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Le collectif comme clé de réussite

29-11-2019

Grand format

Terre à terre

La Cuma Bio-territoires, basée à Gouzeaucourt (59), regroupe une vingtaine de producteurs de légumes bio. Un modèle de coopérative qui demande des engagements de la part des adhérents. Un reportage dans le cadre de notre grand format sur les coopératives agricoles.

© DR

Au début, ils étaient quatre agriculteurs, producteurs de légumes bio dans le Nord. Afin de valoriser la vente de leurs légumes, ils décident d’investir dans un outil de conditionnement en Cuma (coopérative d’utilisation de matériel agricole). C’était en 2016. Depuis, leur aventure a pris de l’ampleur puisque la Cuma Bio-territoires compte désormais une vingtaine d’agriculteurs.

La valeur ajoutée dans les exploitations

C’est tout naturellement que les associés ont choisi de créer une Cuma. Déjà rodés à l’exercice, ils sont engagés dans une autre coopérative qui compte une cinquantaine d’agriculteurs.

« Nous voulons avant tout créer de la valeur, en vendant nos légumes déjà conditionnés, souligne Olivier Halluin, le président. Une entreprise a pour vocation de faire de la marge et ce n’était pas notre but. En Cuma, l’objectif est de partager un outil tout en gardant la valeur ajoutée dans nos exploitations. La forme juridique s’est imposée, d’autant plus que pour l’utilisation d’un matériel, la Cuma est bien adaptée. »

Partage de matériel et services, voilà le sens même d’une Cuma. Chaque adhérent s’engage dans l’utilisation de l’outil pendant sept ans et pour un tonnage de légumes défini.

Le président insiste, « la Cuma est là pour répondre aux besoins des adhérents ». Dans cette démarche, un groupe de 16 agriculteurs bio se crée autour de ce projet en 2017. Vu le nombre de tonnes à conditionner, (un peu plus de 4 000), ils font construire un grand bâtiment avec des chaînes adaptées.

« L’outil a été créé pour accueillir de nouveaux adhérents, raconte Olivier Halluin. D’ailleurs depuis, nous avons accueilli quatre producteurs de légumes supplémentaires et d’autres vont bientôt intégrer la Cuma. » Chaque adhérent acquiert des parts sociales dans la Cuma, sur le même principe que dans toute coopérative donc, et l’utilisation de l’outil est facturée au prorata du tonnage de légumes conditionné.

Des commissions pour impliquer

Coté gouvernance, la Cuma fonctionne comme une coopérative. Le principe « un homme, une voix » est respecté quel que soit le niveau de l’utilisation de l’outil. La Cuma Bio-terrtoires possède un conseil d’administration composé de six producteurs élus dont Olivier Halluin qui occupe le poste de président. Une fois dans l’année, une assemblée générale est organisée afin d’apporter de la transparence, renouveler les mandats des administrateurs et aussi pour valider les projets et les orientations de la Cuma.

L’implication des associés coopérateurs pourrait faire pâlir certaines coopératives. Leur secret ? Afin que tout le monde joue son rôle, chaque adhérent à la Cuma doit s’engager dans une commission. Selon les thématiques, les adhérents sont invités à réfléchir et à faire des propositions.

« Il y a une commission sur le matériel, en charge des machines, du bâtiment au niveau technique, explique Olivier Halluin. Une autre commission relative aux choix financiers a été mise en place. L’idée est d’étudier le suivi économique de la Cuma et de rédiger des dossiers de subventions notamment. Une dernière est responsable du management et de la gestion du personnel. » La Cuma emploie jusqu’à une quinzaine de personnes.

« Nous cherchons avant tout à travailler avec des agriculteurs qui ont le sens du collectif. Les producteurs viennent des quatre coins des Hauts-de-France, nous savons bien que la distance freine l’engagement de certains. Le principal est d’avoir de la communication entre nous. »

Olivier Halluin, président de la cuma Bio-Territoires

Pour Olivier Halluin, la Cuma Bio-territoires permet de ne pas être seul sur son exploitation, de pouvoir échanger, se remplacer si besoin et de réaliser le conditionnement des légumes à plusieurs. « C’est la force du collectif », martèle-t-il. Toutefois, un inconvénient demeure : même avec une structure de petite taille, il faut toujours beaucoup d’énergie pour mobiliser les adhérents. Prochain projet en tête : apporter des outils de transparence (indicateurs de volumes, de performance, de stocks…) aux producteurs pour essayer de les impliquer davantage. Toujours dans la même optique : être au service de l’adhérent.

Lucie Debuire

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