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De Rio à Malo : la ferveur du carnaval avec Marion Canu

06-03-2024

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Grande amatrice des carnavals des Flandres et originaire du Pas-de-Calais, Marion Canu a décidé, cette année, d’ouvrir ses horizons. Direction le Brésil et le mondialement célèbre carnaval de Rio de Janeiro.

Pour sa première soirée de carnaval, Marion Canu a choisi d'assister au défilé des écoles de samba.
Pour sa première soirée de carnaval, Marion Canu a choisi d’assister au défilé des écoles de samba.

 C’est sur ses paupières, fardées de paillettes vertes et dorées, que Marion Canu porte les couleurs du Brésil. Elle y a atterri le 30 janvier, accompagnée de son ami Julien, qu’elle surnomme « Tichef ». « J’ai toujours été attirée par ce pays », entame la jeune femme, âgée de 28 ans et originaire de Busnes, dans le Pas-de-Calais. Les « spécificités culturelles » de l’endroit, dit-elle, la « fascinent » : sa samba, ses cariocas – les natifs de Rio de Janeiro au don inné pour la musique -, ses lieux iconiques, à l’instar de la plage de Copacabana ou du Corcovado, colline en haut de laquelle trône la célèbre statue du Christ Rédempteur.

Surtout, elle nourrit un rêve que bien d’autres partagent : prendre part au mythique carnaval de Rio, qui s’est tenu, cette année, du vendredi 9 février au samedi 17 février. « Je suis venue ici pour participer à quelque chose de plus grand, de plus impressionnant encore que Dunkerque », énonce cette habituée des carnavals du Nord. Elle a d’ailleurs enchaîné, dès son retour du Brésil, avec la bande de Malo-les-Bains.

Fierté nationale

Comme elle, 7 millions de personnes ont assisté à l’édition 2024 de la plus grande fête du Brésil, d’après les chiffres de la préfecture de Rio qui estime les retombées économiques à 5 milliards de réals brésiliens, soit quasiment un milliard d’euros. Les secteurs du tourisme, de l’événementiel, de l’art, mais aussi du transport, des médias et de la publicité sont les premiers concernés. L’événement, aujourd’hui érigé au rang de fierté nationale, résulte d’un mélange entre les cultures africaines et portugaises. Le premier bal s’est tenu en 1840 : à l’époque, on y dansait la valse et la polka, la samba ne s’étant imposée qu’à partir de 1917.

Pour sa première soirée, Marion Canu assiste à la démonstration la plus « formelle » du carnaval : le défilé des écoles de samba au sein du bien-nommé Sambodrome. Il s’agit d’une portion d’avenue fermée pour l’occasion et occupée par des gradins dont la capacité atteint les 75 000 spectateurs. Les meilleures écoles de samba du Brésil y défilent sur 700 mètres. Chaque passage dure une heure environ, si bien que la soirée, qui débute à 20 h, ne s’achève qu’aux alentours de 3, 4, voire 5 h du matin. « On a choisi de venir le vendredi car c’est le défilé des écoles de seconde division et le tarif est plus avantageux », détaille Marion Canu. Elle a déboursé 27 euros pour une place libre en gradin. Les dimanche 11 et lundi 12 février, jours consacrés aux écoles du groupe « spécial », le tarif grimpe jusqu’à une centaine d’euros (en gradin).

Le défilé des écoles de samba a lieu au sein du biennommé
Sambodrome, une portion d’avenue fermée pour
l’occasion.
Le défilé des écoles de samba a lieu au sein du biennommé Sambodrome, une portion d’avenue fermée pour l’occasion.

Mais l’expérience vaut son prix : le spectacle est grandiose. De longs cortèges s’enchaînent, ouverts par les portas bandeiras, qui agitent le drapeau de leur école de samba et composés d’une multitude de danseurs, de musiciens et d’énormes chars. Chaque école a préalablement choisi un thème, qu’elle illustre à travers ses costumes et son décor. « J’ai repéré des drapeaux français et la cocarde portugaise dans un défilé. Je pense que ça évoque l’histoire des navigateurs », commente Marion Canu.

Le public est électrisé : la même chanson est diffusée en boucle durant l’heure entière du passage. « J’ai la tête qui va exploser », rit la Busnoise. Dans les loges, le jury note la qualité et l’harmonie de chaque cortège. Après quatre jours de compétition, c’est l’école de samba Viradouro qui sera sacrée championne, son défilé sur le thème de l’Afrique salué par un score parfait.

De longs cortèges s’enchaînent, composés d’une multitude de danseurs, de musiciens et d’énormes chars.

Ce qui se passe à Rio…

Le lendemain, le samedi 10 février, Rio s’éveille au rythme des parades de rue, les « blocos ». Dès 7 h du matin, tambours et échassiers envahissent les quartiers de la ville, aux noms plus oniriques les uns que les autres : Copacabana, Ipanema, Santa Teresa, Glоria… Marion Canu, elle, loge à Flamengo, dont la place principale est prise d’assaut par une foule survoltée et déguisée. « Incroyable, cette ambiance », lâche la jeune femme.

Partout se sont montés des kiosques où se vendent déguisements, couvre-chefs et accessoires en tout genre. La Busnoise s’offre un tutu blanc en tulle, son ami Julien opte pour une casquette de capitaine et des bretelles. La marchande leur ordonne en riant : « En dessous, un maillot de bain et c’est tout !  » Le thermomètre, il faut dire, indique 33 °C. À midi, le binôme entame sa première Caïpirinha, le cocktail brésilien par excellence, cachaça, citron vert et sucre. En ce qui concerne la suite de l’histoire, on nous l’a fait promettre : ce qui se passe à Rio, reste à Rio… 

Lire aussi : La bande de Malo comme un retour aux sources pour Marion Canu

Marion Lecas

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