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Transition écologique : L’agriculture au cœur du bassin minier

11-08-2022

Actualité

Consommation

Créée en 1998, l’association des Anges gardins est lauréate de l’appel à projets “Nourrir l’avenir”, de la fondation Daniel et Nina Carasso, grâce à leur “régie de services écologiques” pour dépolluer les sols de deux sites pilotes du Pas-de-Calais.

Les Anges gardins veulent tester une gamme élargie de productions et partager leur expérience avec les agriculteurs. © Les Anges Gardins

La sécurité alimentaire. Tel est l’enjeu principal des actions des Anges gardins. Créée en 1998 par Dominique Hays, l’association a connu plusieurs visages, actions, et buts. Mais depuis 2011, ce sont surtout l’insertion, l’éducation permanente, le développement de nouvelles pratiques sociales et d’activités liées à l’alimentation qui l’animent.

Au début du mois de juillet, l’association a été lauréate de la fondation Daniel et Nina Carasso pour leur appel à projet “Nourrir l’avenir” grâce à leur projet de “régie de services écologiques” pour dépolluer deux sites pilotes à Audruicq et Vendin-le-Vieil. L’un dans les Flandres maritimes, l’autre dans le bassin minier, les deux sites ont un but : servir d’exemple pour inviter à penser un nouveau mode de vie pour faire face aux défis écologiques.

De fil en aiguille

Depuis sa création, l’association a dans son ADN deux composantes importantes : mettre à contribution le grand public et penser en circuit court. “Au tout début, on s’est lancé dans un jardin de cocagne à Audruicq. On s’est inspiré des jardins communautaires américains, devenus jardins partagés en France (leur nom est inspiré du terme Garden angel). Le but des jardins de cocagne était l’insertion par l’activité économique, via le maraîchage. On vendait ensuite des paniers à des abonnés solidaires“, raconte Dominique Hays.

De fil en aiguille, Dominique Hays se rend compte que son association peut jouer un rôle dans la structuration de filières et crée son premier écopôle, avec le soutien de la communauté de communes d’Audruicq. Les écopôles ont quatre fonctions : renforcer l’efficacité des systèmes alimentaire territorialisés, durables, en agriculture biologique ; rendre l’alimentation durable accessible, économiquement, culturellement, au plus grand nombre ; accompagner la création d’emplois et la professionnalisation autour des métiers de l’agriculture et de l’alimentation durable et solidaire ; la recherche et développement.

Un second écopôle est créé en 2018 au cœur du bassin minier avec l’ambition, cette fois, de créer un “archipel nourricier”. L’idée était de produire des cultures qu’on ne sait pas faire dans la région, notamment dans les fruits.” Aujourd’hui cet archipel est constitué d’une dizaine de sites pour un total de 11 ha en majorité en zone urbaine.

Penser le local plus profondément

Dominique Hays souhaite “donner envie à des agriculteurs et au grand public de penser un nouveau mode de vie pour faire face aux adversités qui nous font face.” Parmi ces adversaires : la sécurité alimentaire. Et les Anges gardins ont une solution : “Élargir au plus possible la gamme de ce qu’on peut produire.” En gros, “relocaliser. C’est une ambition prônée par beaucoup mais qui est peu pensée d’un point de vue technico-économique.

C’est le rôle que prendra la “régie de services écologiques” qui aura pour vocation la collecte de matière organique pour augmenter la capacité agronomique des terres, le développement d’un génie low-tech pour optimiser la ressource en eau, trouver un mode d’entretien doux des espaces et mettre en place un circuit économique circulaire. “Concrètement, à terme, l’idée de cette régie sera de vivre de prestations auprès d’agriculteurs qui auront besoin d’un accompagnement pour transitionner.”

Ces deux sites pilotes, à Audruicq et Vendin-le-Vieil, seront des “vitrines” pour l’association qui souhaite mettre en avant des techniques et à terme organiser des journées apprenantes à destination des professionnels. “Sur le site d’Audruicq, la problématique est celle de l’imperméabilité du sol et à Vendin-le-Vieil de la pollution du sol. Sur le premier, on développera une cinquantaine de variétés potagères et fruitières. À Vendin-le-Vieil, on fera de la culture au pied, et de l’agroforesterie fruitière.” Pour réaliser tout cela, les citoyens seront mis à contribution via des chantiers citoyens.

L’association espère pouvoir organiser sa première journée apprenante au printemps 2023.

Eglantine Puel

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