Votre météo par ville

Wagnonville : Le campus qui brasse, cultive et élève

08-11-2023

Actualité

C’est tout frais

Créé en 1894, le campus de Wagnonville, à Douai, est depuis devenu une entité à plusieurs têtes et une référence pour l’enseignement des biotechnologies. Avec quatre sites et 2 000 apprenants, son ancrage territorial est plus que jamais un objectif et une philosophie.

De gauche à droite, Eddy Palin, chargé de communication, David Lutun, Pauline Bellay, Alexandre Berth, Fabrice Henry et Stéphane Dubois. Ensemble, ils organisent les enseignements du campus. © E. P.

À Douai, le lycée Biotech, qui fait partie du campus de Wagnonville, ressemble, au premier abord, à un lycée des plus classiques. Mais une fois les portes passées, il n’en est plus rien. Sur près de huit hectares s’étendent bâtiments, laboratoires, malterie, microbrasserie et même exploitation agricole.

Et encore, on ne parle que du lycée Biotech. Car, ce lycée fait partie du campus de Wagnonville, composé de trois sites et d’une antenne de formations. « On est implanté dans tous le sud du département du Nord. Mais comme on ne peut pas s’appeler le campus du sud du Nord, on s’est appelé le campus de Wagnonville, nom choisi en raison de l’ancrage historique du site », plaisante Fabrice Henry, directeur de l’établissement. Il n’en reste pas moins que Wagnonville est une grosse machine qui a beaucoup changé en presque 130 ans.

1. Son histoire

Tout commence le 3 novembre 1894 lorsque 17 élèves font leur rentrée dans cette école agricole de Douai. « À l’époque, l’enseignement était vraiment tourné sur l’agronomie », explique Fabrice Henry. Parallèlement se développe un enseignement arboricole et horticole qui ira même à la création en 1957 d’une école d’horticulture. En 1977, ce qui est alors le collège de Wagnonville devient un lycée. Les locaux s’agrandissent, de nouveaux sites sont créés.

Dans les années 1980, le site de Douai prend un virage vers l’enseignement des biotechnologies. Et en 2019, Wagnonville s’organise en campus. Il est aujourd’hui composé du lycée Biotech à Douai (directeur adjoint : Vincent Detalle), du lycée Les 3 chênes à Le Quesnoy (directeur adjoint : Alexandre Boucard) et du lycée Charles Naveau à Sains-du-Nord (directeur adjoint : Stéphane Dubois) et d’un centre de formations pour adultes qui pilote l’activité d’apprentissage (directeur : Alexandre Berth).

2. Ses infrastructures

Une des particularités du campus de Wagnonville est que chaque établissement dispose d’un pendant « pratique » avec une exploitation rattachée à chaque site. Ainsi, le lycée Biotech a la ferme brasserie de Wagnonville ; le lycée des 3 chênes a la ferme de Potelle et le lycée Charles Naveau a la ferme du Défriché.

Pour le site de Douai, c’est facile : on fait de la bière. Mais pas que, le lycée possède aussi un « hall » agroalimentaire tout équipé ainsi qu’un « hall » autour des métiers de l’eau. « Moi je venais de l’industrie agroalimentaire, quand je suis arrivé ici c’était super, car il y avait tous les équipements, mais en petit. J’avais l’impression de jouer à la dînette », rigole David Lutun, responsable de l’exploitation agricole et de la microbrasserie. Douai possède aussi un « hall » scientifique avec sept laboratoires.

La ferme du Potelle à Le Quesnoy, bio et sous la responsabilité de Pauline Bellay, est composée de 40 vaches laitières de la race Bleue du Nord et possède un atelier de transformation fromages et yaourts. Comme pour la bière d’ailleurs, « nous vendons nos produits dans une boutique au lycée, mais nous sommes aussi distribués dans des épiceries et des cantines », explique Pauline Bellay.

Enfin, le site de Sains-du-Nord dispose entre autres d’un hall dédié aux services aux personnes et la ferme du Défriché qui lui est rattaché développe une activité viande avec un troupeau de vaches limousines allaitantes (50) et de brebis Suffolk (140), sur une exploitation bio de 80 ha conduite en agroécologie.

Ici, un fort tournant vers « l’agroforesterie a été pris. Plus de 200 arbres fruitiers ont déjà été plantés et 770 arbres devraient les rejoindre prochainement pour arriver à un total de 1 000 arbres. Ce projet a été financé à 90 % par la Région dans le cadre du plan Un million d’arbres », détaille Stéphane Dubois.

À lire aussi : les formations de Wagnonville

3. Sa philosophie

« La philosophie du campus de Wagnonville se découpe en trois axes : être un outil au service du développement des territoires et des professionnels, accompagner chaque jeune dans sa réussite (professionnelle, personnelle et de citoyen) en les emmenant le plus loin possible avec nous et accompagner les transitions », déclare Fabrice Henry.

Il en veut pour preuve l’offre de formations initiales mais aussi de formations en continu, avec leur antenne au lycée horticole de Raismes (lire aussi en page ci-contre). « On y propose plusieurs formations à destination des personnes en situation de handicap ou des demandeurs d’emploi, entre autres », indique Alexandre Berth.

« On peut répondre à des besoins ponctuels et permanents et nous permettons à des professionnels (agriculteurs par exemple) d’utiliser nos équipements régulièrement (par exemple, Myriam Grouselle de La maison du nombre d’or, lire notre édition du 30 juin) », précise le directeur.

4. Ce qui a changé en 10 ans

Plusieurs choses ont changé en dix ans. « Une première chose c’est la place des biotechnologies dans nos enseignements et la place des sciences. »

Ensuite, l’ancrage territorial du campus avec, par exemple, le développement du « Pavé bleu », fromage désigné comme modèle pour le développement de la race Bleue du Nord ou encore la marque Escreboise pour les bières produites dans la microbrasserie.

Enfin, le développement de projets agroécologiques forts comme l’implantation de vergers sur la ferme du Défriché ou encore la conversion en bio de cette dernière et de la ferme du Potelle.

5. Ses projets

Dans le prolongement de ces changements, les projets du campus de Wagnonville sont nombreux et éclectiques tout en étant cohérents avec sa philosophie.

Premier gros projet : l’ouverture à l’international. « Depuis septembre 2022, nous avons une section européenne anglais sur le site de Douai et mon rêve secret serait de créer un parcours brassicole international », sourit, malicieux le directeur.

Le campus souhaiterait également développer l’autonomie de ses exploitations an allant jusqu’au bout du processus de transformation. « Par exemple, installer un atelier de jus sur la ferme du Défriché », ou une distillerie en plus de la microbrasserie à Douai.

L’idée est également d’augmenter le niveau des formations en proposant des masters, pourquoi pas un diplôme d’ingénieur, mais aussi de digitaliser davantage une partie des formations. Dans la philosophie d’être un outil pour les professionnels, le campus de Wagnonville a aussi pour ambition de renforcer et développer ses partenariats avec des entreprises. Enfin, pour la rentrée de 2024, une section sport badminton doit voir le jour. 

Eglantine Puel

Facebook Twitter LinkedIn Google Email
Noël autrement (4/4). De garde avec les soignants
À l'approche de Noël, nous sommes allés à la rencontre de personnes qui célèbrent cette fête de manière différe [...]
Lire la suite ...

Noël autrement (3/4). Une fête aux accents d’ailleurs
À l'approche de Noël, nous sommes allés à la rencontre de personnes qui célèbrent cette fête de manière différe [...]
Lire la suite ...

Émilie roibet, itinéraire d’une reconversion bien pensée
Architecte paysagiste de formation, Émilie Roibet a quitté ses bureaux lillois pour créer sa ferme florale "À l'ombr [...]
Lire la suite ...

Une Cuma qui a le sens de l’accueil
Localisée à Bois-Bernard, la Cuma " L'accueillante " est confrontée aux départs en retraite de ses membres, souvent [...]
Lire la suite ...

DOSSIER ÉNERGIE. À la centrale de Lens, le bois devient énergies
Unique dans la région, par son genre et sa taille, la centrale de cogénération de Lens produit à la fois de l'élect [...]
Lire la suite ...

Inondations : après la pluie, se reconstruire
Une semaine après les premières crues, le Pas-de-Calais tente d'émerger peu à peu, malgré la menace de nouvelles in [...]
Lire la suite ...

Inondations : 50 millions d’euros pour les collectivités sinistrées
Le chef de l'État en déplacement à Saint-Omer et à Blendecques, le mardi 14 novembre, a annoncé un plan d'aide pou [...]
Lire la suite ...

À la ferme du Major, “on crée de l’énergie”
La ferme d'insertion du Major, à Raismes, emploie 40 hommes et femmes éloignés de l'emploi pour leur permettre, en ac [...]
Lire la suite ...

Jean-Marie Vanlerenberghe : « L’attentat à Arras a souligné les failles du dispositif »
Ancien maire d'Arras et doyen du Sénat, Jean-Marie Vanlerenberghe réclame « une réponse ferme » mais dans le resp [...]
Lire la suite ...

Changer de goût et agir pour le futur
Plus saine, plus durable, plus accessible, l'alimentation de demain doit répondre à d'innombrables défis. À l'occasi [...]
Lire la suite ...

Retour sur la première édition du championnat international de la frite
Le premier championnat international de la frite s'est déroulé à Arras le samedi 7 octobre 2023. Soleil et ambiance [...]
Lire la suite ...

Jean-Paul Dambrine, le patron sensas’
Il est l'icône de la frite nordiste. À 75 ans, Jean-Paul Dambrine, fondateur des friteries Sensas et président du jur [...]
Lire la suite ...

Quatre lycéennes d’Anchin à la conquête de l’Andalousie
Iris, Angèle, Louise et Eulalie, lycéennes à l'Institut d'Anchin, ont passé trois semaines caniculaires près de Sé [...]
Lire la suite ...

Élections sénatoriales : dans le Nord, plusieurs nuances de rose, plusieurs nuances de bleu : l’éparpillement façon puzzle
Avec 11 sièges à pourvoir, c’est le département à renouveler le plus grand nombre de sièges derrière Paris : le [...]
Lire la suite ...

Élections sénatoriales : dans le Pas-de-Calais, la droite (presque) unie, la gauche en ordre dispersé et l’éventualité du Rassemblement National :
Pour les prochaines élections sénatoriales, les gauches ne font pas bloc dans le Pas-de-Calais. La droite, elle, table [...]
Lire la suite ...

Numéro 368 : 7 juin 2024

Terres en fête. Dans les pas des champions du Savoir vert
Terres en fête, c'est l'occasion pour le grand public de découvrir un monde parfois trèèèèès inconnu. Des dizaine [...]
Lire la suite ...

Terres en fête : 85 000 visiteurs, 550 exposants et des organisateurs contents
Terres en fête s'est déroulé du vendredi 7 au dimanche 9 juin à Tilloy-lès-Mofflaines. 85 000 visiteurs ont arpen [...]
Lire la suite ...

Flandre : Florian Djebouri a transformé sa passion pour les chiens en métier
Sur Terres en fête, Florian Djebouri faisait des démonstrations de chiens de troupeau. L'occasion de rencontrer ce tou [...]
Lire la suite ...

Élections européennes et dissolution : avec quelles conséquences ?
Quelles conséquences sur le monde agricole vont avoir les élections européennes et la dissolution de l'Assemblée nat [...]
Lire la suite ...

« Il n’y a pas d’ambiguïté, notre objectif est de produire »
Pour Agnès Pannier-Runacher, « si on nie le dérèglement climatique - comme le fait l'extrême-droite - on tue l'agr [...]
Lire la suite ...

Au cœur des terres

#terresetterritoires