Votre météo par ville

Fleurs : Floa Poa, des fleurs séchées naturelles et du Nord

25-10-2023

Actualité

C’est tout frais

En 2022, Christine Buret-Bonnaillie change de vie pour se consacrer à la production de fleurs séchées, renouant avec une passion d’enfance. Du semis à la vente, elle développe une autonomie de son activité, pour en tirer le meilleur.

Christine Buret-Bonnaillie a changé de vie pour produire et vendre des fleurs séchées.
© Celia Swaenepoel

En 2022, Christine Buret-Bonnailie décide de faire un virage à 180° et de quitter son emploi de cheffe de projet digital pour devenir productrice de fleurs séchées. Un virage que la quadragénaire (« tout pile ! ») rêvait de faire depuis un bon bout de temps.

Du plus loin qu’elle se souvienne, elle a « toujours aimé les fleurs… Mais tout le monde aime les fleurs non ? » Certes, mais tout le monde n’en fait pas son métier. « J’ai plusieurs photos de moi petite avec des fleurs ou des graminées dans les mains. Mon frère m’a rappelé cette histoire : mon père, qui était instructeur pilote, nous avait emmenés en avion faire un tour. Au retour, j’avais ramené du blé et j’en avais mis partout ! »

Du digital aux fleurs

Pourtant, c’est la voie du digital que choisit dans un premier temps Christine Buret-Bonnaillie : « Le projet de travailler avec les fleurs a toujours été dans ma tête. Au cours de mes études, j’ai même voulu me réorienter pour faire un CAP fleuriste à l’institut de Genech, mais on m’a mise en garde. Si je voulais me lancer en fleuriste indépendante, il me fallait des fonds, que je n’avais pas… »

Et puis, en 2020, le rêve devient une idée, puis un projet lorsqu’elle décide de suivre une formation en ligne, celle de Floret Flower, d’Erin Benzakein, une influenceuse américaine qui possède une ferme à fleurs. Elle se lance aussi dans un BTS horticulture avec l’ESA d’Angers, en distanciel, et pour lequel elle est en stage chez Anne-Emmanuelle Delmotte (Une petite graine, lire aussi notre édition du 25 juin 2021).

Christine Buret-Bonnaillie quitte son travail et crée l’entreprise Floa Poa (« pour le jeu de mots avec flower power ») pour tester son idée de bouquets de fleurs séchées naturelles et locales. En parallèle, elle adhère à l’association À petits pas pour se « faire accompagner sur tout ce qui concerne l’administratif, la comptabilité, le juridique… »

Les fleurs séchées : de désuètes à tendances

En effet, dès la formation Floret Flower, le projet était bien celui de produire des fleurs séchées, de A à Z. « Depuis un peu plus de cinq ans, il y a un vrai renouveau dans les fleurs séchées. Avant, ça avait une image un peu désuète… Aujourd’hui, ça correspond aux attentes en termes de durabilité, à la fois temporelle et écologique, bien qu’il faille se méfier… » Pour se former, pas de secrets : « J’ai écrémé internet et je suis allée me renseigner auprès de producteurs. Et bien sûr, j’ai fait et je fais beaucoup de tests. »

45 espèces de fleurs

Aujourd’hui, Christine Buret-Bonnaillie produit une grande partie de ses semences, avec lesquelles elle produit des plants « que je cultive dans une serre dans mon jardin. J’aime l’idée d’une certaine autonomie et puis, grâce à ça, je peux faire de la sélection variétale pour adapter au mieux les fleurs à ma terre ».

Ces plants sont plantés dans un champ de 1 500 m2, sur un terrain qu’elle possède près du Mont des Cats, au début du printemps. « Je suis actuellement au stade C2 de ma conversion bio. Je devrais pouvoir faire l’audit en 2024. » En attendant la récolte, il faut pailler, surveiller l’enherbement et « pincer les fleurs. C’est-à-dire couper la tige principale pour créer des ramifications. L’avantage d’un plant, c’est qu’il peut donner beaucoup de fleurs ! La récolte se déroule entre juin et septembre, avec un pic en juillet et août. » Finalement, les fleurs séchées sont des fleurs d’été, comme si « on voulait capturer le soleil pour l’hiver ! »

Les fleurs séchées sont estivales, elles capturent le soleil. © E. P.

Tout est manuel ici et tout a été dimensionné pour que Christine Buret-Bonnaillie puisse le faire seule. Les fleurs sont ensuite effeuillées, mises en bottes et amenées au séchoir, « fabriqué maison » au fur et à mesure. « Cela prend entre une et trois semaines selon les fleurs. Pour bien sécher, chaque fleur doit être récoltée à un stade de croissance bien précis. Aujourd’hui, les 45 espèces que je cultive sont celles où je maîtrise cela. » Lumina, Achillée, Scabieuse… Le séchoir est empli de bottes de fleurs suspendues la tête en bas.

Pour le séchage, Christine Buret-Bonnaillie utilise la technique de la déshydratation, dans l’obscurité pour « préserver les couleurs. Car chez certains fleuristes ou dans certaines boutiques, il est à noter que les fleurs ont été décolorées puis teintées avec des produits chimiques… Il faut se méfier d’un bouquet de fleurs séchées qui, visuellement, ne bouge pas au bout de six mois. On peut évidemment garder plus longtemps un bouquet séché avec des fleurs non traitées, mais les fleurs se patinent. »

Têtes en bas, les fleurs vont sécher dans l’obscurité pendant plusieurs jours, voir plusieurs semaines.
© E. P.

Vendre en local

Pour le moment, étant donné son emploi du temps et sa formation à suivre, « je ne peux pas me consacrer à 100 % à l’entreprise », explique-t-elle. Aussi, un quart de sa production est vendu à des fleuristes et/ou créateurs, le reste à des particuliers. « J’aimerais arriver à 50-50. Pour les pros, je vends des bottes et pour les particuliers des bouquets (de 10 à 30 €) qu’on peut trouver dans des boutiques partenaires et je fais aussi quelques marchés de producteurs ».

Pour le moment, l’essentiel de l’activité de Floa Poa est les bouquets, mais à terme, Christine souhaite vendre de plus en plus à des créateurs. © Celia Swaenepoel

En 2024, une fois son BTS obtenu, Christine souhaite développer l’activité avec, peut-être, un système de précommande en ligne et retrait du bouquet en magasin.. « Une chose est sûre, j’ai encore plein d’idées ! » 

Christine Buret-Bonnaillie. © Celia Swaenepoel

Christine Buret-Bonnaillie en quatre dates

2006. Elle obtient un master Ingénierie du document, édition, médiation multimédia et devient cheffe de projet digital.

2021. Elle se forme en ligne avec Floret Flow à la culture de fleurs coupées.

2022. Elle quitte son travail, adhère à “À petits pas” pour lancer son entreprise Floa Poa et débute un BTS horticulture.

2024. Elle devrait obtenir son BTS et enfin être à 100 % dans son entreprise pour développer de nouveaux projets.

Eglantine Puel

Facebook Twitter LinkedIn Google Email
Noël autrement (4/4). De garde avec les soignants
À l'approche de Noël, nous sommes allés à la rencontre de personnes qui célèbrent cette fête de manière différe [...]
Lire la suite ...

Noël autrement (3/4). Une fête aux accents d’ailleurs
À l'approche de Noël, nous sommes allés à la rencontre de personnes qui célèbrent cette fête de manière différe [...]
Lire la suite ...

Émilie roibet, itinéraire d’une reconversion bien pensée
Architecte paysagiste de formation, Émilie Roibet a quitté ses bureaux lillois pour créer sa ferme florale "À l'ombr [...]
Lire la suite ...

Une Cuma qui a le sens de l’accueil
Localisée à Bois-Bernard, la Cuma " L'accueillante " est confrontée aux départs en retraite de ses membres, souvent [...]
Lire la suite ...

DOSSIER ÉNERGIE. À la centrale de Lens, le bois devient énergies
Unique dans la région, par son genre et sa taille, la centrale de cogénération de Lens produit à la fois de l'élect [...]
Lire la suite ...

Inondations : après la pluie, se reconstruire
Une semaine après les premières crues, le Pas-de-Calais tente d'émerger peu à peu, malgré la menace de nouvelles in [...]
Lire la suite ...

Inondations : 50 millions d’euros pour les collectivités sinistrées
Le chef de l'État en déplacement à Saint-Omer et à Blendecques, le mardi 14 novembre, a annoncé un plan d'aide pou [...]
Lire la suite ...

À la ferme du Major, “on crée de l’énergie”
La ferme d'insertion du Major, à Raismes, emploie 40 hommes et femmes éloignés de l'emploi pour leur permettre, en ac [...]
Lire la suite ...

Jean-Marie Vanlerenberghe : « L’attentat à Arras a souligné les failles du dispositif »
Ancien maire d'Arras et doyen du Sénat, Jean-Marie Vanlerenberghe réclame « une réponse ferme » mais dans le resp [...]
Lire la suite ...

Changer de goût et agir pour le futur
Plus saine, plus durable, plus accessible, l'alimentation de demain doit répondre à d'innombrables défis. À l'occasi [...]
Lire la suite ...

Retour sur la première édition du championnat international de la frite
Le premier championnat international de la frite s'est déroulé à Arras le samedi 7 octobre 2023. Soleil et ambiance [...]
Lire la suite ...

Jean-Paul Dambrine, le patron sensas’
Il est l'icône de la frite nordiste. À 75 ans, Jean-Paul Dambrine, fondateur des friteries Sensas et président du jur [...]
Lire la suite ...

Quatre lycéennes d’Anchin à la conquête de l’Andalousie
Iris, Angèle, Louise et Eulalie, lycéennes à l'Institut d'Anchin, ont passé trois semaines caniculaires près de Sé [...]
Lire la suite ...

Élections sénatoriales : dans le Nord, plusieurs nuances de rose, plusieurs nuances de bleu : l’éparpillement façon puzzle
Avec 11 sièges à pourvoir, c’est le département à renouveler le plus grand nombre de sièges derrière Paris : le [...]
Lire la suite ...

Élections sénatoriales : dans le Pas-de-Calais, la droite (presque) unie, la gauche en ordre dispersé et l’éventualité du Rassemblement National :
Pour les prochaines élections sénatoriales, les gauches ne font pas bloc dans le Pas-de-Calais. La droite, elle, table [...]
Lire la suite ...

Bonne fête à toutes les mares !
Du 1e au 9 juin, dans le cadre de la fête des mares, plusieurs évènements sont organisés dans le Nord et le Pas-de-C [...]
Lire la suite ...

Recyclage : Bons élèves les agriculteurs ?
Films plastiques, ficelles, bidons vides, big-bags, produits hors d'usage, ferrailles, huiles usagées, déchets de soin [...]
Lire la suite ...

La nature colorée du Jardin des Lianes
Du 31 mai au 2 juin, les Rendez-vous aux jardins proposent à tous de visiter les jardins et parcs du Nord et Pas-de-C [...]
Lire la suite ...

Lait prairies du Boulonnais : Les secrets d’un fromage blanc médaillé
Créée en 2014, la coopérative Lait prairies du Boulonnais ne cesse d'étendre sa gamme de desserts laitiers. Du yaour [...]
Lire la suite ...

Adivalor : Objectif 100 % de déchets collectés et recyclés d’ici 2030
Adivalor est l'acteur incontournable en matière de collecte et valorisation des déchets agricoles. L'éco-organisme s' [...]
Lire la suite ...

Numéro 365 : 17 mai 2024

Au cœur des terres

#terresetterritoires