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Fraises : Trouver des débouchés rémunérateurs

25-05-2022

Actualité

Culture

Sébastien De Coninck, 30 ans, vient de reprendre l’exploitation familiale spécialisée en fraises et endives à Beuvry-la-Forêt. Alors que sa première saison des fraises bat son plein, le producteur fait le point sur les débouchés.

Sébastien De Coninck s’est installé à Beuvry-la-Forêt en janvier sur l’exploitation familiale spécialisée en fraises et endives. © L. T.

C’était le tout premier de France. Implanté depuis 14 ans dans la rue principale de Beuvry-la-Forêt (59), dans la campagne orchésienne, le distributeur de la ferme De Coninck permet d’écouler chaque année une partie de la production de l’exploitation. Barquettes de fraises ou sachets d’endives – en alternance la moitié de l’année -, sirop et confiture de fraises et miel de l’exploitation sont accessibles en quelques touches. “La vente au détail représente 20 % de notre commercialisation“, précise Sébastien De Coninck.

Installé depuis janvier 2022 sur la ferme familiale, l’agriculteur prend la relève de ses parents fraîchement retraités. Après une première saison compliquée en endives, les fraises ne s’annoncent pas sous les meilleurs augures. Les yeux rivés sur les prix, Sébastien De Coninck s’inquiète de voir sa production bradée.

Les prix ne suivent pas

Avec la vague de chaleur de ces dernières semaines, la surproduction de fraises a entraîné la chute des prix. “Les volumes ont été multipliés par 2,5 par rapport à la même époque les années passées. C’est dur de tenir les prix“, déplore Sébastien De Coninck. 80 % de sa production part au Marché de Phalempin, dont une partie via Direct maraîcher pour vendre aux commerçants de proximité. “Je fais de la fraise pour la vendre à bon prix. Là, on est en dessous du coût de revient.

Le contexte de ces deux dernières années n’a rien arrangé, au contraire. “Les périodes de Covid ont mis un coup de folie à tous les produits issus du maraîchage. À la fin du confinement, on est revenu à la consommation d’avant“, regrette Sébastien De Coninck. Pour lui, le marché local est aujourd’hui bien couvert et l’axe de développement se trouve désormais dans les grandes et moyennes surfaces (GMS). Reste à y trouver une juste rémunération pour l’agriculteur. “Nous devons être plus blancs que blancs mais les prix ne bougent pas”, s’inquiète-t-il.

Emballage, main-d’œuvre, électricité, carburant : les charges augmentent contrairement aux prix. “Nous devons travailler main dans la main avec la GMS, insiste-t-il. Les prix augmentent en grande surface mais les producteurs n’en voient pas la couleur.”

Les auxiliaires veillent au grain

Installées sur 90 ares, les serres de Sébastien De Coninck comptent plusieurs variétés, remontantes et de saison, pour proposer des fraises qualitatives six mois durant. Gariguette, darselect, murano, charlotte, cijosée et mariguette sont cultivées dans des sacs de tourbe en jardin suspendu.

Chacune de ses onze serres accueille une ruche de bourdons, “qui pollinisent cinq fois plus que les abeilles“. L’agriculteur utilise la protection biologique intégrée (PBI) dans la lutte contre les ravageurs. “On n’utilise plus d’insecticides sur les fraises pour limiter notre IFT (indicateur de fréquence de traitement) et avoir un produit plus naturel“, explique le producteur. Sébastien De Coninck lâche des insectes pour attaquer thrips et pucerons. “Avec le Marché de Phalempin, nous avons été parmi les premiers à développer la PBI”, se félicite-t-il.

Les fraises sont également labellisées Saveurs en’Or et sa production certifiée Global gap. “Concernant le label HVE (Haute valeur environnementale), j’y réfléchis : je me suis formé, je suis ouvert mais j’attends avant de sauter le pas qu’il y ait une véritable valorisation derrière.

Difficile de recruter

Avec 50 tonnes de fraises produites chaque année, l’exploitation compte sur une équipe de six permanents et deux saisonniers quand vient la saison des fraises. “Il est de plus en plus difficile de recruter et de garder la main-d’œuvre agricole, constate Sébastien De Coninck. Ce sont des métiers difficiles que de moins en moins de gens veulent faire“.

L’exploitation familiale – Sébastien De Coninck en est la quatrième génération – produit également 150 tonnes d’endives et cultive 75 hectares en maïs et blé. Par la suite, le nouvel installé pense élargir sa gamme. “Je dois d’abord prendre mes marques, stabiliser l’exploitation, puis je réfléchirai à offrir une gamme supplémentaire en axe de développement”, imagine Sébastien De Coninck.

Louise Tesse

Lire aussi : La saison des fraises est (déjà) lancée

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