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Vendre ses produits à la restauration collective : des agriculteurs témoignent

05-11-2020

Actualité

Terre à terre

Le Comité régional pour l’alimentation des Hauts-de-France s’est réuni le mardi 3 novembre 2020, de façon 100 % digitale. L’occasion de faire le point sur la politique alimentaire menée en région. Parmi les intervenants, des agriculteurs ont apporté leurs témoignages.

restaurant scolaire © JC. Gutner
Objectif de la loi Egalim : 50 % de produits de qualité et durables, dont au moins 20 % de produits biologiques dans la restauration collective d’ici 2022. © JC. Gutner

Au plus tard le 1er janvier 2022, les repas servis en restauration collective devront compter 50 % de produits de qualité et durables, dont au moins 20 % de produits biologiques. C’est en tout cas l’objectif fixé par la loi Egalim du 30 octobre 2018.

Pour Isabelle Deleglise Leduc et Olivier Parcy, respectivement agriculteurs dans le Pas-de-Calais et dans la Somme, c’est déjà du concret. Tous deux, à leur manière, écoulent une partie de leur production auprès de la restauration collective scolaire. Ils ont livré leurs témoignages à l’occasion du Comité régional de l’alimentation (le Cralim), qui s’est réuni mardi 3 novembre en ligne, pour faire le point sur la politique alimentaire menée dans les Hauts-de-France.

Lire aussi : La restauration scolaire des Hauts-de-France soutient les filières agricoles

« Le seul problème a été la mise en place de la livraison »

Isabelle Deleglise Leduc agricultrice témoignage Cralim - capture d'écran
Capture d’écran montrant Isabelle Deleglise Leduc lors de son intervention pendant le Cralim 2020.

Isabelle Deleglise Leduc est agricultrice à Brunembert, dans le Pas-de-Calais, à l’EARL Leduc. L’exploitation familiale, en bio depuis 1998 pour la partie vergers, et depuis 2012 pour son élevage laitier, fait essentiellement de la vente directe. « Une partie de notre production est vendue à la restauration collective qui représente 9 à 10 % de notre chiffre d’affaires, précise Isabelle Deleglise au cours de la visioconférence. Nous les fournissons essentiellement en fromage blanc, mais aussi en fromages affinés. »

La mise en place du partenariat a été relativement facile selon elle : « Les commandes se font simplement, par téléphone ou par mail. On n’a pas eu d’obstacles particulier. On a tout de suite été sollicité car il y a très peu d’acteurs bio sur ce territoire. Le seul problème a été la mise en place des livraisons, ajoute-t-elle. Et le fait qu’on ne puisse pas répondre à toutes les demandes. »

Mutualiser les coûts pour répondre aux besoins

Olivier Parcy - capture d'écran site Bienvenue à la ferme
Capture d’écran du site Bienvenue à la ferme où Olivier Parcy présente son exploitation.

Pour déjouer les éventuels obstacles à la contractualisation avec la restauration collective, justement, des solutions existent…

Olivier Parcy est éleveur de charolaises à Fontaine-Sur-Somme (80), près d’Abbeville. Il est aussi le vice-président de SAS Somme produits locaux. Cette structure « a été créée par et pour des agriculteurs, présente-t-il lors de la visioconférence du Cralim, en partenariat avec la chambre d’agriculture de la Somme et le conseil départemental. »

55 agriculteurs sont aujourd’hui associés au sein de cette structure. Ils sont essentiellement de la Somme, mais aussi de l’Aisne, de l’Oise et du Pas-de-Calais. « L’objectif est de mutualiser les coûts pour répondre aux besoins des différents consommateurs, particuliers et professionnels », souligne Olivier Parcy.

Le groupe peut ainsi proposer toute une gamme de produits allant des fruits et légumes, à la viande, aux produits laitiers et jusqu’à l’épicerie. « On livre à des collèges, des lycées, on répond à des marchés publics, précise l’éleveur. Grâce à cette société (SAS Somme), on peut s’assurer ces débouchés ». De plus, assure-t-il, « les chefs cuisto sont très satisfaits, ils ont de la viande de qualité, facile à cuisiner, et les assiettes se vident! » Toutes les commandes s’effectuent via le site approlocal.fr. « C’est un outil qui nous est d’une grande utilité », reconnaît l’agriculteur.

« Je profite du collectif en gardant mon indépendance »

Ce qui lui plaît particulièrement dans ce système ? « On garde la main sur nos prix et on choisit nos débouchés, c’est une véritable force ! On fait des choses qu’on ne pourrait pas faire seuls. C’est une chance. Je profite du collectif tout en gardant mon indépendance. »

Et le groupe ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : « On travaille actuellement à la mutualisation du transport avec une startup. » Autre prochain objectif : la labellisation des exploitations du groupe en HVE.

Encore une belle histoire de collectif. Peut-être un modèle à suivre ?

Laura Béheulière

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