Votre météo par ville

Expérience : Maëlys en mission solidarité au Togo

09-05-2023

Actualité

#Tracetonsillon

En juin dernier, Maëlys Tamboise, étudiante à l’ISA de Lille, est partie au Togo dans une ferme agroécologique durant un mois. Retour sur une expérience inoubliable et riche d’enseignements.

Maëlys Tamboise (au premier plan), étudiante à l’ISA, est partie au Togo avec quatre camarades pour une
mission de solidarité dans une ferme agroécologique. Ils ont collaboré avec des étudiants togolais. © D. R.

Un projet dans une ferme agroécologique

L’étudiante s’est investie dans le projet Eco Togo. « C’est un projet d’agroécologie qui accompagne quatre femmes qui ont perdu leur mari, afin qu’elles puissent être indépendantes financièrement grâce à l’agriculture, dans le petit village de Zogbépigmé, au sud du Togo à une soixantaine de kilomètres de la capitale, Lomé », détaille Maëlys.

Durant l’année, en collaboration avec VADD (Vision Afrique de demain), une association étudiante togolaise, les bénévoles du Gedam réalisent des dossiers de subventions afin de pouvoir se rendre sur place, ainsi que différentes actions pour récolter de l’argent pour financer leurs projets.

Tous les ans, un groupe de cinq étudiants s’envole pour passer un mois aux côtés de ces femmes. « Une parcelle d’un hectare a été mise à leur disposition par le chef du village, elles cultivent dessus. Lorsque nous y allons, nous les aidons dans leurs travaux et nous en profitons aussi pour leur faire quelques formations en agroécologie. »

Maëlys Tamboise a eu la chance de pouvoir faire partie du voyage en juin de l’année dernière. La jeune fille est partie avec Melyn Pelissier, Chiara Di Jiacomo et Delphine Combé Morel, également étudiantes en deuxième année à l’ISA à l’époque, ainsi que Mattéo Devos, qui, lui, était en troisième année.

Le tourisme à travers le travail de la terre

Un voyage qui a complètement dépaysé le groupe d’étudiants : « Il faisait très chaud. Si la langue officielle du pays est le français, les femmes avec qui nous travaillions ne parlaient que l’éwé. La communication n’a pas toujours été facile, mais les bénévoles de VADD étaient là pour faire la traduction. Sans parler du confort qui était assez sommaire. Les toilettes étaient un simple trou qui donnait sur une fosse d’où sortaient parfois des mouches ou des cafards… Nous nous lavions avec un seau, on dormait sur un matelas à même le sol… Mais finalement, on s’y est fait en quelques jours ! C’était aussi un choix pour moi, je ne suis pas partie pour faire seulement du tourisme, je voulais aider à mon échelle, découvrir une autre culture, aller à la rencontre les habitants… »

Les matinées étaient dédiées au travail avec les femmes sur la parcelle. Aubergines, piments, maïs, cacahuètes, épinards mais aussi papayes y sont notamment cultivés. Les Français ont désherbé, planté ou encore arrosé. « Le système d’arrosage est d’ailleurs assez rudimentaire, ça se fait à l’aide d’un robinet, un peu comme nous pour notre jardin. » Le groupe d’étudiants avait également ramené des semences de France, comme des fraisiers ou encore des framboisiers qu’on ne trouve pas au Togo, « pour tester », explique Maëlys.

Durant l’année, les cinq étudiants avaient préparé des formations à dispenser aux femmes togolaises. « Nous avons fait des fiches pour que cela soit assez visuel. »

Découverte du compost pour les Togolais

Les agricultrices togolaises ont ainsi pu en apprendre davantage sur le compost.

« Nous avons creusé un trou puis déposé alternativement une couche de matière sèche et une autre de déchets de cuisine. Mais il n’y a pas autant de gaspillage qu’en France et la parcelle est à vingt minutes de leur habitation, donc ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus pratique, reconnaît l’étudiante avant d’ajouter, c’était aussi l’occasion de leur parler des déchets qui jonchent la nature. Les Togolais ne sont pas aussi sensibilisés que nous sur ce thème. Ils ont des poubelles chez eux, mais celles-ci sont vidées dans les ruisseaux et les déchets se retrouvent donc dans l’environnement. Nous leur avons expliqué que cela était aussi de la pollution. Il n’existe pas de système de recyclage, l’un de nous est même reparti avec quelques déchets dans son sac pour qu’ils puissent être recyclés en France », confie Maëlys.

Bientôt un poulailler

Un poulailler devrait bientôt être construit sur la parcelle, l’occasion donc de prodiguer quelques conseils sur le sujet. « Nous leur avons expliqué la surface qu’il fallait laisser aux poules, leur ration alimentaire, ce que l’on pouvait leur donner à manger… », énumère-t-elle.

Les étudiants de l’ISA ont également abordé le sujet des rotations et associations de cultures.

Les étudiants de l’ISA et les étudiants togolais. © D. R.

« Ce sont des principes qu’elles pratiquaient déjà mais sans trop savoir pourquoi. Elles associent le maïs, qui grâce à ses racines profondes, structure le sol, avec le haricot qui capte l’azote dans l’air et qui le transmet au maïs qui en est très friand, et la courge qui couvre le sol et évite l’érosion et l’évaporation. Elles associent également le manioc et les arachides. »

Une formation sur le purin de neems a également été dispensée. « Il n’y a pas d’orties là-bas alors on s’adapte à ce qu’il y a sur place. Ce purin sert de bio-insecticide, il peut être utilisé en prévention mais également lorsque les insectes sont déjà présents. »

Les étudiants de l’ISA ont aussi donné les bases de l’agriculture aux enfants du village, « on leur a expliqué les besoins des végétaux et montré comment planter une graine. »

Un séjour enrichissant

Un voyage durant lequel Maëlys a tiré des enseignements.

« Les Togolais pratiquent la permaculture. Si nous avons des connaissances théoriques, ils ont la pratique, nous avons beaucoup de choses à apprendre les uns des autres. » En revanche, la jeune fille a été interloquée par l’utilisation des pesticides : « J’ai l’impression que les agriculteurs en utilisent beaucoup. J’en ai vu certains en mettre sur leurs cultures sans aucune protection. »

Cette année, une nouvelle équipe d’étudiants se rendra à Zogbépigmé. Le projet sera, cette fois, de construire le poulailler. 

Fiche pays

Langue : la langue officielle est le français. Mais l’éwé et le kabiyè
sont également parlés.
Population : 8,28 millions d’habitants
Superficie : 56 790 km2
Superficie cultivable : 3,6 millions d’hectares.

Hélène Graffeuille

Lire aussi : Ferme du monde : Le rêve américain des lycéens de Bourbourg

Vous aussi, partagez votre voyage avec nos lecteurs. Enseignants, étudiants agricoles, contactez-nous : redaction@terresetterritoires.com.

Facebook Twitter LinkedIn Google Email
Noël autrement (4/4). De garde avec les soignants
À l'approche de Noël, nous sommes allés à la rencontre de personnes qui célèbrent cette fête de manière différe [...]
Lire la suite ...

Noël autrement (3/4). Une fête aux accents d’ailleurs
À l'approche de Noël, nous sommes allés à la rencontre de personnes qui célèbrent cette fête de manière différe [...]
Lire la suite ...

Émilie roibet, itinéraire d’une reconversion bien pensée
Architecte paysagiste de formation, Émilie Roibet a quitté ses bureaux lillois pour créer sa ferme florale "À l'ombr [...]
Lire la suite ...

Une Cuma qui a le sens de l’accueil
Localisée à Bois-Bernard, la Cuma " L'accueillante " est confrontée aux départs en retraite de ses membres, souvent [...]
Lire la suite ...

DOSSIER ÉNERGIE. À la centrale de Lens, le bois devient énergies
Unique dans la région, par son genre et sa taille, la centrale de cogénération de Lens produit à la fois de l'élect [...]
Lire la suite ...

Inondations : après la pluie, se reconstruire
Une semaine après les premières crues, le Pas-de-Calais tente d'émerger peu à peu, malgré la menace de nouvelles in [...]
Lire la suite ...

Inondations : 50 millions d’euros pour les collectivités sinistrées
Le chef de l'État en déplacement à Saint-Omer et à Blendecques, le mardi 14 novembre, a annoncé un plan d'aide pou [...]
Lire la suite ...

À la ferme du Major, “on crée de l’énergie”
La ferme d'insertion du Major, à Raismes, emploie 40 hommes et femmes éloignés de l'emploi pour leur permettre, en ac [...]
Lire la suite ...

Jean-Marie Vanlerenberghe : « L’attentat à Arras a souligné les failles du dispositif »
Ancien maire d'Arras et doyen du Sénat, Jean-Marie Vanlerenberghe réclame « une réponse ferme » mais dans le resp [...]
Lire la suite ...

Changer de goût et agir pour le futur
Plus saine, plus durable, plus accessible, l'alimentation de demain doit répondre à d'innombrables défis. À l'occasi [...]
Lire la suite ...

Retour sur la première édition du championnat international de la frite
Le premier championnat international de la frite s'est déroulé à Arras le samedi 7 octobre 2023. Soleil et ambiance [...]
Lire la suite ...

Jean-Paul Dambrine, le patron sensas’
Il est l'icône de la frite nordiste. À 75 ans, Jean-Paul Dambrine, fondateur des friteries Sensas et président du jur [...]
Lire la suite ...

Quatre lycéennes d’Anchin à la conquête de l’Andalousie
Iris, Angèle, Louise et Eulalie, lycéennes à l'Institut d'Anchin, ont passé trois semaines caniculaires près de Sé [...]
Lire la suite ...

Élections sénatoriales : dans le Nord, plusieurs nuances de rose, plusieurs nuances de bleu : l’éparpillement façon puzzle
Avec 11 sièges à pourvoir, c’est le département à renouveler le plus grand nombre de sièges derrière Paris : le [...]
Lire la suite ...

Élections sénatoriales : dans le Pas-de-Calais, la droite (presque) unie, la gauche en ordre dispersé et l’éventualité du Rassemblement National :
Pour les prochaines élections sénatoriales, les gauches ne font pas bloc dans le Pas-de-Calais. La droite, elle, table [...]
Lire la suite ...

Bonne fête à toutes les mares !
Du 1e au 9 juin, dans le cadre de la fête des mares, plusieurs évènements sont organisés dans le Nord et le Pas-de-C [...]
Lire la suite ...

Recyclage : Bons élèves les agriculteurs ?
Films plastiques, ficelles, bidons vides, big-bags, produits hors d'usage, ferrailles, huiles usagées, déchets de soin [...]
Lire la suite ...

La nature colorée du Jardin des Lianes
Du 31 mai au 2 juin, les Rendez-vous aux jardins proposent à tous de visiter les jardins et parcs du Nord et Pas-de-C [...]
Lire la suite ...

Lait prairies du Boulonnais : Les secrets d’un fromage blanc médaillé
Créée en 2014, la coopérative Lait prairies du Boulonnais ne cesse d'étendre sa gamme de desserts laitiers. Du yaour [...]
Lire la suite ...

Adivalor : Objectif 100 % de déchets collectés et recyclés d’ici 2030
Adivalor est l'acteur incontournable en matière de collecte et valorisation des déchets agricoles. L'éco-organisme s' [...]
Lire la suite ...

Numéro 365 : 17 mai 2024

Au cœur des terres

#terresetterritoires