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Chou-fleur d’été : une spécialité régionale en recherche de jeunes producteurs

07-08-2020

Actualité

Culture

Le Marché de Phalempin (59), coopérative de producteurs des Hauts-de-France, se partage la majorité de la production du chou-fleur d’été avec la Sipema de Saint-Omer (62). Mais la filière, en manque de bras, s’affaiblit d’année en année avec les départs à la retraite. Les jeunes prendront-ils la relève ?

Terres et Territoires - chou-fleur d'été
Si la Bretagne est connue pour ses choux-fleurs d’hiver, le Nord et le Pas-de-Calais sont les plus grands producteurs de choux-fleurs d’été, dont la récolte a lieu de fin mai à octobre. ©DR

En pleine période estivale, l’activité bat son plein au sein de la coopérative du Marché de Phalempin (59). Des camions remplis de choux-fleurs arrivent sur les quais pour déposer les palettes. D’autres repartent le jour-même pour les distribuer dans les GMS (grandes et moyennes surfaces). Au total, 50 palettes transitent chaque jour sur le site.

La récolte des choux-fleurs d’été a démarré de manière prometteuse, durant la période post-confinement. Fin mai, les premières têtes ont été ramassées dans l’Audomarois et les Weppes ; principaux bassins de production du Nord et du Pas-de-Calais.

Chou-fleur d’été

« Nous sommes les premiers dans l’Hexagone à produire le chou-fleur d’été », rappelle Pascal Delebecque, responsable de développement du Marché de Phalempin (59). Si les choux-fleurs « classiques » d’hiver sont cultivés en Bretagne, la région des Hauts-de-France, elle, est championne pour la saison estivale. Facile et rapide à préparer, cette variété de chou de la famille des brassicacées se déguste aussi bien cuite que crue. « Les consommateurs ne le boudent pas. C’est au niveau du renouvellement des producteurs que la situation inquiète », note Pascal Delebecque.

19 : c’est le nombre de producteurs de choux-fleurs adhérents au Marché de Phalempin. Ils étaient 29 il y a six ans.

Malgré la pleine saison de récolte, l’atmosphère n’est pas optimiste concernant l’avenir de la filière. Pascal Delebecque tire d’ailleurs la sonnette d’alarme : « Pour les choux-fleurs, la demande est là, la rentabilité aussi. Mais cette filière, manuelle, est malheureusement boudée par les jeunes. Elle souffre d’une mauvaise image. Il y a pourtant du potentiel ! Surtout pour ceux qui veulent se tourner vers la diversification. »

Attirer les jeunes

« Les producteurs commencent à partir à la retraite, et les jeunes ne prennent pas la relève ». C’est ce que constate David Lesaffre, le responsable de la filière choux-fleurs pour la coopérative. « La nouvelle génération préfère se tourner vers la mécanisation », explique Pascal Delebecque. En effet, les pics de production demandent de la main-d’œuvre. « Les choux-fleurs ont besoin de beaucoup d’eau. Et quand il y a une bonne pluie, ils poussent très vite. Il ne faut pas attendre pour tout ramasser d’un coup », précise-t-il.

Ces moments de hausse d’activité nécessitent d’avoir assez de bras et donc d’embaucher. Mais les moyens financiers ne le permettent pas toujours, surtout pour les jeunes installés.

Terres et Territoires - L'entrepôt de 10 000 m2 de la coopérative du Marché de Phalempin
Pascal Delebecque (à gauche), responsable développement du Marché de Phalempin aux côtés de David Lesaffre, responsable production chou-fleur (à droite). ©DR

Dans la région, la Sipema de Saint-Omer a commercialisé l’an dernier 3 millions de têtes de choux-fleurs, et le Marché de Phalempin 1,6 million. Malgré ces beaux chiffres, le volume de production de choux-fleurs a été divisé par deux en six ans seulement.

8000 colis de 6 pièces : c’est le nombre de choux-fleurs qui peut être atteint en une journée lors du pic de récolte estivale.

Une filière porteuse

Malgré ce constat, la rentabilité est au beau fixe. « Les prix sont bons et la qualité est là », assure Pascal Delebecque qui surveille l’arrivée quotidienne des camions dans l’entrepôt. Seul bémol, la variabilité des prix, qui fluctuent d’une journée à l’autre et peuvent en refroidir certains. Pour preuve, ce jour-là, le prix affichait 1,15 € la pièce, loin des 80 centimes d’euros de la veille.

Cela dit, les 19 producteurs adhérents du Marché ont l’avantage de bénéficier du marché au cadran commun entre la coopérative de Saint Omer et le Marché de Phalempin, qui assure la clarté sur la fixation des prix. « Le chou-fleur fait figure d’exception. Ce système d’enchères dégressives, aujourd’hui électronique, est rassurant pour les producteurs », analyse Pascal Delebecque qui garde espoir pour attirer la nouvelle génération.

L’été, les choux-fleurs représentent 30 % des volumes de fruits et légumes collectés au Marché de Phalempin

Plus de 50 000 tonnes de fruits et légumes transitent chaque année par l’entrepôt de 10 000 m2 du Marché de Phalempin. Les choux-fleurs représentent 4 % des volumes, et plus de 30 % en pleine saison estivale. Une filière porteuse pour Pascal Delebecque, responsable développement de la coopérative : « Le but du Marché de Phalempin est d’être au service des producteurs. C’est un système cadré, qui assure la meilleure valorisation possible. » Aujourd’hui, la coopérative regroupe 230 adhérents dans les Hauts-de-France et 45 salariés. En 2019, elle a enregistré 60 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Lauren Muyumba

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