, plus accessible, l'alimentation de demain doit répondre à d'innombrables défis. À l'occasi [...]
Lire la suite ...

Retour sur la première édition du championnat international de la frite
Le premier championnat international de la frite s'est déroulé à Arras le samedi 7 octobre 2023. Soleil et ambiance [...]
Lire la suite ...

Jean-Paul Dambrine, le patron sensas’
Il est l'icône de la frite nordiste. À 75 ans, Jean-Paul Dambrine, fondateur des friteries Sensas et président du jur [...]
Lire la suite ...

Quatre lycéennes d’Anchin à la conquête de l’Andalousie
Iris, Angèle, Louise et Eulalie, lycéennes à l'Institut d'Anchin, ont passé trois semaines caniculaires près de Sé [...]
Lire la suite ...

Élections sénatoriales : dans le Nord, plusieurs nuances de rose, plusieurs nuances de bleu : l’éparpillement façon puzzle
Avec 11 sièges à pourvoir, c’est le département à renouveler le plus grand nombre de sièges derrière Paris : le [...]
Lire la suite ...

Élections sénatoriales : dans le Pas-de-Calais, la droite (presque) unie, la gauche en ordre dispersé et l’éventualité du Rassemblement National :
Pour les prochaines élections sénatoriales, les gauches ne font pas bloc dans le Pas-de-Calais. La droite, elle, table [...]
Lire la suite ...

Bonne fête à toutes les mares !
Du 1e au 9 juin, dans le cadre de la fête des mares, plusieurs évènements sont organisés dans le Nord et le Pas-de-C [...]
Lire la suite ...

Recyclage : Bons élèves les agriculteurs ?
Films plastiques, ficelles, bidons vides, big-bags, produits hors d'usage, ferrailles, huiles usagées, déchets de soin [...]
Lire la suite ...

La nature colorée du Jardin des Lianes
Du 31 mai au 2 juin, les Rendez-vous aux jardins proposent à tous de visiter les jardins et parcs du Nord et Pas-de-C [...]
Lire la suite ...

Lait prairies du Boulonnais : Les secrets d’un fromage blanc médaillé
Créée en 2014, la coopérative Lait prairies du Boulonnais ne cesse d'étendre sa gamme de desserts laitiers. Du yaour [...]
Lire la suite ...

Adivalor : Objectif 100 % de déchets collectés et recyclés d’ici 2030
Adivalor est l'acteur incontournable en matière de collecte et valorisation des déchets agricoles. L'éco-organisme s' [...]
Lire la suite ...

Numéro 365 : 17 mai 2024

Au cœur des terres

#terresetterritoires