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24-04-2020

Une fête du travail peu festive pour le muguet

Le muguet ou « brin de bonheur » ne risque pas de faire beaucoup d’heureux ce 1er mai. Les fleuristes sont directement touchés par les restrictions liées au contexte de la crise sanitaire.

Terres et Territoires - muguet
Pour assurer la vente du muguet cette année, les producteurs vont se tourner vers la livraison, les retraits de commande et les GMS. © Pixabay

Avec les nouvelles mesures sanitaires qui s’imposent, le muguet n’échappe pas à la règle. La vente sera interdite sur la voie publique et les professionnels auront une autorisation, sous certaines conditions. Une vente « strictement encadrée », comme le précise la préfecture du Nord dans un communiqué du 22 avril 2020.

Les fleuristes resteront fermés, a prévenu le ministre de l’Agriculture, au grand regret de la fédération française des artisans fleuristes (FFAF). Bien que le muguet ne soit pas une spécialité de la région des Hauts-de-France, cette tradition française représente entre 20 000 et 30 000 euros par an, d’après la Fédération des maraîchers nantais.

« Cette année, beaucoup de confrères fleuristes ne vendront rien le 1er mai »

Christophe Van Beveren, gérant du Carrefour de la Fleur

Livraison et GMS

Les fleuristes pourront se tourner uniquement vers la livraison, la vente à emporter ou les magasins de grande distribution. Seuls les fleuristes qui diversifient leur activité (animalerie, alimentation…) bénéficieront de la possibilité d’ouvrir.

C’est le cas de Christophe Van Beveren, gérant du Carrefour de la Fleur à Montigny-en-Gohelle (62). Trois sites avec animaleries sont restés ouverts. « Mais, cette année, beaucoup de confrères fleuristes ne vendront rien le 1er mai. Nous avons nous-mêmes dû fermer l’un de nos magasins », témoigne-t-il avant de déclarer : « Les producteurs vont se tourner vers les GMS. »

Terres et Territoires - Le Carrefour de la Fleur
En plus de la boutique à Avion, Le Carrefour de la Fleur regroupe trois autres magasins dans la région, à Courcelles-lès-Lens, Montigny-en-Gohelle et Achicourt © Lecarrefourdelafleur

Son frère, producteur horticole sur le site d’Avion (62), va également livrer du muguet en pot ou en bouquet, mais il ne compte pas là-dessus pour renflouer les caisses : « Ça ne nous rapportera pas grand-chose. Le muguet coupé coûte seulement 2 euros environ le bouquet. Et comme les gens ne s’invitent plus, ils ne s’offriront pas de muguet », déclare Nicolas Van Beveren.

Un brin pessimiste

Demain, Christophe Van Beveren ira voir son producteur à Nantes. « J’ai réservé la moitié de ce que je pense vendre, mais les quantités risquent d’être faibles », avoue-t-il avant d’ajouter que « 60 % de la production en France » provient du producteur nantais Jean-François Vinet.

Pour les deux frères, la vente de muguet représente habituellement environ 80 000 euros de chiffre d’affaires, grâce à leur quatre magasins. Cette année, ils s’attendent à ne « rien vendre du tout, hormis les pots ». Quelques brins de muguets qui ne semblent pas suffire à rester optimiste.

Lauren Muyumba

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Faune et flore Grande distribution horticulture Marché agricole Politique

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