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20-07-2023

Le « coup de gueule » de Marie-Sophie Lesne

Alors que Le Quesnoy, a reçu le label Territoire bio engagé, Marie-Sophie Lesne, maire de cette commune et vice-présidente de la Région en charge de l’agriculture, a lancé un « coup de gueule » contre les grandes surfaces et les marges qu’elles pratiquent sur l’alimentation bio.

Marie-Sophie Lesne, vice-présidente à la Région en charge de l’agriculture, entourée d’acteurs de la filière bio. © H. G.

Le Quesnoy a obtenu, mardi 18 juillet, le label Territoire bio engagé (lire ci-dessous). Une récompense qui tombe à un « moment particulier » pour la filière biologique a souligné Marie-Sophie Lesne, maire de Le Quesnoy mais également vice-présidente de la Région en charge de l’agriculture. « Le secteur connaît une chute de ses ventes et notamment dans certaines productions comme le lait, alerte l’élue avant de poursuivre, c’est un constat inquiétant qui est fait partout en Europe et cela pourrait notamment porter atteinte à la viabilité de la filière lait. »

S’il vous plaît, mesdames et messieurs de la grande distribution, revoyez vos marges à la baisse sur les produits bio ! »

MARIE-SOPHIE LESNE, VICE-PRÉSIDENTE DE LA RÉGION

Pour la vice-présidente en charge de l’agriculture, la grande distribution serait en partie responsable. « J’ai envie de lancer un coup de gueule car, il y a deux ans, on n’avait pas des prix aussi élevés sur l’alimentation biologique dans les grandes et moyennes surfaces. Ces prix usent et fragilisent à l’extrême nos producteurs, notamment de lait et en particulier dans l’Avesnois. Alors s’il vous plaît, mesdames et messieurs de la grande distribution, revoyez vos marges à la baisse sur les produits biologiques car nous avons besoin de retrouver les consommateurs et vos surmarges ne nous font pas de bien ! »

Et Jean-Luc Gérard, éleveur laitier à Solre-le-Château dans l’Avesnois, de renchérir : « Je vends mon lait entier à 48 centimes et je l’ai retrouvé dans un supermarché vendu à 3,05 €, assure-t-il. Avec un prix comme celui-ci, je comprends que le consommateur n’achète pas… »

Pour Stéphane Brichet, président d’A Pro Bio, association qui délivre le label Territoire bio engagé, la sphère politique a aussi son rôle à jouer. « Il faut apporter une réponse de structuration de la filière pour avoir des débouchés pérennes et durables. En commençant, par exemple, par faire respecter les lois. Depuis janvier 2022, la loi Egalim contraint la restauration collective à introduire au minimum 20 % de produits biologiques dans ses achats alimentaires. Pour autant, les entreprises qui ne la respectent pas ne sont pas sanctionnées, regrette-t-il. C’est dommage qu’il n’y ait pas d’incitation plus forte pour passer le cap… »

Bientôt une rencontre ?

Et Marie-Sophie Lesne de conclure : « L’agriculture biologique est le niveau le plus abouti de l’agriculture durable, c’est l’agriculture de demain. C’est bon pour l’environnement mais aussi pour la santé. Et contrairement à une idée largement répandue, tous les produits bios ne sont pas plus chers. En achetant directement chez les producteurs, c’est même parfois moins cher que les produits conventionnels. Il ne faut donc pas ajouter une contrainte commerciale à un contexte qui est déjà compliqué car cela pourrait amener à des déconversions et c’est pire que tout. » La vice-présidente de la région a annoncé qu’à la rentrée, elle souhaitait organiser une rencontre entre les acteurs de la filière bio et les responsables régionaux des grandes et moyennes surfaces afin de « tisser des liens ». « Dans ses pubs, la grande distribution se dit engagée dans l’alimentation durable, maintenant on veut des preuves ! » De belles paroles, que Marie-Sophie Lesne souhaite dorénavant voir traduites par des actes… 

Le Quesnoy « Territoire bio engagé »

Ce mardi 18 juillet, Le Quesnoy, dans l’Avesnois, a reçu le label « Territoire bio engagé ». Une récompense attribuée par l’association A Pro Bio pour encourager les engagements politiques et les dynamiques locales en faveur du développement de l’agriculture biologiques sur le territoire. Il existe deux critères d’attribution : avoir plus de 6 % de la surface agricole du territoire en bio ou proposer plus de 22 % d’approvisionnement bio dans les services de restauration collective. Le Quesnoy a reçu ce label pour son taux de surface agricole utilisé en bio qui s’élève à 8,08 % (ndlr : Dans les Hauts-de-France, la surface agricole utile bio est de 2,8 %) Quelque 49 communes de la région sont labellisées « Terre bio engagé »

Lire aussi : Insolite : Des champignons bios dans des conteneurs

Hélène Graffeuille

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Agriculture Agriculture biologique Grande distribution Hauts-de-France

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