Votre météo par ville

Houblon : Accompagner le développement d’une filière locale

21-07-2022

Actualité

Culture

Mardi 12 juillet, Marie-Sophie Lesne, vice-présidente de la Région Hauts-de-France, est venue visiter l’exploitation de houblon d’Yvon Pruvost, qui est aussi président de la coopérative de houblon régionale. Objectif : déterminer les besoins de la filière pour mieux adapter les aides.

Le houblon est une plante vivace qui ne nécessite pas de semis. © EP

 « Avec l’essor des microbrasseries et de la consommation de bière, la demande de houblon a augmenté, explique Marie-Sophie Lesne, vice-présidente de la Région Hauts-de-France chargée de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la pêche. Or, dans les Hauts-de-France, nous n’avons pas de quoi couvrir les besoins des brasseurs, ce qui est dommage car ces microbrasseries ont souvent à cœur d’acheter leur houblon localement. Il y a donc un enjeu économique et d’approvisionnement local. »

C’est ce qui l’a poussée à venir visiter, sous un soleil caniculaire, mardi 12 juillet, la houblonnière d’Yvon Pruvost, producteur à Boeschèpe (59) et président de la coopérative de houblon régionale (CoopHouNord), qui regroupe les sept derniers producteurs de houblons de cette région. L’occasion de faire un point sur la filière pour en déterminer les besoins afin de mieux y répondre.

Il faut dire que la production de houblon reste modeste dans la région. Fortement concentrée dans les Flandres intérieures, pour ses terres humides et son soleil, la CoopHouNord représente 42 ha environ. Le tout pour une production, l’an passé, de 55 tonnes. « C’est moins microscopique que cela n’avait pu l’être », sourit Marie-Sophie Lesne. En effet, au plus bas de son activité, la filière houblon ne représentait plus que 27 ha dans les Hauts-de-France.

Marie-Sophie Lesne et Yvon Pruvost ont pu discuter de l’avenir de la filière. © EP

Yvon Pruvost et Marie-Sophie Lesne restent lucides : « L’idée n’est pas de produire les mêmes quantités de houblon qu’en Allemagne ou aux États-Unis ! L’objectif est simplement d’aider les jeunes qui voudraient se lancer. »

Investissements importants

Une cueilleuse est indispensable pour un houblonnier mais c’est aussi un investissement colossal. © E. P

Principal frein à cette installation : le coût. Selon Yvon Pruvost, il faut compter environ 100 000 € de frais par hectare. « Rien qu’une cueilleuse, qui est indispensable, neuve c’est au moins 400 000 €. D’occasion c’est moins cher mais ce n’est pas subventionnable », dit-il, d’un regard appuyé vers la vice-présidente qui en a pris bonne note. La sienne date des années 1970…

Quant à une mutualisation des machines : « C’est compliqué parce qu’on est assez loin les uns des autres et pour un hectare, il faut compter 30 remorques de transport ! En revanche, louer ma cueilleuse pour une toute petite production ça peut être envisageable », admet le président de la CoopHouNord.

L’arrachage se fait en septembre. Les tiges sont ensuite passées dans la cueilleuse qui va séparer les feuilles des cônes. Ce sont ces derniers qui sont ensuite mis à sécher : « On les ramasse à 80 % d’humidité et il faut qu’ils retombent à 10 %. On les met sur un séchoir qui est en fait un plancher percé sous lequel se trouve une soufflerie qui monte à 60 °C. On laisse ça 10 h et on recommence. Souvent, on récolte le jour et on sèche nuit », explique Yvon Pruvost. À savoir que la quasi-totalité du houblon produit dans les Hauts-de-France est transformée en pellet (en petites boules) et se revend entre 12 et 16 € le kilo pour le houblon conventionnel et environ 30 € le kilo pour du houblon bio.

Actuellement, les seules menaces pour le houblon sont les maladies, les tempêtes et la grêle. « Mais là, c’est vrai qu’avec deux canicules à la suite, même si nos terres sont humides, ça va faire un peu beaucoup… À long terme, il faudra peut-être passer par de l’irrigation. »

Humain et recherche

Des aides à l’installation et à l’investissement sont donc nécessaires. Bien qu’elles existent déjà dans « le panel d’aides régionales, elles méritent une réévaluation », concède Marie-Sophie Lesne. La vice-présidente souhaiterait également soutenir financièrement le travail de recherche et de sélection des variétés ainsi qu’aider à la structuration de la filière en « aidant à dégager du temps, à l’aide de moyens humains, pour que la filière puisse être dans une démarche plus commerciale. »

42 ha C’est la surface de houblon exploitée par les sept producteurs de la CoopHouNord.

Pour ce qui est de la recherche, actuellement dans les Hauts-de-France, une dizaine de variétés de houblon sont cultivées, mais aucune « de la région. Elles sont toutes importées d’Angleterre, des États-Unis… On ne veut pas se mettre à faire des variétés d’Alsace ou allemandes car la concurrence est déjà là. Et puis, même en faisant de l’américain, de l’alsacien ou de l’allemand, cela n’aura jamais le même goût. On aimerait bien trouver une variété qui change un peu et c’est une demande des brasseurs », explique Yvon Pruvost.

« Il y a un potentiel de doublement de la production, conclut Marie-Sophie Lesne. Mais il ne faut pas sauter les étapes, au risque de fragiliser les producteurs déjà présents et qui ont fait beaucoup. »   

Le calendrier du houblon

Mars. C’est le redémarrage de la saison. Il faut tailler et remettre en place les fils qui servent de tuteurs et qui montent à six mètres de haut.

Avril-mai. Il faut enrouler les tiges /lianes autour de la structure afin qu’elles aient la « tête au soleil », comme elles aiment.

Juillet. Le houblon fleurit.

Août. Les fleurs deviennent des cônes.

Septembre. C’est l’heure de la récolte. Il faut compter entre deux et trois jours par hectare.

Eglantine Puel

Lire aussi : La Brasserie du Pays flamand s’agrandit et lance ses canettes

Facebook Twitter LinkedIn Google Email
Noël autrement (4/4). De garde avec les soignants
À l'approche de Noël, nous sommes allés à la rencontre de personnes qui célèbrent cette fête de manière différe [...]
Lire la suite ...

Noël autrement (3/4). Une fête aux accents d’ailleurs
À l'approche de Noël, nous sommes allés à la rencontre de personnes qui célèbrent cette fête de manière différe [...]
Lire la suite ...

Émilie roibet, itinéraire d’une reconversion bien pensée
Architecte paysagiste de formation, Émilie Roibet a quitté ses bureaux lillois pour créer sa ferme florale "À l'ombr [...]
Lire la suite ...

Une Cuma qui a le sens de l’accueil
Localisée à Bois-Bernard, la Cuma " L'accueillante " est confrontée aux départs en retraite de ses membres, souvent [...]
Lire la suite ...

DOSSIER ÉNERGIE. À la centrale de Lens, le bois devient énergies
Unique dans la région, par son genre et sa taille, la centrale de cogénération de Lens produit à la fois de l'élect [...]
Lire la suite ...

Inondations : après la pluie, se reconstruire
Une semaine après les premières crues, le Pas-de-Calais tente d'émerger peu à peu, malgré la menace de nouvelles in [...]
Lire la suite ...

Inondations : 50 millions d’euros pour les collectivités sinistrées
Le chef de l'État en déplacement à Saint-Omer et à Blendecques, le mardi 14 novembre, a annoncé un plan d'aide pou [...]
Lire la suite ...

À la ferme du Major, “on crée de l’énergie”
La ferme d'insertion du Major, à Raismes, emploie 40 hommes et femmes éloignés de l'emploi pour leur permettre, en ac [...]
Lire la suite ...

Jean-Marie Vanlerenberghe : « L’attentat à Arras a souligné les failles du dispositif »
Ancien maire d'Arras et doyen du Sénat, Jean-Marie Vanlerenberghe réclame « une réponse ferme » mais dans le resp [...]
Lire la suite ...

Changer de goût et agir pour le futur
Plus saine, plus durable, plus accessible, l'alimentation de demain doit répondre à d'innombrables défis. À l'occasi [...]
Lire la suite ...

Retour sur la première édition du championnat international de la frite
Le premier championnat international de la frite s'est déroulé à Arras le samedi 7 octobre 2023. Soleil et ambiance [...]
Lire la suite ...

Jean-Paul Dambrine, le patron sensas’
Il est l'icône de la frite nordiste. À 75 ans, Jean-Paul Dambrine, fondateur des friteries Sensas et président du jur [...]
Lire la suite ...

Quatre lycéennes d’Anchin à la conquête de l’Andalousie
Iris, Angèle, Louise et Eulalie, lycéennes à l'Institut d'Anchin, ont passé trois semaines caniculaires près de Sé [...]
Lire la suite ...

Élections sénatoriales : dans le Nord, plusieurs nuances de rose, plusieurs nuances de bleu : l’éparpillement façon puzzle
Avec 11 sièges à pourvoir, c’est le département à renouveler le plus grand nombre de sièges derrière Paris : le [...]
Lire la suite ...

Élections sénatoriales : dans le Pas-de-Calais, la droite (presque) unie, la gauche en ordre dispersé et l’éventualité du Rassemblement National :
Pour les prochaines élections sénatoriales, les gauches ne font pas bloc dans le Pas-de-Calais. La droite, elle, table [...]
Lire la suite ...

Bonne fête à toutes les mares !
Du 1e au 9 juin, dans le cadre de la fête des mares, plusieurs évènements sont organisés dans le Nord et le Pas-de-C [...]
Lire la suite ...

Recyclage : Bons élèves les agriculteurs ?
Films plastiques, ficelles, bidons vides, big-bags, produits hors d'usage, ferrailles, huiles usagées, déchets de soin [...]
Lire la suite ...

La nature colorée du Jardin des Lianes
Du 31 mai au 2 juin, les Rendez-vous aux jardins proposent à tous de visiter les jardins et parcs du Nord et Pas-de-C [...]
Lire la suite ...

Lait prairies du Boulonnais : Les secrets d’un fromage blanc médaillé
Créée en 2014, la coopérative Lait prairies du Boulonnais ne cesse d'étendre sa gamme de desserts laitiers. Du yaour [...]
Lire la suite ...

Adivalor : Objectif 100 % de déchets collectés et recyclés d’ici 2030
Adivalor est l'acteur incontournable en matière de collecte et valorisation des déchets agricoles. L'éco-organisme s' [...]
Lire la suite ...

Numéro 365 : 17 mai 2024

Au cœur des terres

#terresetterritoires